Si j’étais cégétiste…

Si j’étais cégétiste…

 

J’aurais bien du mal à comprendre et à me reconnaître dans les discours, positions, appels et engagements de ma boutique selon le degré hiérarchique, la localisation, la boîte ou le secteur d’activité d’où ils émanent.

 
Ainsi, après avoir mené des actions (sur les dépôts de carburants et autres blocages) et tenu des discours justement intransigeants, à l’échelon national, au cours de la lutte contre la « loi travail », on ne saurait que reconnaître un investissement classiste du syndicat alors bête noire officielle de Valls et des patrons.
Au niveau local, à Calais précisément, la CGT dockers, après s’être déjà illustrée cet hiver lors des manifs -prenons les pour ce qu’elles sont – anti-migrants, aux côtés des patrons, des commerçants et des politiciens (1) voilà-t-il pas que la même section cégétiste appelle « tous les salariés calaisiens à venir la nuit donner un coup de main aux forces de l’ordre sur la rocade assaillie par les migrants». Le motif ? Les tentatives désormais désespérées des migrants d’embarquer dans tout ce qui roule vers la Grande Bretagne sur les zones encore sans chiens ni barbelés, mettrait en péril l’autoroute ferroviaire entre le port de Calais et le terminal du Boulou, situé à la frontière franco-espagnole. (2) Et d’enfoncer le clou, tout en nuance : «Conscients des difficultés des réfugiés de guerre», [ils (comité d’entreprise et CHSCT) ] réclament plus de fermeté à l’encontre des «migrants économiques » qui augmentent selon eux la population de la « jungle ». Avec la nécessaire précision de l’incontournable chantage à l’emploi.
Cette singularité de la section calaisienne de la CGT Port et docks pose question au regard des affiches contre les violences policières diffusées lors du récent conflit contre la loi « Travaille ! » – la CGT police s’étant défaussée sur les politiques mais ce n’est pas la question -, mais davantage encore face à la déclaration de la Fédération de la CGT Ports et Docks parue le 29 avril 2015 sur le site de l’UL CGT de Tourcoing. (3) À l’échelle européenne, la CGT semble également prendre la «question migratoire» sous son aspect dramatique ; elle est signataire d’un texte intitulé « Stop à l’hécatombe. Nous exigeons justice, protection et respect des migrants” et émanant de l’international Réseau syndical sur la migration méditerranéenne et sub-saharienne. Laquelle se réfère à « une Union européenne ouverte et sûre, pleinement attachée au respect des obligations de la Convention de Genève sur les réfugiés et des autres instruments pertinents en matière de droits de l’homme, et capable de répondre aux besoins humanitaires sur la base de la solidarité ».

Si j’étais cégétiste, j’aurais tendance à affirmer sans faille une conscience et la solidarité de classe avec les travailleur-euse-s victimes des États, des patrons et de leurs polices. Tous ensemble ! D’où qu’on vienne…

 

(1)http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/calais-2000-manifestants-pour-la-defense-du-port-et-de-la-ville-911991.html

(2)http://www.lavoixdunord.fr/region/l-autoroute-ferroviaire-calais-le-boulou-suspendue-en-ia33b48581n3621343

(3) http://ulcgt-tourcoing.fr/2015/04/29/declaration-de-la-federation-cgt-ports-et-docks/

(4) http://serveur2.archivehost.com/membres/up/1451077023/2015/Declaration_RSMMS_22Avril2015.pdf

 

Stop à l’hécatombe par Fédération de la CGT Ports et Docks

Stop à l’hécatombe par Fédération de la CGT Ports et Docks

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Report du procès des deux camarades interpellés à Boulogne-sur-mer

Report du procès des deux camarades interpellés à Boulogne-sur-mer

L’audience à laquelle devait comparaître les deux camarades le jeudi 7 juillet au TGI de Boulogne a été reportée. Elle aura vraissemblablement lieu à la rentrée. Nous relaierons les différentes actions qui seront entreprises en soutien. Restons vigilants !

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Rassemblement jeudi 7 juillet devant le tribunal de Boulogne-sur-mer contre la répression.

