De la ZAD aux prétoires : les frappes ciblées de l’État

 

De la ZAD aux prétoires : les frappes ciblées de l’État

Après avoir laminé les droite et gauche « de gouvernement » – ce qui ne saurait nous émouvoir – les obligés de Macron, ministres et autres sous-fifres, ont en charge la résorption de toute opposition pour le coup réellement politique.

Dans un premier temps et dans la tradition, on range toutes les « extrêmes » dans le même sac. Côté droit, l’extrême centriste*, élu par défaut et avec un taux d’abstention de 26 %, estime avoir réglé son compte au FN. Par contre l’extrême gauche, qui commencerait sur l’échiquier politique officiel de la bourgeoisie là… Mélenchon (!), poserait souci.
Parallèlement, il s’agit sur le plan social de limiter les ardeurs des fainéants qui en viennent à foutre le bordel.

Aussi est-il d’usage de déconsidérer les positions politiques radicales et de criminaliser ceux et celles qui les portent. Car pour les gens de pouvoir, la fidélité à ses principes, l’incorruptibilité, l’absence de duplicité qu’entretiennent les militant-e-s est un signe de résistance qu’il faut… éradiquer, en en soulignant, par dérive sémantique et amalgame scandaleux, la dangerosité.

C’est ainsi que l’on ne peut que constater par exemple récent que, concernant l’« évacua-tion » de la ZAD de Notre Dame Des Landes**, ce sont les « éléments les plus radicaux » qui seront touchés. Aucune dé finition n’étant donnée ; c’est quoi, ici, « radical ? Le paysan qui se bat depuis cinquante ans pour garder sa ferme ? Les militants qui contribuent à faire vivre la Zone à défendre depuis 2009 ?
Ce serait nier le fond politique que démontrent les débats permanents qu’entretiennent les diverses composantes du mouvement de la ZAD, en tentant de les trier voire de les opposer en terme de « droit à rester ». L’amplitude du soutien dont les « Zadistes » bénéficient bien loin du site, tempéreront sans doute les menaces délirantes de « nettoy-age » proférées par des ministres inquiets.
Et pour cause, la réalité d’une lutte de paysans et de militants hétéroclites, mais conscients de leurs intérêts communs, pourrait bien confirmer le précédent du Larzac.
Qu’en sera-t-il des opposants au projet de liaison Lyon Turin ? Du canal Seine-Nord ? Une première réponse est peut-être à Bure, où des « nouveaux Zadistes » construisent une cabane à l’emplacement prévu pour l’entrée du site d’enfouissement de déchets nucléaires.***
On sait désormais qu’il est possible de faire échouer les montages politico-financiers du capital.

Dans le contexte législatif cette fois, celui des actions contre la loi anti-travailleurs, le criblage opéré par l’État et les patrons a pour objet les « éléments » les plus politisés. Les inculpés de Poitiers sont en effet exclusivement des militants libertaires ou des travailleurs syndiqués à Solidaires. Procès catégoriquement politique, donc, qui a débouché sur des condamnations. Sanctions qui s’ajoutent à bien d’autres prononcées par la justice.

Cette même justice qui ordonne un non-lieu pour le tueur de Rémi Fraisse.

Boulogne sur mer le 07 février 2018

 

 

 

 

 

 

 

* Article intéressant à lire sur l’analogie avec les positions du Directoire de 1795 et le pouvoir actuel sur : https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/031017/l-extreme-centre-de-la-revolution-francaise-macron

** À écouter : 
http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/sons/3047541/3085363_20180122_NDDL_
Une_victoire_et_apra_s.mp3

*** Voir info locale :
https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/des-militants-ecologistes-dijonnais-construisent-une-cabane-pour-la-zad-de-bure-1517761788

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