Bilan en demi-teinte de la journée du 9 janvier. Et maintenant ?

Bilan en demi-teinte de la journée du 9 janvier.
Et maintenant ?

Avec des cheminots désespérément seuls pour reconduire la grève et des journées de mobilisation éloignées, il apparait difficile dans ces conditions d’obtenir une victoire. Pourtant, des initiatives collectives et déterminées, mais encore trop rares, nous montrent la direction à emprunter afin d’y parvenir.

Comme nous l’écrivions dans un tract : « pour remporter la partie, il faut taper là où ça fait mal, c’est à dire au portefeuille du patronat, non par des actions symboliques mais par des arrêts de la production, des blocages de marchandises, des coupures ciblées d’énergies. »

Le 17 décembre, la multiplication des actions sur la zone de Capécure avaient porté un coup au patronat local. A tel point que celui-ci était allé s’épancher jusque sur les ondes des radios nationales … Dés le lendemain, plusieurs cars de CRS occupaient le terrain afin de prévenir toute récidive.

La rumeur courait qu’en cette nouvelle journée de mobilisation nationale, les patrons de Capécure avaient réclamé la protection de la police pour garantir leur liberté d’exploiter en toute quiétude les salariés de leurs usines.

A partir de 6 h 30 les actions de blocage se sont donc délocalisées en amont de la zone portuaire, à l’entrée de la zone industrielle et commerciale d’ Outreau. La force de cette opération tenait au fait qu’elle n’avait été ni annoncée par l’intersyndicale à la presse, ni négociée avec la police. Celle-ci s’est donc empressée de rappeler avant de repousser les manifestants que « cette manifestation n’est pas déclarée, elle est donc illégale ! » …

En quelques minutes, les deux ronds-points de l’entrée Sud de la ville étaient totalement bloqués et l’ensemble de la chaussée enflammée. Une importante file de camions était à l’arrêt, la marchandise stoppée, le compte à rebours du profit réalisé, enclenché …

 

 

Après une heure de joyeuse fraternité entre une centaine d’ouvriers de la marée et du privé, de Gilets Jaunes, d’enseignants et de territoriaux, une charge de CRS sonna le repli et la nécessité de se redéployer sur un autre axe, à l’entrée du port.

Là, de nouveau le blocage avec force pneus et palettes et une nouvelle charge de CRS qui provoqua l’interpellation de deux camarades ; fort heureusement relâchés quelques temps après. Les derniers protagonistes, talonnés par les véhicules de la police entamèrent une brève manifestation sauvage jusqu’au centre ville où le temps était venu de se disperser tranquillement.

La manifestation ainsi que la réunion qui s’ensuivit respectèrent scrupuleusement les codes du spectacle syndical dans toute son impuissance stérile.

Boulogne-sur-mer, le 10/01/2020

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