Compteurs Linky : la guerre éclair rêvée d’Enedis

Compteurs Linky : la guerre éclair rêvée d’Enedis

 

Nous avons déjà évoqué la campagne de refus des « compteurs intelligents » Linky * qu’Enedis ( ex ERDF ), avec le soutien assuré de l’État, entendait imposer à quelques 35 millions de foyer en cinq ans seulement. À l’époque, il s’agissait de présenter l’opération comme une banale évolution informatisée de la gestion de notre consommation d’électricité. Las ! Quelques usagers – on dit maintenant clients – ont dévoilé les caractères nocif, dangereux et liberticide inavoués du Linky, sont entrés en résistance et ont essaimé.

Sur fond d’opacité volontaire,de mensonge organisé, de désinformation érigée en système, c’est au pas de charge qu’Enedis installe désormais ses compteurs new-look. Il est en effet crucial pour l’entreprise du smart grid de prendre de vitesse les récalcitrants et pour cela tous les moyens, légaux ou pas, sont bons.

L’enrôlement

«39 000 salariés, le groupe, qui revendique «une culture d’ingénieurs», compte «40% cadres, 10% intermédiaire et 50% de techniciens» »  peut-on apprendre de  Chantal Gernemont, directrice du numérique chez Enedis. Les hommes du rang sont donc issus d’une autre « culture ». Ils seront recrutés chez ou par : Agiscom, ERS, LS services, Sera Airria, Atlan’tech, GMV, OTI, Setelen, Chavinier, Parera, Phinelec, SFATD, DSTPE, Link Elec Solutions, Satelec et le groupe européen coté en bourse Solutions 30, les seize boîtes de élues en 2015 par ERDF, une trentaine aujourd’hui. L’embrigadement sera confié aux professionnels que sont Pôle emploi, les têtes de file de l’intérim Manpower, Adecco et Randstad mais aussi Indeed ou Qapa sur le net. Et tous les autres, même la rubrique des offres d’emploi du magazine L’Étudiant est mise à contribution ; vivier de précaires oblige… Bref, le ban et l’arrière ban des marchands de gagne-pain.
« Devenir poseur Linky, c’est simple et très rapide avec l’Afpa » ! C’est le credo de l’organisme de formation classique et acteur du service public de l’emploi (SPE) dont la situation sur un marché particulièrement concurrentiel est on ne peut plus fragile. L’Afpa propose une formation, en amont  de celle dévolue au recruteur, en trois modules courts ( entre 3 et 9 jours ) pour augmenter ses chances au d’accéder au job. Dans la pratique, n’importe qui peut postuler, l’Apave transformera le chômeur en poseur en 21 jours. « Entre septembre et décembre 2015, cette société [avait] ainsi déjà formé cent cinquante agents venus de tous les horizons professionnels. » Après cet entraînement accéléré, l’incorporation sera facilité par la vieille recette des contrats aidés.(1)

Une fois embauché le soldat du Linky sera confronté à un autre boulot que la simple pose d’un compteur. Il devra aller au contact du client. Si ce dernier est docile, pas informé ou embobiné, tout se passera bien, dans le cas contraire…(2)

 

Le terrain

Dans le cas contraire, l’état major a prévu une feuille de route pour réagir à l’épreuve du feu. Une fiche intitulée « Que faire face au refus sur le terrain ? Situation poseurs » est remise aux recrues pour palier aux difficultés de la mission.
Pas suffisant semble-t-il ! Témoignage d’un poseur, qui a tenu cinq mois sur cet emploi, atteste du sale boulot à accomplir :« j’avais l’impression d’être une sorte de SS ou de Gestapo chargé d’imposer un poison chez les gens [ …] Nous avons pour consigne de tout faire pour convaincre les récalcitrants, témoigne Marco ( le prénom est changé ). Aux mensonges et menaces par courriers, coups de fil et SMS à répétition de la part d’Enedis, s’ajoutent les visites des techniciens qui vont défiler toute la journée pour les faire craquer. ».(3)
Ainsi la réalité d’un coup de force est-elle partagée par les abonnés avertis et des travailleurs de terrain qui ne laissent pas leur conscience au vestiaire.

Tous les employés des sous-traitants d’Enedis n’ont pour autant pas de ces états d’âme. Soumis à leur besoin d’argent – un peu comme des contrebandiers de base qui chassent le gorille ou le rhinocéros –, ils font le job , touchent le salaire, d-ailleurs variable d’une boîte à l’autre, avec voiture de service, avantages éventuels ( panier repas, caisse à outils fournie… ) et… une prime variable sur objectifs. Voilà qui nourrit les vocations de mercenaires.
Et le résultat ne se fait pas attendre pour poser le Linky par la force ; les coups-de-main se multiplient : violations de domicile, effractions, mesures de rétorsion (coupure du courant), menaces d’amendes ou de facturation et même maltraitance et agressions physiques !(4)

Harcèlement, intimidation, menaces… les méthodes maffieuses déployées contre les particuliers se conjuguent aux pressions exercées sur les communes, les plus petites notamment. Exemples d’intimidation :

