Le plus dur reste à faire

Le plus dur reste à faire

Comme partout en France, la mobilisation de ce jeudi 19 janvier à Boulogne-sur-mer a été forte, au point d’en surprendre plus d’un. La CGT, la première, qui avait fixé le point de rendez-vous au pied de la bourse du travail. Rapidement, le carrefour de la rue Faidherbe déborda de grévistes et de manifestants. Certes, la participation s’annonçait importante, mais qui s’imaginait revivre en ces temps incertains une journée digne des plus belles heures de 1995 ou 2003 ?

Unité de circonstance

Fait remarquable, il y avait ce jeudi dans le cortège des membres d’organisations qu’on ne croise qu’exceptionnellement sur le bitume : CFTC, CFDT, CGC… Des travailleurs d’entreprises privées, des non syndiqués plus nombreux qu’on ne le pense  et sans doute aussi des précaires et des chômeurs… Une foule composée d’abord de salariés d’âge mur parmi lesquels papillonait une poignée de gilets jaunes. A la marge, quelques socialistes regroupés dans l’indifférence quasi générale, offraient un spectacle surréaliste. Le grand absent de ce défilé c’était la jeunesse. Aucun groupe constitué de lycéens ou d’étudiants ne se distinguait en particulier du reste des participants à cette manifestation. Faut-il y voir un retard à l’allumage qui se comblera dans les jours et semaines à venir, ou la confirmation que le matraquage idéologique fonctionne à plein auprès des plus jeunes ? 

Quoi qu’il en soit, c’est un sentiment de confiance et de satisfaction qui dominait la foule à l’issu des prises de paroles qui conclurent cette marche de quelques heures. 

Et maintenant ? 

La réponse de Macron ne s’est pas faite attendre, il débloque 430 milliards d’euros pour … la police et les militaires ! Tirer de sa manche la carte de «l’Unité Nationale» et se mettre dans la poche les corps de répression pendant que Borne, Dusspot et Veran occupent les écrans pour y faire «oeuvre de pédagogie», voilà un tableau qui dit le tout et annonce la suite. 

La promenade pépère du 19 janvier nous a permis de nous compter et l’intersyndicale annonce une nouvelle date de mobilisation nationale pour dans dix jours. La loi du nombre ne fera plier ni Macron ni son clan, soyons en conscients. Nous pourrions être plus nombreux encore dans les semaines qui viennent, qu’il ne bougera pas le petit doigt. L’être moins et les communicants concluront immédiatement à la résignation, dans tous les cas de figure, ce n’est pas sur le champ du spectacle médiatique que se livre et se gagne la lutte de classe. 

Et ne nous laissons pas abuser par une unité syndicale de façade qui cédera à la première occasion. Les appareils, quelqu’ils soient, ont des intérêts qui leur sont propres. Notre seule force c’est l’unité à la base que nous soyons syndiqués ou non. 

La clé de notre victoire tient dans la capacité qui sera la nôtre à entraver l’accumulation des profits et désorganiser le quotidien du capital. D’abord par la grève la plus large possible, dans tous les secteurs, ensuite par l’arrêt de la production et de la circulation des marchandises, quelles qu’elles soient. 

On se retrouve, on en débat, on s’organise. 

A bientôt sur le bitume !

Boulogne-sur-mer, le 21/01/2023

Ce contenu a été publié dans Mouvements sociaux. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire