A lire et à écouter en ce moment

 

 

Hôtel Ibis Batignolles : le vrai visage de la lutte des classes

STN est un monstre. Une multinationale hôtelière au capital de 12 milliards d’euros qui exploite 300 000 salarié-e-s du monde entier, et qui sous-traite – c’est le mot ! ‒ pour le groupe Accor.

Le personnel qui s’est battu cumule tous critères du prolo corvéable à merci : pauvre, femme, noire africaine ( en grande majorité ).

La victoire des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, à Paris, est ainsi plus qu’un symbole, c’est la réalisation au sens propre de la lutte des classes. 22 mois de lutte dont 8 de grève et 14 de chômage partiel et l’usure espérée par le patronat qui ne vient pas*. La solidarité et la ténacité ont  imposé au patronat le minimum dû à celles qui l’engraissent en terme de paye, de statut, de respect. 

Cette union reste  indéfectible après la lutte, dans la fête ; c’est la conscience de classe.. à transposer partout, ensemble et en permanence pour en finir avec l’aliénation à outrance.

Voir et entendre sur : https://www.youtube.com/watch?v=PhipE4XQTqc

* à lire aussi l’article : https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/hotel-ibis-batignolles-les-clefs-dune-victoire-historique-pour-les-femmes-de-chambre-052610400

 

 

Hommes et choses du temps de la Commune : récits et portraits pour servir à l’histoire de la première révolution sociale

Léon Massenet ( dit de Mérancour ) est né à Toulouse (Haute-Garonne) le 6 (ou 8 ?) octobre 1834 ; mort le 31 mai 1886 à Paris (IXe arr.) ; homme de lettres ; chef du 215e bataillon fédéré et lieutenant-colonel inspecteur divisionnaire du casernement ; membre de l’Association Internationale des Travailleurs. Après la semaine sanglante, il parvient à gagner la Belgique puis la Suisse. Condamné à la déportation par contumace.

Maxime Vuillaume est né à Saclas (Seine-et-Oise) le 19 novembre 1844, mort à l’hospice de Neuilly (Seine) le 25 novembre 1925 ; est le fondateur, sous la Commune, avec Vermersch et Humbert, du Père Duchêne ; membre, en Suisse, de l’Internationale bakouninienne ; auteur de Mes Cahiers rouges. Condamnés à mort par contumace, il se réfugie en Suisse.

Henri Bellenger est né le 26 mai 1838 à Rouen (Seine-Maritime) ; mort le 1er décembre 1892 à Galatz (aujourd’hui Galați, en Roumanie) était journaliste au Vengeur de Félix Pyat et au Cri du Peuple de Vallès et il collabora également au Journal officiel de la République française sous la Commune. Par chance, il n’est pas identifiéet traverse légalement la frontière franco-suisse.

Les deux premiers, avec la contribution du troisième, publient dès 1871 :– Paris libre du 18 mars au 4 avril 1871

Nous avons choisi de présenter ici un volume original photocopié par la BNF.

C’est une chronique qui porte la puissance et l’émotion du vécu. Les personnages comme les événements sont décrits, racontés sous une apparence de carnet de bord et se lit comme ce qu’il est : un témoignage des acteurs de l’insurrection parisienne :

«  L’homme et la chose, voilà ce que nous voulons fixer dans une esquisse ferme, dans un récit véridique ». C’est surtout un document qui, sous cetteversion originale, est poignante d’humanité et forgée sur la mise en œuvre d’un projet politique communiste-anarchiste sorti de l’utopie.

Des portraits en mouvement et des dialogues, des événements connus et d’autres plus personnels ou relevant du quotidien de la Révolution Sociale ; la circulation des informations, des décisions d’ordre militaire et des réactions sur le tas, les incertitudes et les débats.… l’omniprésence du fond : la lutte des classes, la guerre… mais surtout un moment d’Histoire politique détaillé, sans concessionqui les met en lumière in situ. C’est le récit épique et populaire d’une bataille perdue sur le terrain militaire mais inaltérable dans son projet politique, celui-là même que nous poursuivons aujourd’hui.