  • Avec l’appui de l’État, Enedis a mis en œuvre sa campagne en établissant des têtes de pont sur de très petites communes. Le plus souvent, en début de conquête surtout, ni les habitants ni les maires n’étaient informés – en tout cas pas par les institutions ni l’industrie de l’énergie – du caractère inquiétant du Linky. Mais dès les premiers échos, toute tentative de rébellion a été matée. Ainsi un village de 160 habitants en Dordogne, a voté le 6 avril 2016 une délibération en conseil municipal refusant l’installation de ces compteurs sur la commune. Or, c’est une décision que seul le maire est habilité à prendre. La Préfecture, donc l »État, en allié objectif d’Enedis, s’engouffre aussitôt dans la brèche demande une suspension de la délibération qu’elle obtient du tribunal administratif de Bordeaux et qui, en sus condamne la commune « non pas [à] une amende à l’État mais des frais ( 1200 euros ndlr ) pour un cabinet privé venu à la rescousse de la préfecture ( qui n’était pas représentée à l’audience ) ».(5)
  • Une commune de 274 habitants dans les Alpes-Maritimes, a, elle, reçu un appel du préfet local pour lui ordonner de retirer sa délibération refusant le compteur, le lendemain même du vote.(5)
  • En Bretagne, Enedis implante durant leur absence un Linky chez les particuliers. Chez l’un d’eux, le maire décide d’intervenir pour faire stopper les travaux. Résultat : « Avec l’accord d’Enedis, le prestataire, Atlantech, a fait venir la gendarmerie sur place ! ». Le maire avait demandé à ce qu’aucun compteur ne soit posé, le temps d’obtenir les résultats de l’étude de l’Anses sur le sujet. Réplique : une mise en recours gracieux contre son mandat d’élu. Le maire saisit l’Association des maires de France (AMF). D’autant que, selon lui, le Syndicat départemental d’énergie du Finistère (Sdef) « a reçu un mail de la part d’Enedis, mettant en cause la mauvaise volonté des communes à
    informer leurs administrés.(5)

Une vaste campagne de nombres de présidents de Syndicat départementaux d’énergie a été lancée pour renoncer « spontanément » à s’opposer à l’installation des compteurs Linky. Les éléments de langage de ces courriers pratiquement identiques sont ceux d’Enedis. Parallèlement, des préfets montrent un zèle particulier dans leurs démarches d’intimidation des élus locaux qu’ils traitent comme leurs subordonnés.

 

Résister commune par commune, quartier par quartier, logement par logement

La stratégie de progression d’Enedis consiste en l’établissement de têtes de pont dans les petites communes qui jouxtent des agglomérations plus denses. Lesquelles doivent être conquises au plus vite. Dans le Boulonnais par exemple, ce sont de petits villages aux alentours de Desvres ( 5000 habitants environ) qui ont été ciblées aux vues de naturaliser « l’avancée technologique » de la ruralité locale. En loucedé la plupart du temps, le courrier préparatoire ne laissant supposer l’ampleur des dégâts.
Tactiquement, il s’agit d’imposer selon les schémas vus plus haut les compteurs par tous les moyens et de profiter de l’ahurissement des victimes. Ainsi, on a pu constater qu’à Arras, une partie de la population s’est réveillée « linkysée » sans même s’en apercevoir jusqu’à, déjà, l’apparition des premiers problèmes. Une fois la ville ouverte à Enedis, officiellement, plus rien à faire que de subir. Et de se résoudre aux coûteux – à plus d’un titre – aménagements ultérieurs pour édulcorer ou masquer les nuisances. Et de gager sur la captivité des abonnés aux ventes de fichier, au contrôle social et autres nécessités qu’exige la smart city que le capitalisme high-tech et la politicaillerie inféodée ne cesseront de plaider.

Désormais, malgré les dénégations officielles, les risques sont connus et la renommée de la politique d’exaction d’Enedis soutenue par l’État précède désormais, autant que faire se peut, l’arrivée des courriers et des poseurs. Des quantités de particuliers annoncent par pli recommandé que ce sera sans eux. Des collectifs de lutte se forment à mesure de l’agression annoncée.
C’est à vrai dire la seule solution valable : s’informer, diffuser la réalité du danger, s’unir, lutter. S’il n’existe pas de collectif proche, il faut en créer un ! Ne pas hésiter à se déplacer physiquement et en nombre à la mairie, la représentation de la communauté de commues ou d’agglomération ou chez le particulier harcelé.

Il est capital d’avoir en tête que ce combat n’est pas plus une chasse aux moulins à vent qu’une revendication quelconque de consommateur grincheux ou anti-tech primaire. L’enjeu est éminemment social et sociétal bref : politique ! Il ne s’agit rien moins que de lutter contre une vision du monde reposant sur l’autoritarisme, le contrôle social, la dévalorisation de l’individu, la répression de l’opposant, le déni de l’intégrité des personnes et de leurs lieux de vie, le triomphe de la mercantilisation et des intérêts industriels.

En Allemagne, les compteurs communicants ne sont imposés qu’aux foyers ‒ c’est certes encore trop ‒ consommant plus de 6 000 kilowattheures après un audit mandaté par le gouvernement fin 2013, qui stipule que l’adoption massive de nouveaux compteurs n’est pas dans l’intérêt du consommateur allemand. Et ce à contre-courant des directives de l’Union européenne.(7)

C’est possible de gagner et on n’a pas, on n’a plus le droit de perdre.

Boulogne-sur-mer, le 06/06/2017

Sources :
(1) http://union.libreserviceweb.fr/magazine/article/poseur-linky-une-formation-dediee.html
(2) Médiapart
(3) ibid (2)
(4) http://refus.linky.gazpar.free.fr
(5) http://www.letelegramme.fr/finistere/cast/compteurs-linky-la-tension-monte-encore-d-un-cran-08-07-2016-11140277.php#fV4fH5ewIcDW24ty.
(6) www.bastamag.net
(7) http://resistance-verte.over-blog.com/2016/03/l-allemagne-renonce-a-la-generalisation-du-compteur-intelligent.html


* Contre le compteur Linky à Boulogne sur mer

Venir s’informer et débattre à propos des compteurs électriques Linky le samedi 10 décembre à Boulogne-sur-mer.

Création à Boulogne-sur-mer d’un collectif contre l’installation des compteurs électriques Linky. S’ informer, s’organiser, lutter.

 


Encadré :

Linky : qu’en disent les syndicats ?

Travailleurs et consommateurs captifs, les travailleurs, du secteur énergétique notamment, ont forcément un avis quant à l’imposition du compteur communiquant Linky. Rapide coup d’œil sur les positions de quelques organisations syndicales.