Rassemblement jeudi 7 juillet devant le tribunal de Boulogne-sur-mer contre la répression.

Jeudi 7 juillet deux camarades interpellés à Boulogne-sur-mer lors d’une action contre la « loi travaille ! » passeront en jugement au TGI. Il est important d’être nombreuxafin de montrer à la justice du patronat et de l’Etat qu’ elle ne peut réprimer ceux qui luttenten toute discrétion. Ces camarades ne sont pas seuls, nous ne sommes pas seuls, la solidarité est notre arme !

Rassemblement jeudi 7 juillet devant le tribunal de Boulogne-sur-mer contre la répression.
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Enregistrement du débat du 24 juin 2016.

Enregistrement du débat du 24 juin 2016.

Après la publication de deux numéros de la Mouette Enragée consacrés à l’aménagement urbain dans l’agglomération boulonnaise, nous souhaitions ouvrir un espace de débat sur le sujet en dehors des cercles officiels et des espaces sous contrôle. C’est dans ce cadre que Jean Pierre Garnier, sociologue et urbaniste a introduit et développé la thématique ouvrant la discussion durant plus de deux heures. Nous livrons à l’écoute l’enregistrement de cette soirée riche et sympathique.

Voici un sommaire des interventions de la soirée :

– Annonce en solidarité avec les interpellés à Boulogne-sur-mer de la lutte contre la loi travail

– Présentation de la soirée

– Intervention de Jean pierre Garnier

– Débat avec et dans la salle.

Cliquez ici pour télécharger le son compressé. Pour le décompresser, utilisez le logiciel libre 7-Zip (disponible en quelques clics).

Enregistrement du débat du 24 juin 2016.
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Débat public – 24 juin à 20h30 – Bibliothèque de Boulogne s/ Mer

Débat public – 24 juin à 20h30 – Bibliothèque de Boulogne s/ Mer

 

Débat public - 24 juin à 20h30 - Bibliothèque de Boulogne s/ Mer

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Loi travail : aléas nec mergitur

Loi travail : aléas nec mergitur

 

L’article qui suit est paru dans le numéro 260 de mai 2016 du mensuel Courant Alternatif.*

Nous y présentons une analyse de la lutte contre la «  Loi travail  » et des différents acteurs en présence à un moment où l’issue incertaine dépendait déjà de la cohérence des initiatives et de la cohésion des opposants. Chacun-e saura que cette lutte de première urgence, comme la brutalité de sa répression , sont montés en puissance depuis le 26 avril, date de sa rédaction. Ce texte est donc un regard sur les mobilisations des mois de mars et avril 2016.

* sur abonnement (voir ici)

 

Loi travail : aléas nec mergitur

Un mouvement incertain mais qui ne sombrera pas  !

 

S’il est hétéroclite à bien des égards, le mouvement – appelons-le ainsi par simplicité – contre la “loi travail” présente un certain nombre de constantes. Le spectre des positions, bien qu’il soit défini sur un fond commun de refus du projet Valls/Macron/El Khomri/Medef est aussi large que ses approches contradictoires, voire conflictuelles, et les formes variées des actions et réactions qu’il suscite. Regard sur l’état des lieux de cette lutte.

À l’origine le PS et le Medef sortent un texte de connivence qui vise à réduire toujours les conditions des travailleurs tout en optimisant les latitudes du patronat (voir CA N°259). Double jeu et discours indigents n’ont cessé d’être l’assise politique du PS au pouvoir. Ce nouveau tombereau de cadeaux au patronat inciterait ce dernier à l’inversion de la courbe du chômage. Passons. Sans doute, les collaborateurs d’Hollande et de Gattaz avaient-ils imaginé un scénario basique. La présentation de l’avant projet de loi susciterait quelques indignations, quelques aménagements – replis stratégiques préparés à l’avance – seraient vite baclés, la droite voterait la loi comme un seul homme après quelques amendement de principe et tout serait dit. Et pourtant…

 

Chacun est dans son rôle

 

Sur le plan syndical en terme d’appareils d’abord. Les intersyndicales, quand elles existent prennent la forme de cohabitation a minima. Logique puisqu’elles sont concurrentes autant que les boîtes du Medef. Représentativité, influence, subventions, gestion de caisses… autant de cadavres dans les placards des sièges qui font qu’un minimum d’apparences doit être sauvées. La CFDT n’a pas failli à sa fonction lénifiante, qui très vite a pu se satisfaire des aménagements à la marge consentis par le gouvernement.

