Le 16 janvier, bon échauffement avant … la promenade !

Le 16 janvier, bon échauffement avant
… la promenade !

Retour sur la journée du 16 janvier, ses points forts et ses faiblesses après un mois et demi de mobilisation.

Peu après 6 heures du matin, une centaine de travailleurs de différents secteurs : agro-alimentaire, métallurgie, chemin de fer, ports et docks ainsi que des gilets jaunes investissent différents ronds-points de la zone portuaire. Suffisamment équipés en matériel et animés d’une belle détermination, ils parviennent une nouvelle fois depuis le début de ce mouvement à ralentir puis bloquer la circulation de la marchandise.

Le nombre est un facteur déterminant pour la réussite d’actions à mener directement sur le terrain, tout comme la logistique, la prise d’initiative et l’effet de surprise. Si l’on regrettera toujours de n’être pas suffisamment nombreux, reconnaissons qu’en ce jeudi à l’aube, la participation était relativement étoffée.

« Capécure Tour … 2003 ; 2006 ; 2010 ; 2016 ; 2018 ; 2019 ; 2020… »

Une des faiblesses, qui par ailleurs garantit en partie la sécurité et la bonne réalisation de ces opérations, repose sur la soudaineté dans laquelle tout se décide. Il serait peut-être utile après des années de pratique, d’en faire un jour le bilan collectivement et sans parti pris aucun, afin de peser plus efficacement encore dans le rapport de force qui oppose le travail au capital.

Bouger et esquiver pour …

Cette fois, les CRS ne tarderont pas à intervenir en nombre (12 à 15 fourgons ) pour dégager un des accès du pont Marguet. Après quelques sommations rapides et truculentes : « Vous n’avez rien à faire là ! », un repli s’opère vers l’une des extrémités de la gare de marée où d’autres groupes en bloquent déjà l’un des giratoires. Certains chantent quand d’autres s’affairent à renforcer la position ou éloigner des policiers trop zélés.

La situation demeurera inchangée durant plus d’une heure, la police détournant comme à son habitude les camions vers un autre itinéraire. Un nouveau déploiement de CRS repoussera les manifestants vers le boulevard Jean Jaures. Durant ces charges, des manifestants furent atteints aux jambes par des tirs de flash-ball.

mieux rebloquer !

Accédant à la rue Auguste Huguet, un groupe encore conséquent parvint de nouveau à immobiliser une importante file de camions. Une dernière intervention policière mit fin à l’action qui se déplaça alors vers le point de départ de la manifestation où l’accès au pont Marguet fut de nouveau bloqué.

L’ intersyndicale et ses manifestations traîne savate

Le défilé, en lui-même, comptera aux alentours de 600 personnes et comme d’habitude, il ne s’y passera rien qui puisse inquiéter le patronat, ni le pouvoir en place. L’intersyndicale veille au grain et on a même vu apparaître un semblant de « service d’ordre » avec corde « anti-débordement » du plus mauvais effet … Cela n’empêchera pas quelques oeufs de voler de-ci, de-là, le long du parcours … De la même manière, nous ignorons la raison pour laquelle la police n’a pas assuré la circulation en centre ville, lors de la déambulation du défilé. Par la force des choses, les manifestants se sont substitué aux forces de l’Etat, démontrant au passage la vacuité des uns et de l’autre. 

Combien de temps encore faudra-t-il le répéter, l’organisation en « intersyndicale » de la lutte est l’assurance de perdre à tous les coups. N’y participent la plupart du temps que les mêmes délégués et quelques gilets jaunes sincères et déterminés mais acceptés pour la forme et par la force des choses. L’intersyndicale est le lieu où l’on bride toute initiative qui ne rentre pas dans le catalogue convenu et négocié au plus près avec l’Etat. Un répertoire routinier et impuissant qui nous mène tout droit à la défaite.

Sur cette question fondamentale de l’organisation de la lutte, de la pratique de la démocratie ouvrière et de son autonomie, il devient urgent localement d’ouvrir le débat aussi bien au sein des syndicats qu’en dehors.

Politicaillerie en embuscade

Ces derniers temps, le local du député LREM Jean Pierre Pont a subit les foudres des manifestants en colère. Une humeur plutôt retenue tant l’imbécilité des propos tenus par ce monsieur ont sidéré jusqu’à ses proches. Certains n’ont pas manqué de saisir l’occasion, espérant sans doute se refaire une virginité et s’affranchir de toute responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des travailleurs. En premier lieu, le maire sortant de Boulogne-sur-mer, lors de la cérémonie des voeux de la commune de Saint-Etienne au Mont.

Que lui non plus ne se réjouisse pas trop vite, car personne n’a oublié le soutien qu’il a apporté au gouvernement Hollande et à la loi El khomri imposée par ordonnance !

D’ailleurs, son local fut fort joliment redécoré jeudi dans la matinée prouvant que la mémoire sociale, jamais, ne s’éteint totalement … A ce sujet, il est pathétique d’observer la Social-Démocratie en lambeaux tenter d’abuser les prolétaires en envoyant en queue de cortège se trainer laborieusement ses derniers militants locaux ; elle n’a décidément pas pris la mesure du dissensus social.

Fin de partie

Après la dislocation du cortège, un manifestant fut interpellé par la police et quelques militants se rendirent au commissariat afin de s’informer de son cas et lui apporter leur soutien. Nous suivrons avec attention l’évolution de sa situation.

Boulogne-sur-mer, le 18/01/2020

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