Sans surprise la CGE CGC n’y voit que bonheur et progrès et dénonce « les tentatives de discrédit » des malveillants opposants. Comme ça, c’est fait.
Pour la FCE CFDT « l’électricité est LE fluide énergétique de la nouvelle économie. Elle sera, comme le gaz, distribuée à travers un compteur communiquant, Linky, qui va à la fois simplifier la facturation, améliorer l’efficacité du dépannage réseau et ouvrir les usages. »  Bien.
Pour sa part, la CFTC CMTE reste basiquement factuelle. Dans son bulletin « La Comète » n° 55, elle tique sur l’hétérogénéité des tarifs qui, selon la centrale, « aideront, peut-être, les consommateurs à mieux gérer leurs consommations de «pointe» mais ils pourraient aussi se traduire par des difficultés nouvelles, à commencer par celle de comparer les offres. » . Voilà.
De son côté, FO aime bien la chasse au gaspi grâce à l’observation de la consommation et redoute la diminution des emplois à la clef mais craint que l’opération Linky coûte cher, le coût étant in fine supporté par le consommateur. Bref, corporatisme basique du service public.

La CGT reste, comme dans toutes les luttes, le syndicat des bases. Si les camarades du secteur Énergies 77 dénonce le fond problématique pour l’usager du compteur déshumanisé, son combat porte essentiellement sur la casse de l’emploi. Plus fondamentalement, dans son rôle, la CGT Consmaction ( Indecosa ) s’implique radicalement dans la nécessité d’une lutte commune consommateur/ travailleur. Textes et engagement à l’appui.

Solidaires/SUD, les CNT et CNT/AIT, enfin, attaquent avec virulence le totalitarisme Linky. Présents sur le terrain au sein ou relais des collectifs, ils accompagnent ou sont à l’initiative de diffusion d’info, d’interventions concrètes.

À l’évidence l’appréciation de l’osmose travailleur/consommateur n’est pas à l’unisson. Mais un réel espoir existe d’une lutte conjuguée de ceux et celles qui subissent contre les diktat de la bourgeoisie qui impose ses intérêts industriels et politiques.

Que ce qui est prôné advienne…

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Publication du n° 269 de la revue Courant Alternatif

Publication du n° 269 de la revue Courant Alternatif

 

Ce numéro de la revue Courant alternatif a été préparé à Boulogne-sur-mer dans le cadre d’une commission journal qui s’est tenue le week-end des 25 et 26 mars 2017. Comme toute commission journal, celle-ci s’est ouverte par un débat dont le thème portait sur “Les nouvelles formes de travail et de luttes”.

 

Pour se procurer ce numéro, s’abonner à Courant Alternatif ou découvrir la revue vous pouvez écrire à : OCL c/o Egregore BP 81213 – 51058 Reims cedex. Un numéro gratuit sur demande.

 

 

Une élection ne fait pas le printemps …

 

Edito page 3

Résistances :

  • page 4 à 5 : Retour sur la marche du 19 mars pour la justice et la dignité
  • page 6 Mobilisations lycéennes pour Théo / Solidarité migrants
  • page 7 à 8 Où en est-on du délit de solidarité et des procès ?
  • page 8 à 9 Calais, le retour des exilés

Rubrique : Big Brother

  • page 10 à 11 : Fichage scolaire
  • page 12 à 13 : Nouveau livret scolaire : mon métier, gestionnaire de données

Social

  • page 14 : AVS, précarité dans l’Education Nationale
  • page 15 à 17 : Vers le stade UBER du Capitalisme ?
  • 
page 18 à 19 : Convergence solidaire : 60 jours de lutte FNAC Champs Elysées
  • page 20 à 21 : PME et intérim : un cas d’exploitation classique

Spectacle judiciaire

  • page 22 à 23 : AZF, une usine qui pue et qui pète : retour sur un procès

Grands projets inutiles

  • page 24 à 26 : Projet d’infrastructure de transport Grand Paris Express

Anticarcéral

  • page 27 : Solidarité avec Georges Hibrahim Abdallah

Notre mémoire :

La révolution russe a 100 ans (3) ;

  • page 28 à 32 : Parler des soviets aujourd’hui ; à propos du livre de Oskar Anweiler

 

EDITORIAL

CA NOUS TAPE SUR L’ANTI-SYSTÈME !!!

Que l’on soit châtelain de Saint-Cloud ou de Solesme, avocat d’affaire ou banquier, à la tête de boîtes de « conseil », basiquement énarque ou simplement politicien de carrière depuis trente ans, il est de bon ton ces temps-ci dans notre démocratie statocentriste de pourfendre le système, de retourner la table, bref de marcher vers la révolution. Dans la même veine et avec le même aplomb, après avoir pris des libertés avec l’argent public ou imposé à l’assemblée des lois combattues dans la rue, il sied de s’engager dans les programmes à éclaircir les prodigalités allouées aux élus comme de faire un usage raisonné de lois et pratiques liberticides. « Anti-politisme » démago primaire. Certes, sauf que…Sauf qu’ à y regarder de plus près, la campagne délétère pour la présidentielle révèle l’état de vacuité politique généralisée du moment.

En effet tous les voyants sont au rouge pour les politicards et leurs lambeaux de partis ; les fausses naïvetés, les sophismes réitérés autant que les opportunismes navrants ne leur laissant aucune chance d’adhésion populaire. Même cause, même remède ; même motif, même punition : avec un bel ensemble, ils nous rejouent le psychodrame, devenu une constante de la présidentielle depuis 2002, de la hantise migratoire et de l’insécurité avec pour corollaire la montée du FN. Tant les affichés démocrates que les républicains – pléonasme ou oxymore ? – exhibent naturellement l’extrême droite comme un épouvantail. Comme si ses dogmes et ses pratiques n’étaient pas déjà la base obligée de l’exercice du pouvoir ou du discours pour y accéder :la lutte électorale sans merci qu’ils se livrent, au sein même de leurs clans, repose sur la loi du plus fort, la duplicité, le déni, la bassesse des mots et le mépris du sens. Tous les excès crasses et les Trump-l’œil tiennent lieu de règles du jeu dont les dupes seront les non-abstentionnites ; on ne peut guère plus parler d’électeur-trice-s tant le chantage les contraint à un choix par défaut.