Des divergences sévères sont apparues à certains endroits entre l’un et l’autre syndicat (CGT et Solidaires au moins), en particulier sur des questions de pratiques et de contrôle, des jeunes notamment. Nous y reviendrons.

Les centrales n’ont en effet pas intérêt à se laisser larguer par leur base et doivent s’embarquer dans le train. D’abord en s’accrochant vaille que vaille à la lutte initiée par les étudiant-e-s et lycéen-ne-s, lesquel-le-s n’entendent pas/plus, selon les endroits, se laisser voler leur mouvement ni dans les modalités, ni sur le fond. Le secteur privé ne s’est pas encore manifesté, mais son entrée massive dans la danse ne viendra que des volontés des salarié-e-s de la base, conscient-e-s des intérêts communs, de classe , quel que soit la génération ou le statut. Au sommet, les bureaux jouent le discours offensif, à l’exemple de l’affiche de la CGT relative à la répression mais ne pourront guère faire illusion tant ils ont troqué depuis des lustres toute velléité de rupture au profit d’un réformisme de collaboration. Or c’est bien d’un refus même de négocier dont il s’agit au premier chef, dès le premier jour.

Pour le moment, ce sont bien les lycéen-ne-s et étudiant-e-s qui portent le mouvement. Et qui sont les premiers à morfler. La répression policière et juridique est systématisée, au rythme des provocations, des infiltrations des incantations aux “casseurs”, sur fond d’état d’urgence et de crise du capital. Peut-on pour autant parler stricto sensu de mouvement ? Les faits démontrent une réelle mobilisation aux journées de manifs nationales déposées. Les cortèges, souvent nombreux en comparaison des défilés traîne-savate où la sono se substitue au cri collectif, sont généralement composés de la frange citoyenniste la plus consciente et concernée mais aussi des “vétérans” des luttes pour les retraites et contre le CPE – dont la sociologie est comparable –; ce qu’il reste de la gauche de la gauche en passant par les opportunistes de compétition ( Front de gauche et autres “sixième républicains”, PC, MJS (!) ); les mouvances anarchisantes sont forcément de la partie ainsi que les différentes nuances de la radicalité.

 

Les Nuits debout

 

Relais des revendications des cortèges, le moins que l’on puisse dire est que, paradoxalement, ces rassemblements restent indéfinissables quant aux attentes de leurs participant-e-s. On se gardera bien de porter un jugement sur le bien-fondé ou non de cette initiative. Cependant, il est difficile de ne pas s’interroger sur la multitude de questionnements que génèrent les débat nocturnes et au-delà. Si l’opposition à la “loi travail” est voulue motrice, les déclarations, les échanges s’engagent sur l’ensemble des problèmes liés à la domination capitaliste sous toutes ses formes et sur les plans nationaux, européens, internationaux. Une réminiscence d’Indignés, en somme. Cela va de la privatisation de l’eau à l’élection dans la violence de Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville; des “Panama papers” à la possibilité pour les sourds et malentendants de communiquer par téléphone… Mais aussi le soutien aux migrants, les luttes de boîtes non médiatisées et une “commission grève générale” qui vise à une jonction avec les travailleurs et aider “ceux qui ne savent pas comment faire grève” (!) Cette commission énonce que “La grève générale est un levier nécessaire pour faire pression et prendre le pouvoir.” Mais à qui ira ce pouvoir ?

