Une page se tourne …

Nous publions ci-dessous le tract que nous distribuerons à la manifestation du 9 octobre 2018 à Boulogne-sur-mer, en lien avec l’appel lancé par plusieurs syndicats à une grève interprofessionnelle de 24 heures. 

 

Une page se tourne …

Les défaites accumulées ces dernières années devraient nous conduire à nous interroger, si ce n’est à réagir … 

Que ce soit sur les régimes de retraites ou contre la Loi Travail, face aux ordonnances Macron ou dernièrement à la SNCF, la répétition jusqu’à épuisement de stratégies perdantes signent définitivement la fin d’une période. Le cycle entamé en 1995, pour la défense des “acquis” et des “services publics”, avec pour arrière fond une idéologie citoyenniste, catégorielle et inter-classiste a vécu. La récente défaite des cheminots en a ratifié l’acte de décès. 

Malgré cela, nous voilà réunis, une fois encore, pour une de ces journées sans perspective autre qu’un simulacre de contestation que l’Etat et les patrons ne feignent même plus de prendre au sérieux. 

Loin de nous la velléité de trouver des coupables. Certains pointeront du doigt la responsabilité des bureaucraties syndicales. Il est vrai, qu’elles se montrent plus préoccupées de retrouver grâce aux yeux de l’Etat qui désormais les dédaigne, que d’appuyer les luttes en cours. A fortiori à la veille d’élections professionnelles où elle espèrent chacune dans leur coin gratter quelques places. Mais ce serait trop simple. D’autres dénoncent la résignation et le repli sur soi, l’individualisme des travailleurs et la dépolitisation ambiante … Certes, chaque jour au boulot, ou à Pôle Emploi, nous sommes confrontés à des attitudes et des réactions de collègues qui ne nous portent pas à espérer grand-chose de la période. Et pourtant ! Ce serait sous-estimer la profonde exaspération qui transpire partout dans les boîtes et dans la société en général. 

Dans tous les secteurs d’activité, plusieurs décennies de restructurations ininterrompues ont modifié en profondeur le processus de production. Les nouvelles formes d’exploitation de la force de travail, toujours plus violentes et encadrées par un management criminel nous ont progressivement isolé les uns des autres, brisant nos solidarités. 

Malgré cela, de nombreuses luttes se mènent et bien souvent dans les secteurs où on les attendait le moins : dans la livraison ou le commerce, dans le nettoyage ou les Ehpad … Il n’y a donc pas à désespérer mais à élaborer les nouveaux outils de la période. Des outils au service, non pas de tel ou tel intérêt corporatiste, mais de la classe à laquelle nous appartenons.

Tout est à refaire et il n’y a pas de temps à perdre !

 

Boulogne-sur-mer le 08/10/2018

 

 

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