Quel est le programme ? Force est de se garder d’employer un pluriel hâtif tant le maillage des propositions s’avère être un pot-pourri d’aménagement des besoins du capital dans une France forte et compétitive, percluse d’injonctions paradoxales pour le prolétariat soumis à un état d’urgence policier, social, économique et culturel. Car s’il est un système qui repose sur la concurrence internationale, interboîte, interpersonnelle, c’est l’économie de marché et son corollaire : la recherche du profit immédiat. Ce n’est à l’évidence pas contre ce système-là que se dressent les mentors de la République en danger. Non, il s’agit d’autre chose. Un mal plus sournois, qui s’insinue jusque dans les consciences les plus gaulliennes, les plus résistantes, les plus insoumises, qui compose un rôle en or pour les comiques troupiers : le déclin de la France ! Des immigrés aux faux chômeurs, des smicards jusqu’au-boutistes aux fraudeurs aux allocs, tout ce qui se ligue pour jeter la démocratie en pâture à l’extrême droite. Et de l’abnégation de s’offrir en personnage providentiel, le rempart à la bébête immonde qui monte, qui monte…

Car il est acquis, n’est-ce-pas, que Marine sera au second tour et que chacun est le seul à pouvoir « rassembler » contre le monstre qu’il a contribué à construire et qui désormais lui échappe. Car ce serait faire injure à l’intelligence du commun que d’ignorer que c’est bien autour de la fachosphère que s’opèrent toutes ces révolutions. On est effectivement dans l’aspiration à (ou par ?) un autre système gravitationnel de la classe politique : un sorte de trou brun qui bouffe tout objet social qui s’en approche et le recrache sous forme désintégrée. Pourtant ils tournent…

Alors, de quel système faudrait-il s’échapper ? D’une politique entrepreneuriale professionnalisée, faite de constructions structurelles et aux montages financiers qui permettent la survie des partis pour eux-mêmes. On s’habitue à ne voir que ce qui est mis en lumière : le noyau. Or c’est une nébuleuse d’associations, de clubs de réflexion, de micro-partis, d’interactions avec le monde du bizness… qui gravitent autour des maisons mères. Faire la retape, caser son monde aux postes-clefs, glaner du fric, trouver les opportunités plus au moins légales pour le faire… Une fois aux manettes les plus hardis s’entichent de guest stars de la « société civile » : représentant-e-s d’assos pare-feu ou experts, dont la sociologie ne dépareille pas trop et s’améliore encore au contact des sous-secrétariats.

Les anti-systèmes en lice n’offrent guère d’alternative optimiste. Soit la lutte des classes est écrasée par les dominants, soit elle est déclarée caduque au nom d’un consensus d’union nationale, où chacun-chacune devra faire un effort, etc., soit on fait mine de prendre les rapports d’exploitation et de d’aliénation en compte mais sans espoir de la suppression des dites classes.

Que choisiront les victimes aux urnes : un régime durable ? Une France millénaire ? Une sixième République ?
Pourquoi pas l’An 01 ?

Boulogne sur Mer, le 17 Mars 2017

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Retour sur le concert de soutien aux jeunes en lutte

Retour sur le concert de soutien aux jeunes en lutte

 

Ce 14 janvier, après qu’une quarantaine de manifestant-e-s ont animé le boulevard de la Liberté, ce sont plus de 200 personnes qui se sont rendues au concert de soutien des Jeunes en lutte. Au-delà de l’engagement solidaire qu’ont démontré les trois groupes Seulement pour les Fous, Père et Fils et Les Margats gîtés, l’esprit de la salle s’est avéré, et c’est remarquable, en phase avec la vocation militante de la soirée.

Le refus de la loi « Travail » et de la répression en règle a en été la toile de fond de bout en bout. L’expression locale de la répression s’est traduite par la condamnation à deux mois avec sursis pour l’un d’eux, et à une amende, à laquelle s’ajoute l’indemnisation de la Société Générale mais aussi des policiers qui ont sévi ! Les organisateurs n’ont pas manqué de rappeler, par des prises de parole et une production vidéo lors des entractes, la violence policière et judiciaire qui s’est abattue massivement et partout en France métropolitaine et d’outre-mer. Et de rappeler que la solidarité avec les camarades inculpé-e-s ailleurs est indispensable.

La casse sociale reste la quote-part dont la bourgeoisie d’État doit s’acquitter pour répondre aux exigences du capital. Leur intérêt de classe est de briser toute forme de résistance. Qu’importe : la lutte continue.

Première intervention, Raphaël :

 

Bonsoir à toutes et à tous et merci d’être venus.

Au printemps dernier, le gouvernement Valls, qu’il conviendrait mieux d’appeler le gouvernement Valls-Hollande-Gattaz, s’est décidé à faire passer la plus grande régression sociale de toute l’Histoire de la cinquième république.

En dépit de l’hostilité d’une immense majorité de la population à son projet et du discrédit énorme dont il était déjà frappé ; le gouvernement entendait satisfaire les exigences du patronat en faisant passer une loi provoquant la colère et la révolte. Pour la population, la réforme dite Loi-Travail est synonyme de d’avantage d’exploitation, de baisse des salaires, d’un recul considérable dans les protections et les garanties au travail, d’une facilitation des licenciements et même à terme, d’un accroissement du chômage.

Face à ce qui n’est qu’une déclaration de guerre pure et simple contre les conditions de vie de la population, la résistance s’est organisée partout en France et le combat a duré pendant plus de quatre mois. Des gens ordinaires, des gens comme vous et moi, ont pour la première fois depuis bien longtemps fait irruption sur la scène politique et médiatique de ce pays.

La combativité était grande chez les opposants, car une partie de la jeunesse et des travailleurs était bien décidée à faire échec à cette réforme et à ces dirigeants qui entendent décider à notre place de ce à quoi notre vie doit ressembler.

L’évasion fiscale et la dissimulation des profits des grandes sociétés est pourtant un scandale absolu : alors qu’on demande des sacrifices à une population qui peine au quotidien, les plus fortunés violent les lois en toute impunité tout en volant la société dans son ensemble ! Nous ressentons tous notre avenir s’obscurcir dans une société profondément injuste. Ce sont toujours les mêmes qui ne cessent de s’enrichir et cacher leur argent dans les paradis fiscaux pendant que d’autres, travaillent, galérent et comptent pour boucler le mois.