C’est là que la dimension politique est intrinsèquement une ambiguïté de ces rassemblements. D’un côté, un refus d’être catégorisé, identifié dans un positionnement net. En même temps, l’accueil enthousiaste fait à Varoufakis ou l’intervention de François Ruffin (Fakir) chez Ruquier pour conspuer Gattaz en dénote une évidente aspiration à quelque chose comme Podemos ou Syriza. Difficile de dire de quel objet politique il s’agit. Un citoyennisme d’inspiration “Occupy Wall Street”, gauchisant mais pas classiste à l’évidence. La bourgeoisie a relégué l’espace d’expression populaire aux confins du mode associatif subventionné, de la «  contre-culture » médiatiquement encadrée, de l’« opinion publique  » indéfinie. Le jeu démocratique républicain en fait la seule dépositaire de la parole politique. Les Nuits debout offrent au moins la possibilité de combler ce vide. On ne saurait pour autant se satisfaire d’un simple soulagement et l’on peut se demander si, au delà de son aspect de «  thérapie citoyenne  », cette ré-appropriation du discours débouchera sur une lutte directe en lien avec les mobilisations actives contre la loi dite El Khomri. Bref  : quelles perspectives  ?

F. Ruffin déclare vouloir “leur faire peur”. Notamment et en principe par la convergence des luttes. Et effectivement, bien qu’encore frileuse, on peut sentir la volonté de la construire au travers du rapprochement de certains zadistes et paysans de Notre dame des Landes ou de la visite d’ouvriers en lutte, par exemple.

Mais force est de constater que la peur ne s’est pas installée au PS. La première évacuation s’est produite un petit matin sans heurts avec autorisation paternaliste de revenir le soir…

 

Journées agitées

 

Non, ce qui règne au PS, c’est l’énervement, le coup de sang que provoque comme tous les tiers de siècle en moyenne, et quand la gauche est dans l’opposition la partie la moins “Génération future” homologuée. Une frange de la jeunesse qui monte au créneau contre le système d’exploitation dans lequel elle se voit déjà enfermée.

Et comme à chaque fois, même mépris des autorités sur le mode : petite manif, pédagogie en retour pour expliquer que c’est pour un bien et retour à la maison. Échec de la leçon, durcissement des positions des jeunes qui ont tout compris et mise en œuvre d’actions décidées à la base et localement : blocage de bahuts, entraves à la circulation, assemblées intempestives…

Sur le plan géographique, si la mobilisation est forte, la fiabilité dans la durée repose sur plusieurs facteurs. L’ancrage militant et réactif dans des villes comme Paris, Rennes, Nantes, Toulouse ou encore Lille, Lyon… augure d’une possibilité d’une montée en puissance de la lutte et de sa pérennité. Les pratiques et les liens entre les individus et, stratégiquement, d’organisation – il ne s’agit pas en l’occurrence d’intersyndicales de circonstance – comptent également. Ainsi la tenue d’assemblées générales décisionnaires est un atout autant qu’une garantie d’appropriation de la lutte. Autant dire que dans les villes où des AG réelles sont pour l’instant inexistantes, faute de volonté, de nombre ou simplement d’investissement d’un lieu de discussion l’hypothétique mobilisation est vouée au tape-à-l’œil et à la mort annoncée, pour ne pas dire programmée.

Il reste sans doute aussi indispensable de coordonner un mouvement d’ensemble plutôt que d’en rester à la stratégie des places fortes. L’État et ses forces de répression auront d’autant plus de mal à organiser une réponse globale qu’à “reconquérir” bastion après bastion. C’est aussi la possibilité d’une mutualisation matérielle, juridique, logistique et surtout d’une objectivation commune et de créer un rapport de force offensif plus que basiquement protestataire.

Reste la nécessaire mobilisation des salariés, première cible de la loi El Khomri… Autrement dit, que la grève générale, exclusivement limitée par l’abandon du projet, advienne. Il est de toute première instance de recourir au seul langage que comprenne la bourgeoisie : le blocage de son économie. Entraver la production, la circulation marchande et énergétique et tout négoce. Le nombre de grèves éparses et isolées du moment n’est pas négligeable ! En effet, des luttes de boîtes ou carégorielles récurrentesl s’expriment tous azimuts  : les intermittentsl du spectacle, les cheminots, les salarié-e-s de XPO logistics, les ouvriers de la Continentale de nutrition à Boulogne sur Mer, et tant d’autres… Manque l’agrégation au combat général pour en faire un mouvement. Et puis il est une évidence : le gouvernement, l’opposition, les staffs politiques et syndicaux sont en pleine capilotade et perdent tout contrôle, à commencer par celui de leurs propres institutions se résumant à de simples appareils politiquement déserts.

