Nouveau procès à l’encontre de militant-es solidaires des sans papiers de Calais : résumé d’une journée tristement banale au TGI de Boulogne-sur-mer.

Nouveau procès à l’encontre de militant-es solidaires des sans papiers de Calais : résumé d’une journée tristement banale au TGI de Boulogne-sur-mer.

 

Voici un résumé factuel fait par un camarade présent au tribunal lors de l’audience des militants No Borders le 5 septembre 2012.

 

 

PA290149.jpg

 

Deux procès nous concernent: un avec 5 inculpés contre les PAFeux pour rébellion (et outrage pour le copain Egyptien), l’autre avec une inculpée contre les CRS pour outrage et rébelion.

Un beau cortège est là pour nous accueillir, une bonne quinzaine de policiers sont présents pour la sécurité du tribunal. Les gardiens du tribunal ont bien été briefés et sont très antipathiques dès notre arrivée.

A noter aussi que deux journalistes sont présent, l’habituelle râleuse de Nord Littoral, qui n’a jamais caché sa proximité avec les agents de la PAF! Le second est un pigiste de la voix du nord, qui est tout simplement un ancien agent de la PAF ! On peut donc s’attendre a de très bon articles dans ces deux torchons qui n’ont plus grand chose a prouver a ce niveau là…

 

On peut aussi féliciter la toute jeune procureure qui aujourd’hui faisait son premier jour au sain du tribunal de Boulogne et son premier jour tout court en tant que procureur! 25 ans à tout casser, tout juste sortie de l’école pour protéger les flics, donner un cour de citoyenneté à l’audience, décider de notre vie et surtout essayer de faire condamner nos ami(e)s! Chapeau bas mademoiselle… N’est pas procureur n’importe qui!

 

Sur le procès contre les PAFeux, comme d’habitude il s’agit de Gaël Bertaux, Christophe Dahm et Nadjet Mat Mat! Je ne les présente plus… Cependant seul Bertaux et Dahm sont sur le banc des plaignants car Mat mat ne désire pas se porter partie civile et donc toucher des indemnités en cas de condamnation des copains. Elle reste sagement au fond de la salle pour soutenir ses petits camarades! La solidarité policière est irréprochable…

 

Bien évidemment la version de nos amis et la versions des policiers sont complètement différentes. Les policiers reconnaissent cependant que Jamal pissait le sang dans le camion, qu’ils ont été obligés de maintenir sa tête pour éviter que le sang ne coule partout et surtout sur leurs beaux uniformes. L’un des deux policiers va même jusqu’à accuser jamal de se mordre la lèvre pour pisser encore plus le sang… Il déclareront par la suite que vu les circonstances, ils considèrent tout deux que leurs interventions ont été faites dans les règles et surtout de manière très propre!

 

Une fois de plus, globalement les déclarations des policiers ne tiennent pas! L’un dit avoir reçu une bouteille d’eau a un endroit, alors que dans leurs dépositions ils l’avaient reçu ailleurs… Ils déclarent avoir reçu de nombreux coups, mais aucune trâces (ou très faibles) ne sont constaté ensuite par le médecin! Une série de déclarations qui sentent le mensonge à plein nez

 

Notre camarade questionnée sur le déroulement des faits parlera beaucoup et expliquera la situation tel qu’elle l’a vécue de manière très détaillée, au point que l’avocat des parties civiles se trouve un peu dérangé par cette intervention et demande qu’on arrête de la faire parler. Pendant ce temps la Miss bertaux et Dahm, avec leur naturel manque de respect, chuchotent, et s’agitent sur leurs banc afin peut être de se rassurer et de montrer leurs désaccord avec notre amie (ce dont on ne doute absolument pas d’ailleurs).

 

Marie Hélène Calonne, notre avocate, met en lumière, dans un discours beaucoup plus politique qu’à son habitude, de nombreuses autres évidences et irrégularités du dossier.

 

Malgré cela, notre toute fraîche procureure décide de demander 6 mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus. Elle ajoute ainsi qu’avec cette « épée de Damoclès sur la tête il ne recommenceront pas ». L’avocat des flics demande quant-à-lui des dommages et intérêts qu’il laisse à la cour le plaisir d’évaluer.