Dans le cadre de ce mouvement social, le collectif jeunes en Lutte du Boulonnais, a mené des actions pour protester contre le système corrompu.

-Rappelez vous l’entrée spectaculaire et l’occupations des Jeunes, soutenu par Solidaires et la FSU, dans la Mairie. Une action retentissante et pourtant reprochée par certains.

-Rappelez vous l’entrée des Jeunes à Pole Emplois afin de connaître les repercussions de la loi travail sur l’emplois et leur devenir.

-Rappelez vous toutes ces actions, ces blocages et ces manifestations qui ont fait la fierté de la lutte Boulonnaise.

Notamment, au mois d’avril, dans le cadre de la lutte et de la dénonciation du scandale de l’évasion fiscale au Panama ; le collectif Jeunes en Lutte a jeté des œufs et de la farine sur la façade de la société pas si géniale. Cette action avait pour but de dénoncer les quelques miettes du gâteau que les actionnaires, les banquiers et le gouvernement laisse à la population. L’unique réponse des pouvoirs publics envers cette action légitime fut l’intimidation et la répression : la police à immédiatement arrêtés arbitrairement et violemment 5 mineurs. Ces 5 jeunes militants ont quasiment tous fait 24h de garde à vue pour une action qui était collective et pertinente venant de jeunes s’inquiétant pour leur avenir.

Au mois de Mai, lors d’une manifestation sur place de France, deux étudiants boulonnais sont arrêtés. 48H de Garde à vue et comparution immédiate. Finalement le procès fut reporté.

Un des ces jeunes étudiants fut condamné à :

Dégradation de la Société pas si géniale et à leur régler 468e de frais de réparation. PLUS 450e à deux policiers chacun pour préjudice moral. La déformation de la réalité est quasiment systématique dans les affaires opposants manifestants et policiers, et à chaque arrestation, de plus en plus, les policiers portent plainte pour outrage ou pour rébellion, s’offrant ainsi souvent une somme d’argent à l’issue du passage devant le tribunal.

Que ce soit à Boulogne ou dans toute la France les puissants s’attaquent aux manifestants, aux bénévoles qui aident les migrants et au peuple. C’est inacceptable.

Voilà pourquoi nous vous appelons ce soir chacun d’entre vous à alimenter la caisse de soutien.

La solidarité est notre seule arme face à ce système vicieux, répressif et déshumanisé.

A propos de solidarité, nous tenons à remercier chaleureusement les artistes qui n’ont pas hésité une seule seconde à venir jouer bénévolement, en soutien contre la répression.

Encore un grand merci à eux et un grand merci à vous tous pour votre présence ce soir. Et maintenant place au spectacle, Nous avons tous hâte de les entendre. Pére et fils, les Margat gités et seulement pour les fous.

 

 

 

Seconde intervention, Romain :

 

Bonsoir à toute et tous.

Pour ceux qui ne me connaissent pas je m’appelle Romain, je suis l’un des jeunes qui furent poursuivis lors du mouvement du printemps dernier. A la suite de Raphaël, je tiens évidemment à remercier chacun d’entre vous pour votre présence ce soir.

Qu’il est bon de se retrouver avec vous ce soir, entouré de visages familiers, et d’autres, qui ne le sont pas encore. Des moments comme ce soir, ce sont des moments importants dans la période troublée que nous vivons actuellement. Raphaël a parlé de chemin qui s’obscurcissait, en effet notre avenir personnel et collectif s’assombrit à mesure que nous nous enfonçons dans la crise, dans les reculs sociaux et la montée des idées réactionnaires. Tout autour de nous, on voit une société pleine de monstruosités et d’inhumanité. C’est des gens à la rues, c’est des gens exploités et licenciés comme si c’était de simples marchandises. C’est des réfugiés de guerre traités pire que des criminels comme s’il n’était même pas des êtres humains. C’est une planète sacrifiée sur l’autel du profit, comme si cela allait pouvoir continuer éternellement.

Le comble de tout ça, c’est que sont toutes celles et tous ceux qui résistent, qui luttent pour s’opposer à toutes ces politiques dégueulasse, que ce soit en participant à des mouvements de contestations, en défendant leurs emplois, en dénonçant de l’intérieur les agissements des banques ou en aidants des réfugiés, ce sont eux qui sont criminalisés et se retrouvent sur le ban de accusées.

En termes de répression, le mouvement contre la loi-Travail fait vraiment figure de point d’orgue ces dernières années. Au cours de ce mouvement se sont les jeunes, des lycéens et des étudiants qui se sont retrouvés en première lignes pour s’opposer aux attaques intolérables d’un gouvernement prétendument de gauche, mais dans les faits, ennemi des jeunes, des travailleurs et des retraités.

Outre l’intransigeance, c’est une répression féroce qui a marqué l’attitude du gouvernement. La brutalité fut partout la règle, dans les discours mais surtout dans les actes: les répressions policière et judiciaire furent implacables et sans pitié, et cela dès les premières manifestations avec le cas des jeunes du lycée Bergson le 24 Mars à Paris.

Le terme de répression policière sanglante n’est pas exagéré quand on pense aux nombreux blessés et aux mutilés de la loi-Travail qui n’ont eu pour seul tords que d’user de leurs libertés d’expression et de manifestation. Ce fut un festival de violence savamment mis en scène par les médias pour accréditer la thèse des « méchants casseurs » agressant des flics. Il faut remarquer que la répression s’est abattue chaque fois que les manifestants sortaient du cadre préalablement négocié entre directions syndicales et la préfecture, qui joué là une vraie parodie de conflit.

La répression fut judiciaire également : le gouvernement a fait payer cher aux militants leur engagement. Partout en France, des condamnations ont plu : des centaines de procès, des milliers d’euros d’amendes, de la prison ferme… pour des actions qui, auparavant, étaient beaucoup moins sanctionnées… Le message est clair : la populace doit rester à sa place et continuer à se faire plumer.