 

Loi travail : aléas nec mergitur

Enfin !

 

La situation dans laquelle s’est fourré le PS est intenable. Outre les bagarres dans ses propres rangs, ses tentatives de se re-concentrer sur l’électorat du centre voire un peu plus à droite où Macron souffle Valls, malgré le vague affichage d’un maintien à gauche dont personne ne veut, pour des raisons de stratégie clientéliste d’ailleurs, rien n’y fait, pas même la guignolade / thérapie de groupe «  Hé, oh, la gauche  » du 25 avril : tout fout le camp. On apprend maintenant que Gattaz poussé par les barons du Medef refuse de voter la “loi travail” hors sa version initiale, celle-là même qui a rempli les rues…

Parallèlement, la traduction classiste des Nuits debout par la conjugaison unitaire des actions des étudiants, des salariés, sans emploi, retraités, zadistes, migrants reste un scénario à écrire de la lutte en cours.

Les socialos et leurs derniers inféodés ne peuvent même plus choisir leur camp. Le PS n’a plus d’intermédiaires face aux contestataires; reste la police, recours systématique. Le PS est condamné. Et d’un !

 

Boulogne sur Mer le 26 avril 2016

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Entracte !

Le mardi 17 mai, nous avons croisé le Parti Socialiste …

C’était sur la zone industrielle le long de Liane, en marge d’un barrage filtrant contre la loi “Travaille !” Le Parti Socialiste agonisait à la place qu’occupe depuis toujours la Social-démocratie  : dans les rebuts du capitalisme…

 

Boulogne-sur-mer, le 21/05/2016.

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Depuis les dernières arrestations la solidarité avec les lycéens et étudiants inculpés s’affirme concrètement.

Depuis les dernières arrestations la solidarité avec les lycéens et étudiants inculpés s’affirme concrètement.

 

Le 10 mai, dans le cadre d’une action contre la “loi Travail” menée au terminus des bus, place de France, deux étudiants furent pris à partie par la police et placés en garde à vue.

 

Rassemblements devant le commissariat

Dès l’arrestation du premier de leurs deux camarades, les lycéens mobilisés se sont rendus devant le commissariat pour réclamer sa libération tandis que d’autres informaient la population aux alentours des faits qui venaient de se dérouler. A seize heures, une trentaine d’entre eux retourneront rue Perrochel où la police jouera d’intimidation et les filmera depuis le toit de l’hypermarché du boulevard Daunou. Certains subiront ensuite un contrôle d’identité à l’intérieur de la galerie commerciale. Le second étudiant sera arrêté, au soir, chez lui, avec la grossière invitation à se munir de son téléphone portable …

 

Intervention à la Voix du Nord

Ce ne fut pas long avant que le quotidien local relate les faits de la manière la plus caricaturale qui soit. L’article en question est un modèle du genre (1). Dans la trentaine de lignes qui le compose on y déniche nombre des éléments de langage propres à cette presse provinciale et paresseuse, en deux mots “petite bourgeoise”. Le texte est une mise en forme bâclée d’un rapport de police duquel transpire cette vision d’un monde qui se partagerait entre d’un côté les “meneurs” et de l’autre les “manipulés”, en d’autres circonstances entre “manifestants” et “casseurs”. D’ailleurs le quotidien ne fait pas mystère de la source à laquelle il puise sa matière puisqu’il livrera dans la première mouture de l’article les identités des personnes interpellées. Un “droit !”, s’empressera de justifier un journaliste auprès d’une délégation composée de lycéen-es et de travailleur-ses venue réclamer dans les locaux du journal des explications et le respect de l’anonymat. Les échanges qui s’en suivront seront virulents et la rédactrice finira par céder. Tout cela serait sans importance si cette presse régionale ne demeurait malgré les difficultés qu’elle rencontre, elle aussi, la forme d’information écrite la plus lue encore aujourd’hui. Bernard Lambert dans son ouvrage “Les paysans dans la lutte des classes” brosse avec sagacité le portrait de ces journaux régionaux qui “rapportent des nouvelles faciles, qui ne menacent aucun tabou, aucune idée reçue, aucune autorité en place. (…) Leurs rédactions doivent nécessairement entretenir les meilleures relations avec les autorités locales, ne serait-ce que pour ne pas tarir leurs sources ultérieures d’information”(2). De leur côté, des camarades du journal lillois “La Brique” ont publié un dossier intitulé “La Voix du Nord : impostures, arnaques et profits” qui met à mal le mythe du journal issu de la résistance et lève le voile sur ses pratiques (3).