Sans haine gratuite et avec une lucidité sur l’enfermement idéologique du peuple par les classes dominantes, on entend à peu de chose près notre siècle en écho : «  c’est le clan des […] gens établis, posés, ayant enseigne et pignon sur rue. Réacteurs (réactionnaires ndr ) ), ils ne le sont pas, ils sont immobiles.[]. On leur a tant, tant répété, sous l’empire, qu’il ne faut jamais s’occuper de politique, mais laisser faire les habiles, toujours opiner du bonnet et payer l’impôt, qu’ils ont fini par le croire. Le refrain bonapartiste leur est resté dans l’oreille et dans l’esprit comme un repons de catéchisme ».

C’est donc une réalité historique, non tronquée, qui redonne son authenticité à des hommes et des choses que l’État, le capital et l’Église pensaient avoir définitivement souillée, condamnée, maudite, sortie de la mémoire des peuples, en un mot : annihilée.

«  L’Histoire eut dit deux mots de l’émeute du18 mars, de la semaine de succès, et puis rien. Tandis que pendant 70 jours de pouvoir régulier, la Commune s’edt affirmée trop virtuellement pour que les générations futures, si la présente ne veut pas lui rendre justice, n’aient pas à se préoccuper de cet immense effort d’un peuple travailleur voulant se gouverner lui même et s »affranchir du despote-capital. Il y a donc lieu de se féliciter de la première défaite de la Commune, défaite qui a prolongé de deux mois la lutte.

Les longs martyres fortifient les causes justes. »

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6706r.texteImage

NB : quelques manip simples permettent de rendre facilement lisible le document. Il peut aussi être téléchargé en pdf.

Enfin une version bouquin a été éditée en… 1968. (Edhis).

 

 

Il était une fois… « Moi, Daniel Blake »

 

 

 

 

 

 

La chaîne de télévision Arte propose sur son site de visionner à la fois le film de Ken Loach « Moi, Daniel Blake » ainsi que le documentaire qui raconte sa genèse.

Ce documentaire et ce film « Moi, Daniel Blake » retracent l’histoire d’un menuisier de Newcastle, Daniel Blake, persécuté par l’administration dans cette région où la précarité est la plus élevée du pays.

Suite à un problème cardiaque Daniel doit arrêter de travailler mais la bureaucratie implacable du système néolibéral britannique fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. Une histoire d’individus qui essaient de survivre d’entraide et d’amitié, des oubliés qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes face au rouleau compresseur intraitable qu’est l’administration.

L’histoire de Daniel Blake s’inscrit au cœur d’une vaste réforme du système de protection sociale britannique menée depuis 2010 par le gouvernement conservateur de David Cameron. A la manœuvre, un ancien protégé de Margaret Thatcher : le ministre du travail, des pensions et des affaires sociales, Iain Duncan Smith (ancien chef du parti conservateur). Les réformes sociales les plus radicales et les plus dures ont été mises en œuvre entre 2010 et 2015 par Smith. Énormes coupes budgétaires, à tel point que le système qu’il défend est le plus dur d’Europe. Prestations très faibles, diabolisation des allocataires, démarches très compliquées pour prétendre à des droits limités à renouveler en permanence, une pression quotidienne, du harcèlement, des menaces de suspension si les justifications de recherches d’emploi ne sont pas suffisantes aux yeux de l’administration. Smith a qualifié les allocataires de paresseux, de profiteurs, de parasites à la télévision. Des gens comme Daniel Blake ont vu leurs allocations supprimées alors qu’ils étaient malades et qu’ils y avaient le droit. Des familles entières avec enfants se retrouvant démunies de tout, sous le moindre prétexte ridicule. Remplir des formulaires « en ligne » obligatoirement, des situations technologiques compliquées, un temps très limité pour valider les demandes avant que le formulaire ne soit effacé sous vos yeux ébahis, des pratiques qui permettent au gouvernement de stopper les paiements instantanément. Dans les agences pour l’emploi, les conseillers n’ont pas le droit d’assister les personnes qui demandent de l’aide pour remplir un dossier, ou pour un souci informatique, cela peut être un motif de renvoi.