Les responsables de cette situation, ceux qui mènent ces politiques ignobles au service du patronat et qui ordonnent toute ces répressions, ce sont eux qui devraient être jugés pour leur méfaits : les Hollandes, Les Valls, Les Gattaz et les El Khomry, tous ces serviteurs zélés de la bourgeoisie qui quand ils ne s’emploient pas à nous ramener au XIXe siècle socialement nous ramène dans les années 30 par leurs idées réactionnaires à vomir.

Ces politicards et leur agents, la police et la justice, cherchent à réprimer de présumés meneurs en espérant calmer les autres. Mais c’est en vain qu’il le font, car c’est collectivement que nous luttons, et la répression aura surtout pour effet de révolter et de renforcer la détermination de ceux qui luttent.

C’est collectivement que nous luttons, c’est collectivement qu’on pourra s’en sortir. Nous tenons à remercier très vivement nos avocats, maître Calonne et maître Leroy d’avoir défendu les 2 étudiants Boulonnais. Nous remercions très chaleureusement le collectif de soutien contre la répression policière et judiciaire de Boulogne.

Et aussi les organisations syndicales Solidaires et FSU et les dons permettent aujourd’hui de régler les amendes.

Voilà et maintenant place au 2ème groupe : …

Retour sur le concert de soutien aux jeunes en lutte
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Le numéro 34 de La Mouette Enragée vient de paraître

Le nouveau numéro de la Mouette Enragé vient de paraître

Le numéro 34 de La Mouette Enragée vient de paraître et on peut le trouver dans les principaux kiosques de Boulogne-sur-mer et de ses environs. Nous mettons à la disposition des lecteurs et des lectrices la liste de ces points de ventes. Nous savons que le journal n’est pas toujours correctement exposé, ni, il faut bien le dire, le bien venu auprès de certains buralistes. Qu’à cela ne tienne, n’hésitez surtout pas à le réclamer et contactez nous si vous rencontrez une quelconque difficulté à vous le procurer.

Ce nouveau numéro est consacré à la situation calaisienne. Nous l’avons élaboré à partir d’échanges que certains d’ entre nous continuent d’entretenir avec des camarades investi-es de longue date sur le terrain.

Au sommaire :

P 2. Edito

P 4. L’impasse calaisienne

P 11. Calais vers une nouvelle expulsion de la Jungle

P 13. Quand la CGT dockers de calais perd tous repères

P 14. Calais : Tenir une ligne de classe

P 15. La confédération “recadre” les 
dockers de Calais

P 16. Procès d’une militante de Calais 
solidaire des sans-papiers

P 17. Dans les revues militantes

P 18. Démantèlement de la Jungle de Calais, la farce d’une évacuation humanitaire

P 20. Un concert de soutien aux jeunes en lutte de Boulogne-sur-mer

P 20. La revue Courant Alternatif

 Le nouveau numéro de la Mouette Enragé vient de paraître
Liste des points de vente du numéro 34 de La Mouette Enragée

Liste des points de vente du numéro 34 de La Mouette Enragée

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Concert de soutien contre la répression policière!

Concert de soutien contre la répression policière!

 

Concert de soutien contre la répression policière!
Concert de soutien contre la répression policière!
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Venir s’informer et débattre à propos des compteurs électriques Linky le samedi 10 décembre à Boulogne-sur-mer.

Venir s’informer et débattre à propos des compteurs électriques Linky le samedi 10 décembre à Boulogne-sur-mer.

 

Une réunion d’information se tiendra le samedi 10 décembre 2016 à partir de 11 heures du matin  au Kawa Coffee House 105, rue Faidherbe à Boulogne-sur-mer. Venez vous informer, venez débattre.

 

https://lamouetteenragee.noblogs.org/files/2017/05/AfficheReunionPublique.pdf

 

 

 

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Contre la répression de l’Etat soyons nombreux le mardi 29 novembre à 13h30 au TGI de Boulogne-sur-mer.

Contre la répression de l’Etat soyons nombreux le mardi 29 novembre à 13h30 au TGI de Boulogne-sur-mer.

 

Une camarade impliquée de longue date dans les luttes en solidarité aux sans-papiers est convoquée au TGI de Boulogne-sur-mer le 29 novembre à 13 h 30. Elle a été arrêté le 27 juillet après la dislocation d’un rassemblement décidé par les associations et collectifs locaux de soutien aux exilés. Ce rassemblement avait été interdit au nom de l’Etat d’urgence qui de prolongation en reconduction s’impose désormais comme la règle en matière de contrôle et de surveillance des populations et plus particulièrement de celles qui n’acceptent plus l’injustice sociale qu’elles endurent au quotidien (1). Une normalisation confirmée par la circulaire du 20 septembre 2016 de la loi Urvoas, du nom de l’actuel ministre de la justice. Celle-ci désigne très clairement aux juges les personnes qu’il s’agit de réprimer et conseille la plus grande fermeté à leur égard. Cette circulaire est un véritable guide de répression à l’usage des procureurs, présidents des cours d’appel, présidents des tribunaux de grande instance, etc. (2)

 

L’état d’urgence a fait toute la démonstration de son impuissance à prévenir l’attaque survenue à Nice cet été, en revanche il a prouvé son efficacité et sa raison d’être durant les mois de mobilisation contre la “loi travail”. Dorénavant, ceux qui auraient l’intention de remettre en question la loi du plus fort, c’est à dire celle du patronat et de son Etat, que ce soit par la simple parole, dans la rue, à l’usine, au bureau, dans les quartiers, ceux là savent désormais qu’ils s’ exposent à l’arbitraire et à la brutalité des valets de ce système : sa police et sa justice.