 

Un comité de soutien

Le 11 mai, une trentaine de personnes : des lycéens, des étudiants, des parents, des salariés se sont réunis pour échanger sur les arrestations survenues la veille et réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour y faire face le plus collectivement possible. Une discussion nourrie s’est engagée et plusieurs pistes ont été retenues. D’abord a été rappelé la nécessité de faire circuler de l’information précise sur les conditions de la garde à vue en particulier et sur les droits des interpellés face à la police et à la justice en général (4). Les procès sont pour l’Etat un moyen de réprimer mais également de vider les poches des militants ou de leurs proches. Pour cette raison la question de la solidarité financière a été posée et des pistes ont explorées. Lors des actions de barrages du 17 mai, les lycéens ont déjà récolté des fonds auprès d’ automobilistes solidaires.

 

Devant le tribunal

Tôt le matin du 11 mai et durant toute la matinée, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir les deux étudiants qui sortaient de 48 heures de garde à vue. Nous reviendront ultérieurement sur les conditions dans lesquelles celle-ci s’est déroulée. La date du procès a été fixée au 7 juillet, d’ici là, la lute continue contre la “loi travail”, contre le capital. La solidarité est partie intégrante de cette lutte, c’est une des conditions de sa victoire, elle doit continuer à s’exprimer et à s’élargir sans restriction.

 

Boulogne-sur-mer, le 22/05/2016.

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Notes:

(1)“Boulogne : la police a interpellé un étudiant qui voulait bloquer la circulation des bus” in la Voix du Nord du 11/05/2016.

(2)“Les paysans dans la lutte des classes”. Bernard Lambert. Editions du Centre d’histoire du travail.

(3)“La Voix du Nord : impostures, arnaques et profits”, à lire ici. Un autre texte à lire sur le sujet, celui de Frederic Lépinay “La Voix du Nord, histoire secrète” dont le site Acrimed fait une présentation sur son site .

Pour rappel : l’état civil est la seule information que l’on est en droit de nous exiger lors d’un interrogatoire . Il est vivement conseillé pour sa propre défense et pour la sécurité de ses camarades de garder le silence et de ne pas signer le PV à l’issu de l’interrogatoire. A diffuser largement :

Le manuel de survie en garde à vue à consulter ici.

Guide de survie en manif et garde à vue, par le le Collectif de défense juridique rouennais ici.

 

 

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La répression contre les lycéens et les étudiants se poursuit à Boulogne-sur-mer. Plus que jamais montrons nous solidaires !

La répression contre les lycéens et les étudiants se poursuit à Boulogne-sur-mer. Plus que jamais montrons nous solidaires !

Les lycéens et étudiants qui menaient ce matin une action place de France dans le cadre de la lutte contre la loi « Travaille ! » ont été une nouvelle fois pris à parti sans ménagement par la police. L’un d’entre eux a été interpellé et emmené au commissariat. Un autre à été arrêté chez lui. Que les Hollande, Valls et consorts qui s’apprêtent à imposer par la matraque et le dictat du 49.3 les desiderata du Medef aux travailleurs ne s’imaginent surtout pas que ces derniers resteront sans rendre les coups qu’on leur assène, que ce soit, ici à Boulogne-sur-mer, ou ailleurs. Nous informerons régulièrement sur ce blog des suites qu’il impose de donner à ces événements.

Boulogne-sur-mer, le  10/05/2016.

La répression contre les lycéens et les étudiants se poursuit à Boulogne-sur-mer. Plus que jamais montrons nous solidaires !
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La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

Comptant sur le pourrissement du conflit mené contre leur loi “ Travaille !”, Valls, Gattaz et toute la clique pensaient que quelques coups de menton et un rien d’aménagement suffiraient à en terminer avant la discussion du texte par les parlementaires, lesquels d’ailleurs, d’où qu’ils viennent, ne savent pas sur quel pied danser.