 

L’audience est levée, tout le monde sort, les policiers venus surveiller les méchants casseurs finissent leur service avec les remerciements du procureur général, Jean Philippe Joubert.

 

Le second procès débute une heure après. Notre copine suédoise n’étant pas sur place, il s’agit donc d’un procès avocat contre avocat. Accompagné du fils d’une copine (un jeune de moins de 12 ans), je décide d’aller quand même assister à l’audience. Le policier chargé de la porte de la salle d’audience semble surpris de me voir rentrer et me demande la raison de mon retour. je lui explique que je viens pour le procès d’une copine NoBorder. Il m’explique que le procès est passé, je lui répond que je viens pour le second! Et là, c’est la panique, il se retrouve alors seul policier (ces camarades sont rentrés chez eux) face à deux dangereux NoBorder, un de 12 ans et l’autre connu pour son agressivité… Il demande alors à l’huissier si d’autres forces de police sont prévues ou vont arriver! Que nenni! Marie Hélène Calonne suit la scène de loin et arrive, me demande ce qu’il se passe (entre temps nous nous sommes gentiment assis sur un banc) et là, le policier réitère sa question « y-a-t-il d’autres forces de police qui vont arriver »! MHC lui répond calmement et avec un petit sourire que non et que nous sommes là tout les deux pour tout casser dans le tribunal! Le policier se sent con et reconnaît difficilement qu’on ne représente aucun danger pour lui. Nous verrons malgré tout arriver deux policiers à vélo, probablement appelés en urgence face à ces dangereux terroristes.

 

Cette petite anecdote passée, on en vient au second procès! On reproche évidemment à la copine de pas être présente au tribunal pour s’expliquer; mais d’un autre coté, les CRS ne sont pas la non plus. Les versions des CRS accusent la copine de s’être jetée sur les policier et de les avoir insultés dans une crise d’hystérie! Une fois encore les deux versions ne coïncident pas : on se retrouve donc encore sur un cas de parole contre parole.

 

La toujours fraîche procureure demande pour ce cas-ci une peine de 3-4 mois de sursis. Les parties civiles demandent de lourde somme de dédommagement, autour me semble-t-il de 400-500€ pour chacun des trois agents! De quoi bien commencer l’année…

 

Pour ces deux procès, le délibéré sera rendu le 17 octobre!

Publié dans Répression sociale et politique | Commentaires fermés sur Nouveau procès à l’encontre de militant-es solidaires des sans papiers de Calais : résumé d’une journée tristement banale au TGI de Boulogne-sur-mer.

Actualisation VII. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Actualisation VII. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

 

La grève des mineurs repart de la base et se propage du León aux Asturies alors que les syndicats UGT et CCOO l’ont arrêté sans n’avoir rien obtenu après 65 jours de lutte.

La grève des mineurs espagnols a pris fin le 3 août dernier après 65 jours de combat. Au final le gouvernement espagnol n’aura cédé en rien sur ses coupes budgétaires mais les mineurs et leurs familles étaient épuisés financièrement et au bout de leur possibilité. Et pourtant, le rapport de force n’a jamais été favorable au gouvernement et à ses forces de répression. Les mineurs ont utilisé tous les moyens pour faire plier le ministre de l’industrie : blocage de routes, autoroutes et voies ferrées, enfermement dans les puits, manifestations, la Marche Noire etc… Tout cela avec des syndicats à la ramasse, se contentant de suivre le mouvement. Toutes ces actions ont été marquées par une forte solidarité de la population, d’abord celle des bassins miniers mais aussi dans toutes les villes et villages traversés par les Marches noires avec comme démonstration de cette solidarité l’immense manifestation madrilène du 11 juillet.

femmesenlutte.jpg

Mais voilà, la solidarité n’est pas allé assez loin et d’autres secteurs ne sont pas mis en lutte avec les mineurs provoquant leur épuisement. Les syndicats majoritaires n’ont guère aidé à la poursuite du mouvement, bien au contraire, tous préoccupés qu’ils sont par leur représentativité dans ce secteur, en témoigne les luttes entre UGT, CCOO et USO. La solidarité financière a été défaillante : l’USO n’aidant que ses adhérents, les autres syndicats ayant recours à un organisme de crédit à qui les travailleurs devront rembourser leurs jours de grève !