 

Quel tort cette camarade a-t-elle causé et à qui ? Pourquoi ce jour là ce fut-elle plutôt qu’un autre qui fut suivie jusqu’à son véhicule, arrêtée, placée en garde à vue et appelée à comparaître ? Pour aucune raison en particulier, hormis le fait que l’Etat poursuit sa construction d’un ennemi de l’intérieur fantasmé, prétexte à occulter sa politique de régression sociale. C’est dans ce but uniquement qu’il s’engage depuis un certain temps à profiler des personnes, dresser des listes, monter des dossiers pour ensuite les inculper et faire des exemples. Le fiasco retentissant de l’affaire de Tarnac par exemple et des soit-disants membres d’une “ultra-gauche-anarcho-autonome” prêterait à sourire si ce genre de bouffonnade n’entraînait des conséquences graves sur la vie même des intéressés. Il faut savoir que depuis le mois de février 2016, on dénombre plus de 300 procès, poursuites et sanctions disciplinaires à l’encontre de militants, de manifestants et de syndicalistes (3).

 

Alors, si vous n’êtes pas résignés à accepter l’inacceptable, si vous pensez qu’il n’y a pas de fatalité au désordre de ce monde, qu’il n’y a d’autre chemin que celui de la lutte de classe, répondez présent le mardi 29 novembre à 13h30 au TGI de Boulogne-sur-mer. Seuls, nous ne pouvons-rien, collectivement nous pouvons renverser l’ordre des choses.

 

Notes :

1- On relira à profit dans le livre de Persichetti et Scalzone “Le révolution et l’Etat”, le chapitre intitulé “Le paradigme de l’urgence” dont nous avons extrait ce passage :”Ce fut l’édification d’un Etat d’urgence permanent qui, contrairement à l’état d’exception classique, se dissimulait sous l’apparence de la norme juridique. L’exception ayant été transformée en règle, la norme s’était dissoute dans un vaste ensemble d’exceptions. Ce modèle d’urgence sui generis fut en quelque sorte le prototype à partir duquel des pratiques d’exception ont été produites en série”.

2- Quelques infos sur la circulaire scélérate d’Urvoas (ministre de la Justice) publiée le 20 septembre 2016 à lire sur http://www.cnt-f.org/59-62/wp-content/uploads/infos-sur-circulaire-urvoas-20sept2016.pdf

3- Par une simple recherche sur le site https://www.anti-k.org vous pouvez prendre connaissance de la liste de ces 300 personnes passées en procès.

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Création à Boulogne-sur-mer d’un collectif contre l’installation des compteurs électriques Linky. S’ informer, s’organiser, lutter.

Création à Boulogne-sur-mer d’un collectif contre l’installation des compteurs électriques Linky. S’ informer, s’organiser, lutter.

 

Peut-être l’ignorez-vous encore mais d’ici quelques temps, ERDF enverra à votre domicile l’un de ses prestataires pour remplacer l’actuel compteur électrique par un nouveau, un compteur “communiquant” baptisé Linky. Dans l’agglomération boulonnaise, l’opération est annoncée pour 2017. Elle a commencé ailleurs depuis  2015 et 90 % des foyers devront être équipés avant 2021. Une quarantaine de communes en ont d’ores et déjà refusé l’installation sur leur territoire et des collectifs d’opposants se structurent ça et là.
Les raisons de s’opposer au compteur Linky sont multiples comme vous le lirez dans le document réalisé par “Le collectif anti-Linky de Boulogne-sur-mer” à consulter (ici) . Ce collectif invite par ailleurs tout un chacun à reproduire et faire circuler l’information qu’il met à disposition. Il envisage d’organiser dans les temps à venir une réunion publique ainsi que des actions afin de lancer une campagne de refus . Pour tout contact : anti-linky.blgne-sur-mer@laposte.net
Nous vous invitons également à écouter l’émission “Sons en Lutte” en date du 3 octobre 2016 diffusée sur Fréquence Paris Pluriel (1). Elle reprend l’enregistrement d’un débat public organisé dans les locaux de “La parole errante” à Montreuil par le réseau “Santé Publique Edition” (2). Une discussion qui, bien que de facture citoyenniste, laisse à penser que la volonté de s’opposer à l’installation de ces compteurs existe dans une partie de la population au moins, qu’elle tend à se développer et peut prendre un tour inattendu.
On retrouve par ailleurs une des membres du réseau “Santé Publique Edition” invitée de l’émission de radio “Vive la Sociale” (3). Après avoir rappelé que l’on peut refuser l’installation de ce compteur chez soi, que l’on  soit propriétaire de son domicile ou simple locataire, elle égrène durant une heure et demi la longue liste des nuisances que ces appareils ont déjà occasionné au domicile de nombre de particuliers. Elle conclut en abordant les moyens à disposition pour refuser Linky, rappelant au passage que c’est d’abord collectivement qu’il faut lutter.

 

Sur les ondes de Radio Libertaire on écoutera une émission très complète sur le sujet. Les intervenants évoquent les moyens de pression développés par Enedis afin d’imposer ses compteurs aux communes récalcitrantes et la façon dont ce groupe est parvenu à retourner la LDH, la CNIL et d’autres au départ opposés à l’installation de ces compteurs (4).

Pour notre part, nous considérons que la question dépasse le seul danger d’ordre sanitaire ou domestique supposé ou avéré et ne peut trouver sa solution dans le seul fait, par exemple, de recourir au principe de précaution. Les arguments déployés dans ce domaine, même s’ils sont à prendre en considération présentent l’inconvénient de vider le problème de son contenu politique et social et incitent souvent les principaux concernées à s’en remettre en dernier ressort à l’avis des experts et des spécialistes dont on sait quels intérêts ils servent en réalité.

