Jeudi 30 janvier : Tout feu , tout flamme

Jeudi 30 janvier : Tout feu , tout flamme

 

Saint-Denis de La Réunion, Paris, Bobigny, Toulouse, Rennes, Lille… partout en France l’initiative d’une retraite aux flambeaux(1) s’est généralisée contre la casse des retraites. À Boulogne tant sur la forme que sur le fond, c’est une étape non-négligeable de la lutte qui vient d’être marquée.

Visuel et sonore

Un camarade de Solidaires a ouvert le bal en rappelant ironiquement le ralliement des « punks du Conseil d’État » qui ont, à leur manière, disqualifié la fumeuse réforme. Le gouvernement s’arc-boute néanmoins sur ses positions. Certes de plus en plus difficilement puisqu’une partie des macronistes/niens plus ou moins installés sentent les municipales arriver, que les partis d’opposition laminés espèrent profiter d’un affaiblissement de LRM et c’est en pleine politicaillerie de boutiquiers que d’aucun-e-s pensent faire leur retour. Ils n’ont visiblement pas compris et c’est aussi pour éclairer leur lanterne que se sont multipliées les visites de permanences électorales.

 

Sous le crachin c’est une bonne humeur communicative qui animait les quelque 200 marcheurs de ce jeudi soir. Les dissensions propres à l’intersyndicale/GJ s’estompant au profit d’une démonstration unitaire, sans doute attisée par le tracé de ce qui pourrait être la dernière ligne droite, si l’on s’en tient au calendrier des promoteurs de la réforme. En alternance avec les slogans et chansons des GJ, sonnaient des compositions de paroliers syndicaux. On a même pu entendre s’enchaîner les couplets de l’Internationale… La campagne des municipales sera peut-être plus politique que prévue hors des partis en lice dont l’électorat se dissout de scrutin en scrutin.

L’Etat : « une bande d’hommes en armes qui défendent la propriété capitaliste » F.Engels

Il a été rappelé que l’importance de cette manifestation s’inscrivait, à Boulogne comme ailleurs, dans la résistance à l’intimidation, à la répression, à la violence légale d’État. Légale et non légitime quoiqu’en dise et pense le ministre de l’intérieur. Petit détour au passage : « est légal ce qui est conforme au droit positif. Le droit positif est l’ensemble des lois instituées d’une société donnée. Est légitime ce qui est conforme à la justice comme norme du droit. … La justice comme norme du droit est un ensemble de valeurs fondamentales auxquelles toute législation est supposée se conformer en principe. Il s’ensuit qu’un jugement d’équité n’est pas une application stricte de la lettre de la loi ». (2)

Or, dans le cas de figure où nous sommes – c’est toutefois loin d’être exceptionnel –, les forces de l’ordre ont carte blanche pour endiguer le flot persistant des « mécontentements ».

Ainsi, après l’interpellation de militants ( et d’un avocat ) mis en GAV pour « délit d’entrave » lors de la venue de Macron à l’usine pharmaceutique AstraZeneca à Dunkerque, les flics de chez nous s’en sont pris à des GJ (des secouristes de rue ) qui distribuaient des tracts à un rond-point. Toujours les mêmes cibles ! Cette fois un militant CGT est intervenu et le flic a dégainé son Taser et l’a pointé sur lui, sans tirer, heureusement.

Cet événement a été pointé en début de manif et a été perçu comme une motivation supplémentaire, si besoin en était. « Tout le monde déteste la police, la police déteste tout le monde !»
Il ferait beau voir que quelque socialo-citoyenniste ou autre non-violent à sens unique vienne scander «  la police avec nous » samedi prochain !

Barouds d’honneur ?

Pour autant, nous ne prenons pas les vessies pour des lanternes et n’imaginons pas un instant que ces marches aux flambeaux soient autre chose qu’une forme de spectacle. Parallèlement le combat doit se poursuivre sur « l’entrave » au profit , la circulation des marchandises et de l’énergie. La grève continue ou se déclenche dans plusieurs secteurs sous une forme ou sous une autre. À ce propos, les cheminots ont vendu des billets de tombola – deux places gagnées pour le match de basket ( Boulogne-Cholet ) de samedi – pour alimenter la caisse de grève.
On a donc encore le sentiment d’une volonté de ne rien lâcher…

Il ne faut cependant pas s’emballer ; avec ou sans flambeaux, on est loin du Grand Soir et le volet judiciaire va continuer à battre avec ou sans avocat …

Boulogne-sur-mer, le 01/02/2020

(1) Si le fatras symbolique qui s’y rattache de maints points de vue – historique ou cultu(r)el – prête, à rire, comme dans certains cérémoniaux « agenouillistes », ou à baliser, au regard des démonstrations nocturnes des SA des années trente, de l’extrême droite ukrainienne en 2014-2015 ou encore du KKK de toujours… il y a sans doute pour le coup plutôt une référence à la célébration instaurée sous la IIIème République en souvenir des émeutiers du 14 juillet 1989.

(2) une ref entre autres :

http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/reperes/legal.htm

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