 

Malgré tout, cette grève a été marquante en Espagne et en Europe et son fiasco n’est à l’évidence pas digéré par les travailleurs qui ont mené une lutte particulièrement dure pendant plus de deux mois. Le conflit vient de resurgir dans des mines, des sous-traitants et des secteurs auxiliaires dès le 23 août. Piquets de grève, blocages… sont donc de retour. UGT et CCOO, absents et surpris par la détermination des grévistes ont d’abord minimisé l’ampleur d’un mouvement de grève et d’action qui ne fait que se développer, de s’organiser et de se solidariser de bassin à bassin.

femmesenlutte2.jpg

Il faut insister sur la participation primordiale des femmes et familles de mineurs qui assurent actions, logistique, relais avec et par le tissu associatif et des centres sociaux entre autres. La (ré)pression, au travers de licenciements de grévistes s’accentue ; c’est un vrai combat qui s’engage.

 

Pour en savoir plus : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1207

 

Nous reviendrons plus longuement sur les tenants et aboutissants de cette lutte dans le

numéro à venir de La Mouette Enragée.

Le 09/09/2012

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation VII. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Actualisation VI. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Actualisation VI. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

 

Du 26 au 28 juillet 2012.

 

Actions des femmes de mineurs et  blocages de routes tandis  l’Etat réaffirme vouloir  imposer son plan.

 

Jeudi 26 juillet : lors d’une conférence de presse, Sorria, le ministre de l’industrie a déclaré que le gouvernement adoptera unilatéralement le nouveau plan charbon si les syndicats  refusaient de négocier.  Il en a profité pour rappeler que l’actuel plan de fermeture des mines a été adopté par le précédent gouvernement avec l’accord de l’Union européenne. Il accuse les entreprises de manipuler la grève pour profiter à plein des subventions. Il a rappelé quelques chiffres : 5,5 milliards d’euros d’aides directes ont été versées aux entreprises depuis 1990; le montant total des subventions représente quelques 24 milliards d’euros depuis 21 ans. Sorria cible en particulier le Groupe Vitorino Alonso qui aurait reçu depuis cette période 2,11 milliards d’euros au titre des aides. Par ailleurs, il ajoute qu’à une époque où les subventions doivent aller en priorité aux énergies renouvelables, il ne voit pas pourquoi on subventionnerait une énergie très polluante, à forte émission de CO2 et responsable de pluies acides.

 

Une vingtaine de femmes de mineurs ont bloqué l’entrée principale du port del Musel à Gijon où se trouve le stock de charbon importé de Colombie par Goldman Sachs (156300 tonnes). Le charbon a trouvé preneur puisque l’entreprise de production énergétique HC energia les a achetés.

 

Vendredi 27 juillet  : l ‘aide financière s’organise d’une manière assez particulière du côté des syndicats. En effet, l’UGT et CCOO ont négocié avec Caja Espana un organisme financier (Caja Madrid fait partie de l’entité appelée Bankia, celle-là même qui a été « nationalisée » récemment et que l’Etat – via l’UE – va renflouer encore un peu plus). Celui ci avance un mois de paye aux mineurs avec comme garants les deux syndicats majoritaires; les mineurs rembourseront plus tard sans intérêt. Ceux qui possède une hypothèque auprès de cet organisme la paieront plus tard. De son côté le syndicat USO a débloqué 600 000 euros de sa CRS (caisse de résistance et solidarité) pour payer les jours de grève de ses syndiqués : ceux-ci n’auront rien à rembourser. De son côté le Spanish Miner’s Solidarity Committee annonce le versement de 10 000 livres sterling par l’intermédiaire des syndicats CCOO et UGT. 5 000 livres viennent de la NUM et de la Durham’s miners association, le reste de dons apportés par des particuliers.

 

Sur le terrain, en plus de l’action des femmes sur le port, les mineurs enfermés au fond des puits asturiens qui ont pris le relais des sortants il y a une semaine continuent la lutte. Les autoroutes sont régulièrement bloquées, on signale que la ville de CInera a été envahie par les GRS (les CRS locaux). Seuls cinq mineurs qui étaient enfermés dans les salons de la Mairie de CAngas del Narcea ont arrêté leur occupation après être restés enfermés 39 jours dans ce bâtiment.