 

Linky est évidemment un de ces instruments d’avenir  du contrôle global et marchand des populations. Dans un temps où la reproduction du capital se réalise en partie par la mise en oeuvre de plans d’aménagement de l’espace urbain et des territoires, Linky compte au nombre des multiples points de connection de la futur ville intelligente, la “Smart-City” que tente de nous vendre à Boulogne-sur-mer le Parti Socialiste. La ville fluide se doit de ne présenter aucune aspérité qui contreviendrait à la circulation et donc à l’accumulation du capital. Le compteur Linky est ce mouchard qui permettra d’intervenir à distance sur les flux afin d’en retirer un profit maximisé.
On comprend quels intérêts particuliers sont en jeu, à fortiori quand le lobby nucléocrate est à la manoeuvre et on saisit qui en retour en fera les frais. L’emprise sur les ménages les plus en difficulté sera alors totale puisque physiquement personne ne procédera plus à la réduction ou à la coupure de l’approvisionnement comme c’était le cas auparavant. Dorénavant, l’ensemble de vos installations seront pilotées à distance dans un soucis de rationaliser les coûts et donc de maximiser les profits au nom d’un “capitalisme vert” de gris, durable et connecté. Sera-t-il encore possible aux travailleurs d’EDF en lutte de rétablir de leur propre initiative le courant aux familles qui en avaient été privées ? Linky est de fait un délateur, une balance, un corbeau, mais il sera certainement une arme supplémentaire versée à l’arsenal de l’Etat et du capital dans la lutte qu’il mène aux prolétaires.
Avant de terminer, deux textes à lire sur le sujet, le premier paru dans le numéro de mai 2016 de la revue Courant Alternatif et intitulé “Linky, Restons cons, refusons les « compteurs intelligents” (5), il évoque lui aussi le danger social que représente l’arrivée de ces compteurs. Le second, paru dans la revue Alternative Libertaire en septembre 2016 s’intitule “Linky, si c’est gratuit, c’est vous le produit” (6).

Enfin, vous trouverez sur Internet des tas de modèles de lettre pour refuser Linky.

 

Boulogne-sur-mer, le 6/10/2016.

 

(1)L’émission de radio “ L’Actualité des Luttes” sur Fréquence Paris Pluriel du 3 octobre 2016 à propos des “Compteurs Linky”, à écouter ici : http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2016/10/161003.mp3
(2)Le réseau Santé Publique éditions : http://www.santepublique-editions.fr/
(3)L’émission de radio “Vive la Sociale” contre les compteurs Linky : http://vivelasociale.org/les-emissionsrecentes/84-linky

4)Les compteurs Linky sur radio Libertaire : http://trousnoirs-radio-libertaire.org/sons/287_10oct2016.mp3
(5))On retrouve le texte à la page 22 du pdf, sur: http://oclibertaire.lautre.net/upl/CA260.pdf
(6) http://www.alternativelibertaire.org/?Linky-Si-c-est-gratuit-c-est-vous

Création à Boulogne-sur-mer d’un collectif contre l’installation des compteurs électriques Linky. S’ informer, s’organiser, lutter.
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Répression des luttes sociales : Procès passé et à venir à Boulogne sur mer

Répression des luttes sociales : Procès passé et à venir à Boulogne sur mer

 

 Nous étions une trentaine de personnes au procès de deux camarades étudiants boulonnais, jeudi 22 septembre dernier. Militants/sympathisants, étaient présents devant le tribunal et dans la salle d’audience en soutien à ces jeunes qui étaient jugés pour des actions menées pendant le mouvement social contre la loi « Travaille ! », au printemps dernier.

Les principaux faits reprochés :

– Jets d’œufs et de farine sur la façade de la banque « Société Générale » pour dénoncer l’affaire des Panama Pepers (rappelons que ce sont 5 mineurs qui ont été arrêtés pour cette action à cet endroit avec 24h de garde à vue et que les suites de ces arrestations ne sont toujours pas connues à ce jour)

– « Entrave à la circulation » blocage des bus Place de France (gare routière de Boulogne),

– « Rassemblement non autorisé » par la sous-préfecture

– « Délit de fuite » pour l’un d’entre eux, et par la même occasion : «embuscade ayant entraîné la chute d’un fonctionnaire de police : blessé avec jours d’ITT»; fait démenti par l’inculpé

– « Résistance à interpellation » pour le second et « rébellion »

A la barre, les deux étudiants ont contesté toute violence « de leur part ! », et leurs avocats ont démonté quasiment un à un les motifs d’inculpation pour lesquels ils étaient présentés, y compris celui où le flic prétextait avoir été blessé à la main.

La procureur, après s’en être tenue à une posture moralisatrice et infantilisante et avoir réclamé 4 mois de prison avec sursis pour chacun d’entre eux et 300 euros d’amende, est retournée jouer avec son téléphone portable durant le reste du procès…

La banque et plusieurs policiers se sont constitués partie civile et ont réclamé des dédommagements.

Nous appelons dores et déjà à une mobilisation en attendant le délibéré qui aura lieu le 20 octobre prochain.

Prochain procès :

Le 27 juillet dernier, une camarade de Calais a été interpellée et gardée à vue durant 21 heures pour avoir participé à un rassemblement « non autorisé » en mémoire de migrants décédés.

Un rassemblement de soutien est appelé le jour du procès, le 18 octobre à partir de 8h30, au TGI de Boulogne.

Répression des luttes sociales : Procès passé et à venir à Boulogne sur mer
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Face à la répression, soyons nombreux au TGI de Boulogne-sur-mer le 22 septembre et le 18 octobre 2016

Face à la répression, soyons nombreux au TGI de Boulogne-sur-mer le 22 septembre et le 18 octobre 2016

 

Le 22 septembre, deux étudiants boulonnais sont convoqués au Tribunal de Grande Instance pour leur action lors des mobilisations contre la “ Loi Travail ”.

Le 18 octobre ce sera le tour d’une camarade de Calais investie de longue date en solidarité avec les sans-papiers.

Ces trois personnes, comme des dizaines d’autres partout sur le territoire : ouvriers, étudiants, chômeurs, précaires, lycéens… affronteront dans les semaines à venir la justice d’un système qui n’a plus à offrir qu’une réponse policière et judiciaire à la désolation sociale qu’il répand partout sur la planète.

Demain, ce sera peut-être le tour de n’importe lequel d’entre nous. Soyons nombreux à nous rassembler lors de ces deux dates afin de montrer à l’Etat que ces camarades ne sont pas seuls, que nous ne sommes pas seuls. La solidarité est notre arme.

Boulogne-sur-mer le 12/09/2016

Face à la répression, soyons nombreux au TGI de Boulogne-sur-mer le 22 septembre et le 18 octobre 2016
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