Dans beaucoup de domaines, cette région est une des plus pauvres du pays. Les banques alimentaires sont nombreuses, de très longues files d’attente interminables. La majorité des emplois étaient des emplois ouvriers centrés sur les mines et surtout sur les chantiers navals. Avec la désindustrialisation et la privatisation, depuis le gouvernement Thatcher, la région s’est retrouvée en grande difficulté avec une explosion du chômage et des tensions sociales (on se souvient de l’événement majeur que fût la grève des mineurs en 1984, qui a été d’une grande violence et à la suite de laquelle les pouvoirs des syndicats, très importants dans la profession ont été largement réduits).

Smith a claqué la porte en 2016, suite à l’augmentation du smic et quelques miettes pour les pauvres, mais encore aujourd’hui le pouvoir d’achat des habitants de cette région est le plus bas du pays, tout comme la productivité et le taux d’emploi. A l’inverse, le taux de chômage est l’un des plus élevés. Ken Loach a donc voulu mettre en lumière les situations comme a pu vivre Daniel Blake, encore très nombreuses à l’heure actuelle. Theresa May (qui a aussi quitté le navire il y a peu de temps) disait encore récemment au parlement « Nous devons maintenir les sanctions pour les pauvres ».

https://www.arte.tv/fr/videos/098790-000-A/il-etait-une-fois-moi-daniel-blake/

https://www.arte.tv/fr/videos/097472-000-A/moi-daniel-blake/

 

 

Où va le féminisme  ?

Vanina a récemment publié aux éditions Acratie l’ouvrage Où va le féminisme  ?* A cette occasion, elle a présenté son livre sur les ondes de Radio Libertaire en revenant de manière critique sur les concepts post-modernes qui colonisent actuellement le discours féministe : gender, queer, intersectionnalité, etc…

Nous conseillons à toutes et tous l’écoute de son intervention :

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/podcast/mp3/RL-2021-04-20-19-30.mp3

*Editions Acratie :https://editionsacratie.com/ou-va-le-feminisme-vanina/

 

 

Économie des processus révolutionnaires

João Bernardo 

Les éditions Vosstanie publient un texte de João Bernardo dont l’intérêt se révélera profitable à ceux qui, comme l’écrit le traducteur, furent influencés comme il le fut lui même par une certaine culture anarchiste teintée d’anti-marxisme qui l’empêcha longtemps de comprendre certains enjeux et débats.

La qualité de ce livre tient également à son caractère extrêmement synthétique, dense et didactique ; en somme, le contraire de ce qui définit une grande partie de la production littéraire militante d’aujourd’hui …

Dans sa postface, l’éditeur présente l’auteur comme un théoricien «marxiste libertaire» dont les ouvrages lui ont permis de répondre à la question suivante : «Pourquoi le mouvement vers la pratique autogestionnaire n’est pas venu des idéologues de l’autogestion ?»

TABLE

 

Introduction [ Maurício Tragtenberg[1929-1998] 

– Marxisme orthodoxe et marxisme hétérodoxe

– Les nouvelles relations sociales

– Le développement des nouvelles relations sociales

– L’effondrement des nouvelles relations sociales

 

Suivi de :

 Pratique, idéologie et autonomie des travailleurs : Entrevue avec João Bernardo 

(Revue Ruptura)

Bibliographie de João Bernardo 

Postface du traducteur.   

Traduction du portugais par Vosstanie.

Février 2021 – 112 pages. 5 € + frais de port.

 

Tirage limité à 100 exemplaires.

Pour contacter l’éditeur ou commander l’ouvrage, s’adresser à

vosstanie@gmail.com