 

313921_10151072953928257_746689398_n.jpg

 

 

La solidarité internationale.

 

Des militants anarchistes israéliens et des travailleuses et travailleurs du Bangladesh

ont apporté leur soutien à la lutte que mènent actuellement les mineurs en Espagne.

 

    http://unityispa.wordpress.com/2012/07/25/היום-ליד-שגרירות-ספרד-בתל-אביב/

 

soutien-au-bangladesh.jpg

Traduction la Mouette Enragée.

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation VI. Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Urgent : Solidarité financière indépendante avec la lutte des mineurs

Alors que la grève illimitée des mineurs se poursuit depuis deux mois, les mineurs et leurs familles se trouvent dans des situations dramatiques. Les numéros de comptes bancaires qui ont circulé sur Internet sont ceux des syndicats (UGT et CCOO) mais il n’y a aucun contrôle ou transparence quant à leur utilisation : cet argent serait utilisé surtout pour financer les frais ‟purement syndicaux” de la lutte (marche des mineurs sur Madrid…), tandis que de nombreux grévistes déclarent ne rien avoir reçu et en être de leur poche, y compris pour les frais occasionnés par le combat quotidien (achat de petits matériels de défense, de protection et d’attaque, déplacements…), sans parler de la survie au jour le jour.

Le FUSOA (Fondo Unitario de Solidaridad Obrera de Asturias), caisse de solidarité ouvrière indépendante des syndicats et des partis politiques, se charge de recueillir des fonds et de les répartir directement auprès de tous les grévistes, syndiqués ou non, en se rendant dans les puits et les lieux de concentration des mineurs en lutte.

L’appel qui suit a été diffusé dans la Communauté Autonome de Madrid. Mais il nous a semblé judicieux de le faire circuler bien au-delà, la solidarité de classe est censée ne pas connaître de frontières.

 

Recueil de soutien financier pour la lutte des mineurs

Dans une période où les coupes sociales et les attaques contre les emplois, les salaires, les droits basiques du travail deviennent habituelles et quotidiennes sans que les travailleurs et les travailleuses ne s’y opposent avec des mobilisations conséquentes, la lutte menée par les mineurs est remarquable non seulement par sa radicalité et ses confrontations avec les forces de répression, mais aussi par la constance et la continuité de la lutte, en particulier dans les bassins du nord, dans les Asturies et le Léon.

La Caja Obrera de Resistencia de Madrid (Caisse Ouvrière de Résistance de Madrid) a soutenu financièrement cette lutte à plusieurs reprises, jusqu’où cela a été possible, laissant à zéro le solde du compte alimenté par les affiliés actifs. Toutes les aides que nous avons apportées ont été pour le FUSOA (Fonds Unitaire de Solidarité Ouvrière des Asturies), caisse de résistance asturienne avec laquelle nous partageons une présence dans la coordination des Caisses de Résistance et des Comités de Solidarité.

C’est pourquoi avec ce communiqué nous commençons une collecte de fonds parmi les travailleurs et les travailleuses les plus conscients de Madrid. Nous ne demandons pas l’aumône pour les pauvres, nous sollicitons la solidarité financière pour ceux qui luttent, pour qu’ils continuent à se battre et qu’ils puissent lutter contre la répression qui se prépare dans les cabinets ministériels contre tous ceux qui ont été identifiés et arrêtés lors des journées de lutte.

Alors maintenant, tu as la possibilité de participer à la lutte des mineurs en contribuant financièrement, selon tes possibilités. La Caisse Ouvrière de Résistance est une caisse stable qui recueille de façon permanente les contributions de ses membres actifs et qui décide en assemblée sur ses aides et ses collectes, tout en étant ouverte à tous les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur idéologie et de l’organisation syndicale à laquelle ils appartiennent.

 

Comment faire des contributions à la Caisse Ouvrière de Résistance ?

Toujours de la main à la main, ou directement aux compañeros et compañeras actifs de la Caisse, ou bien aux organisations syndicales qui collaborent à cette Caisse et nous le feront parvenir

(Solidaridad Obrera, Plateforme syndicale de EMT, le Syndicat Assembléaire de la Santé, etc.). Si aucune de ces manières n’est possible, tu peux te mettre en contact avec la Caisse à travers l’adresse de la boîte postale suivante : Apartado de Correos 40155 (28080 Madrid) ou en envoyant un courriel à cette adresse électronique : cajaresistencia [at] gmail.com et nous entrerons en contact personnellement avec toi pour recueillir ton aide financière.