A Boulogne-sur-mer, Frédéric Cuvillier sait parfaitement où il va et quels intérêts il sert. Ce premier mai, il participait aux côté des jaunes de la CFDT à une réunion durant laquelle il a défendu le projet présenté par madame el Khomri. Un projet selon lui “adapté au monde économique actuel, au travers de cette grande avancée qu’est le compte personnel d’activité” dans lequel il entrevoit la manière “de faire progresser les droits de salariés”. Il est vrai que comme nombre de ses homologues, monsieur Frederic Cuvillier a une longue expérience du monde du travail en général et de la condition de salarié en particulier …

 

Solidarité avec les Lycéen-es et étudiant-es arrêtés à Boulogne-sur-mer par la police et poursuivis par la justice.

Depuis Sivens et la mort de Rémi Fraisse, les pratiques assumées du Parti Socialiste en matière de répression des mouvements sociaux ne laissent planer aucun doute sur ce qu’on est en mesure de redouter de sa part(1). Incontestablement, le déchaînement de violence policière auquel on assiste depuis plus de deux mois partout sur le territoire, que ce soit en métropole ou comme dernièrement à Mayotte relève d’un choix stratégique qui repose sur la tension. Ce choix, politique, tente à la fois d’étouffer une contestation qui peine à trouver les conditions de son extension tout en l’entraînant sur le terrain de l’affrontement militarisé où l’Etat se sait en position de force. Un jeu dangereux qui pourrait peut-être finir par produire l’effet contraire de celui escompté …

L’action à la Société Générale

Il y a quelques semaines, les lycéens et étudiants s’étaient fait sortir par la police d’une des salles de la mairie qu’ils avaient joyeusement investi pour y tenir une réunion/discussion collective. Le vendredi 29 avril, un petit groupe de jeunes a de nouveau été pris à parti par des policiers lors d’une action qu’il menait devant la banque Société Générale directement impliquée dans l’affaire des “Panama Papers”. Sept mineurs ont été amenés au commissariat central parmi lesquels cinq d’entre eux ont été placés durant vingt heures en garde à vue. La solidarité s’est immédiatement exprimée et un rassemblement s’est tenu le soir même devant le commissariat. On a appris depuis que le procureur a engagé des poursuites pour dégradation. Lui emboîtant le pas, l’administration du lycée Cazin avait convoqué plusieurs élèves, faisant planer à leur encontre la menace de sanctions disciplinaires. Le rassemblement de plusieurs dizaines d’élèves solidaires à l’extérieur de l’enceinte et l’intervention de quelques délégués syndicaux semblent avoir ramené nos fonctionnaires à la raison.

 

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

Réponse immédiate et solidarité concrète.

Entre temps, les lycéens et étudiants se sont expliqués et ont revendiqué leur action dans un tract que nous livrons ci dessous à la lecture. La CGT, Solidaire, FO et la FSU ont à leur tour exprimé leur solidarité avec les réprimés, ce qui dans le climat actuel est bien la moindre des choses. Enfin la manifestation syndicale du 1° mai s’est terminée devant le commissariat central ou a été réclamé la levée de toutes les poursuites. Une première à Boulogne-sur-mer …

A Boulogne-sur-mer et aussi ailleurs …

Ce que subissent actuellement les lycéens boulonnais n’est évidemment pas le fruit du hasard (2). Dans le département des Hauts-de-Seine, au moins 47 lycéens ont été placés en garde à vue après leur convocation par la Sûreté Territoriale. On leur reproche leur mobilisation et les actions entreprises sur leur établissement scolaire. La même logique s’applique bien partout.

Notre solidarité se doit d’être indéfectible et le meilleur moyen d’aider concrètement les lycéens et les étudiants actuellement mobilisés est d’abord de les rejoindre et d’ engager la lutte à leur côtés. Actuellement, ils se battent, isolés, et le pouvoir le sait. Chez les travailleurs la mobilisation n’est pas à la hauteur des enjeux. Il ne tient qu’à nous de ne pas déléguer ce qui relève de notre responsabilité sur les seules épaules des plus jeunes d’entre nous.