Madrid, juillet 2012

Source : http://www.solidaridadobrera.org/cajaobrera/

 

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Du 19 au 24 juillet 2012

 

La dissension entre appareils syndicaux se confirme, l’enfumage de l’Etat se poursuit; de leur côté, les mineurs continuent leurs actions sur le terrain.

Le 19 juillet, à San Roman des Bembibre, les mineurs ont bloqué une autoroute et des voies ferrées. Il y a eu trois arrestations à la suite de frictions avec la police.

Toujours depuis le 19 juillet, trois mineurs Asturiens des CCOO-HUNOSA campent devant le ministère de l’indutrie et quatre des CCOO de Léon et Aragon campent également devant le musée du Prado. Ces campements se nomment “Assemblées permanentes”.

Les barrages de routes se poursuivent mais la stratégie est différentes. Dorénavant les mineurs procèdent aux actions et blocages de nuit afin d’éviter que les hélicoptères de la police ne les repèrent. Les flics eux entrent donc dans les villes la nuit, coupent les lumières, brouillent les communications portables et arrêtent tout ce qui bouge : passants, automobilistes, etc…

Les dissensions à la tête des appareils syndicaux se confirment: le SOMA-FITAG-UGT souhaite abandonner la stratégie de blocage des routes. Le SOMA a ainsi organisé le 20 juillet une marche au départ des puits de mine en direction d’Oviedo, capitale provinciale des Asturies. Entre temps l’USO, syndicat qui possède statutairement une caisse de résistance et de solidarité a versé 30.000 € aux mineurs de Cangas del Narcea. Notons qu’à l’issue de la manifestation du 11 juillet, le ministère de l’industrie a reçu l’USO en audience; audience à laquelle CCOO et UGT ont refusé de se rendre. L’USO se positionne clairement comme le syndicat qui veut négocier et pense gagner grâce à la négociation sans importuner la population avec des coupures de routes.Une réunion était prévue le 20 juillet entre les mairies des bassins miniers (assoc Acom) et un représentant du ministère de l’industrie. Les municipalités ont réclamé la mise en circulation des 111 millions d’ euros prévus pour l’aide à la production de charbon afin de donner un ballon d’oxygène aux entreprises. Le gouvernement a répondu qu’il ne donnera pas un centime tant qu’il y aura la grève et les blocages de routes.

 

L’enfumage de l’Etat

Le 21 juillet, après 8 h de négociations, les représentants des salariés et ceux des entreprises auraient produit un document qui permettrait de débloquer les 111 millions en question. Ce document de 14 pages serait un accord entre la Carbunion, le FITAG-UGT et les CCOO afin de mettre un terme au conflit grâce à des possibilités de maintient de l’emploi dans les mines jusqu’en … 2012 (sic) !

L’activité des mines serait quant à elle maintenue jusqu’en 2018 grâce à l’étalement des coupes au taux initialement prévu de 63 %.

 

Dissensions et machinations à la tête des appareils syndicaux

Le mardi 24 juillet : l’USO a donné une conférence de presse accusant les CCOO et le SOMA-FITAG-UGT de prolonger volontairement le conflit pour défendre leurs intérêts syndicaux et les entreprises minières de Vitorino Alonso qualifié de mafieux durant la conférence. L’USO accuse les deux syndicats majoritaires d’avoir refusé un accord avec le ministère de l’ industrie car une partie des aides qui auraient été transférées pour permettre le recouvrement des salaires des ouvriers étaient destinées à l’origine à financer SOMA et CCOO par l’intermédiaire des plans de formation ainsi que le paiement de frais de fonctionnement incluant le salaire de certains secrétaires de ces syndicats. L’USO plaide pour un retour au travail, garantissant que la viabilité du secteur est assurée si on transfère une partie des fonds destinés à la ré-industrialisation vers les entreprises minières pour l’aide à la production, ce qui est en fait la position du gouvernement. Précisons que l’USO n’a pas quitté une seule fois la table de la négociation depuis fin juin et le lancement de la Marche Noire.

Le SOMA répond en demandant au secrétaire de l’USO de se rétracter publiquement sinon ils intenteront des actions en justice. Par ailleurs le SOMA rappelle que l’USO a lui aussi reçu des subventions ainsi que des fonds pour la formation des mineurs et leur famille. Le SOMA rappelle qu’il y a probablement des milliers de “fils de mineurs USO” qui ont bénéficié de ces plans de formation…

Pour compliquer la situation, le secrétaire général des USO Asturies se désolidarise de sa direction nationale quand elle parle des transferts de subventions pour permettre la reprise du travail par contre il rejoint les critiques sur le détournement des subventions de formation pour le financement des syndicats.

 

Pendant ce temps sur le terrain

Les actions continuent. Les mineurs empêchent depuis le 23 juillet l’approvisionnement de la centrale thermique de Compostilla. Ils ont bloqué des camions chargés de charbon d’importation qui venaient alimenter la centrale. Pendant ce temps, Goldman Sachs accumule dans le port d’El Musel, dans les Asturies, des tonnes de charbon d’importation en attendant que les prix montent.

Mercredi 25 : Le ministère a rejeté le plan commun proposé par les syndicats majoritaire/Carbunion Pour le ministère il est peu clair et inutile. Le gouvernement recherche uniquement le moyen de ne pas fermer des entreprises et perdre des emplois dès cette année. Par contre, les coupes auront bien lieu. Il réfléchit à un plan charbon 2013-2018 tout en assurant que le modèle actuel de négociation est mort, autrement dit, le plan se fera sans les syndicats. Pendant ce temps, le blocage de la centrale thermique continue. Les mineurs bloquent toujours des autoroutes en ASturies et les mineurs enfermés dans les puits du Léon viennent d’atteindre leur 50 è me jour passé sous terre.

 

Traduction la Mouette Enragée. Le 25/07/12

 

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation IV – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation IV – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Dissensions à la tête des appareils syndicaux, la base maintient l’unité, les actions se poursuivent, la répression également.

 

La fédération de l’industrie des CCOO semble prendre de la distance avec le SOMA-FIAG-UGT. Dans son communiqué de presse, le SOMA demandait à ce que les actions dans les bassins miniers se normalisent, elles doivent dorénavant se mener pacifiquement avec un calendrier qui sera fourni plus tard. Il faut donc comprendre que si l’UGT est encore présente sur les barrages, c’est uniquement parce qu’à la base les mineurs continuent d’y participer, sinon cela ferait longtemps que l’UGT aurait demandait à ses sections des mines de plier bagage…

Les CCOO annoncent pour leur part que tant qu’il n’y aura pas de solution, les barrages routiers se poursuivront sous la même forme que jusqu’à présent. Et c’est ce qu’il se passe : barrages sur les autoroutes à l’aide de pneus enflammés. Des manifestations avec une forte répression se poursuivent dans les villes et village miniers, entre autres à San Roman de Bembibre. Hier, mercredi 18 juillet à Oviedo, capitale des Asturies, des mineurs ont bloqué le centre ville, ils portaient les bannières des CCOO uniquement. De part les témoignages de mineurs participant aux assemblées générales quotidiennes, on sait qu’ils veulent continuer la grève quel que soit l’avis des syndicats. Depuis la “Marche Noire”, des voix se font entendre sur le rôle joué par les deux syndicats : ils ont été indispensables car sans l’organisation de la marche n’aurait pas été possible, ils ont su assurer la logistique, les logements, la bouffe… cependant, des mineurs quoique syndiqués ne comprennent pas le fait qu’il y ait eu deux T shirts  : un noir et un vert en fonction du syndicat. Ils auraient préféré un seul et unique T-shirt. Pour eux c’est le symbole de la désunion qui apparaît.

Du côté des CCOO on demande encore l’ouverture de négociations, or, pour l’instant, le gouvernement ne donne pas signe de vie après avoir semblé assouplir sa position. Ce mercredi 18 juillet, des femmes de mineurs ont de nouveau manifesté dans le Congrès avec une explosion de colère lorsque, entre autre, un député du Parti Populaire au pouvoir a parlé des “avantages des mineurs” !