Boulogne-sur-mer, le 2/05/2016.

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* Voilà bientôt trente ans que le refrain des Béru accompagne des rassemblements “anti-fascistes” de moins en moins pourvus en nombre de participants. De son côté, la presse bourgeoise répète a qui veut l’entendre qu’aujourd’hui la jeunesse voterait d’abord pour le front national. Outre le fait que la “jeunesse” n’existe pas, quand bien même on réduirait une partie de la population à cette catégorie, elle ne vote pas plus pour Cheminade que pour Mélanchon, dans sa grande majorité, elle ne vote tout simplement pas … Et quand bien même ! Sur le marché en crise de la représentation politique bourgeoise, le fond politique du parti de Cambadelis ne diffère en rien de celui du pas de porte de la famille Lepen. Historiquement, ils partagent tous deux une même haine de la classe ouvrière et font montre de la même servilité à l’égard du capital. Ni les uns ni les autres ne font mystère de leur xénophobie et partagent de longue date le goût pour les méthodes de barbouzes et la brutalité, qu’elle soit policière, militaire ou le fait de services d’ordre privés …

Notes :

(1)Pour une piqûre de rappel au sujet de la Social-démocratie, de sa fonction et de son rôle, lire l’édito du numéro de la Mouette Enragée actuellement en kiosque.

(2) Stop à la répression contre les lycéens dans les Hauts-de-Seine :      https://www.versailles.snes.edu/spip.php?article3848

La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !*

Hé ho les gens !

Suite aux révélations des affaires “Panama Papers” et “Luxleaks” ainsi que dans la continuité des mouvements sociaux en opposition à la “Loi travail”, les jeunes en lutte du Boulonnais souhaiteraient s’expliquer sur les “événements” survenus le vendredi 29 avril 2016 à la Société Générale où des oeufs et de la farine ont été lancés sur la devanture. Cette action pacifique et politique montre que nous aussi, entendons bien recevoir “notre part du gâteau”. Les affaires “Panama Papers” et “Luxleaks” nous montrent une fois de plus que les multinationales pratiquent sciemment l’évasion fiscale, le tout avec l’accord des gouvernements européens au détriment de l’intérêt général.

Ces événements ne sont pas comme nous avons pu l’entendre “des bêtises de jeunesse”. Il s’agit d’actes qui s’inscrivent dans un mouvement de lutte global et suivi partout en France qui visent à dénoncer les principaux responsables de l’actuelle “crise”.

S’il ne s’agit que de “bêtises de gamins”, pourquoi les arrestations et la répression sont-elles si violentes ?

En effet, les forces de police ont procédé à l’arrestation arbitraire et aléatoire de 5 mineurs qui n’ont même pas été clairement identifiés comme responsables/partie-prenante de ces actions. De plus, il s’agit ici d’actes collectifs, décidés démocratiquement en assemblée générale. En réponse à une jeunesse en colère face aux inégalités, les forces de police ont placé des mineurs en garde à vue près de 24 heures alors que les responsables de l’évasion fiscale restent libres et que leur vol est évalué à des milliards d’euros. Nous attirons aussi l’attention sur le fait que ces mineurs sont vos enfants, vos nièces, les enfants de vos proches, les amis de vos enfants, vos élèves, vos apprentis, vos stagiaires …

La stratégie de l’Etat est ainsi claire : la peur et l’intimidation sont les moyens de casser notre mouvement, à une échelle locale aussi bien que nationale. Le tout étant relayé largement par les médias traditionnels, nous réduisant ainsi à de simples casseurs. Les casseurs sont les flics qui matraquent les jeunes, dispersent les assemblées “Nuit debout”, terrorisent les protestations syndicales à Lille, les salariés d’Air France et de Goodyear, criminalisent toutes les revendications et font régner l’ordre d’Etat d’Urgence permanent.

En conséquence, Nous, jeunes de Boulogne-sur-mer, sommes déterminés face à la répression et appelons à amplifier la mobilisation.

Jeunes en Lutte/Section du boulonnais.

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