 

Quelle lecture faire de la situation après 53 jours de grève ?

Le SOAM semble vouloir, si ce n’est mettre un terme au mouvement, du moins dans un premier temps le museler en contrôlant les modalités de l’action. Il se confronte pour le moment à la détermination des mineurs qui poursuivent sans tenir compte de ses déclarations, la mobilisation dans mêmes formes depuis le début. Les CCOO, pour leur part, jouent la carte du soutien aux mineurs mais avec quelles intentions ? Est-ce pour une question de majorité dans le groupe public HUNOSA dominé par l’UGT comme dans les grosses boites privées dominées par l’USO (comme celle qui a fait quiproquo, reprise du travail, pas reprise…l’ USO voulait reprendre, pas les mineurs et donc pas … les CCOO.

A suivre

Traduction La Mouette Enragée. Le 19/07/12

 

Nous reproduisons ce texte du secrétaire général de la section syndicale des CCOO à la Hunosa car il dénonce assez bien tout l’opportunisme que déploie actuellement le Parti Socialiste Espagnol autour du mouvement des mineurs. Hier au pouvoir, le PSOE travaillait à liquider le secteur des mines quand aujourd’hui dans l’opposition il ne recule devant aucune hypocrisie pour continuer à exister après la raclée électorale qu’il a essuyé.

 

L’éthique minière à Madrid

Lettre au PSOE et au PP écrite par Jaime Martínez Caliero secrétaire général de la section syndicale CCOO à la HUNOSA

Il y a deux ans, des milliers d’habitants des bassins miniers avaient déjà manifesté à Madrid pour la défense du secteur du charbon. C’était le 9 décembre 2010 et la fédération de l’industrie des CCOO avait convoqué au niveau national une grève en solidarité, contre la décision 787 qui mettait fin aux mines de charbon en 2018. A cette date, le président du gouvernement était José Luiz Rodriguez Zapatero et le ministre de l’industrie monsieur Sébastian.

Le commissaire à compétence européenne était Joaquim Almunia, commissaire nommé par le PSOE et à cette époque il détenait la charge de commissaire à l’économie et aux finances. Il était chargé de participer à la signature de l’accord sur la fermeture des mines espagnoles en décembre 2018, et c’est cela qu’ils nous ont vendu comme un succès, grâce à eux, la fermeture des mines ne se produirait pas en 2014.

Pendant la manifestation de ce jour de décembre 2010, nous n’avons vu personne parmi ces messieurs qui maintenant se remplissent la bouche pour défendre un secteur que les mêmes poussèrent à la fermeture. Comme changent les choses et les opinons de certains en si peu de temps  !  On peut dire que cela est du à la fragilité de la mémoire de ces personnes et que par là-même, ils ne se souviennent pas que le PSOE a signé la sentence de mort pour les mines de charbon et qu’actuellement le PP ne fait qu’exécuter cette signature dans une forme brutale.

Je dis ceci et si je me limite à la marche nocturne du 10 juillet 2012 et à la manifestation de Madrid le jour suivant, je dois souligner qu’il est nécessaire de fortement remercier le soutien de toute la population de Madrid, en mettant l’accent sur le corps des pompiers de Madrid. Merci à tous pour votre soutien.

Tous sont les bienvenus pour manifester à Madrid ou ailleurs. Il est indispensable que les personnes sortent dans la rue, les chômeurs, les fonctionnaires et bien sûr tous ceux qui subissent les coupes de ce gouvernement qui ne se rend pas à la raison mais seulement à ses propres intérêts et à ceux du secteur bancaire.

Ici je ne peux dire cependant que tout se vaut, au moins pour moi. Nous avons vu le soutien de différentes personnes , destituées de leur poste, qui est de trop…

1) M. José Manuel Alonso, actuel député national et ancien ministre de l’intérieur et porte parole du gouvernement socialiste, a tenté (je ne sais s’il a réussi) d’entrer dans la cité universitaire accompagné de son escorte et de fièrement se montrer, je suppose pour montrer son soutien au secteur de la mine. Où était ce monsieur le 9 décembre 2010  ? Le problème est le même mais avant il ne l’intéressait pas et maintenant oui  ?

2) 
Monsieur D. Antonio Trevín, à ces dates délégué du gouvernement socialiste dans les Asturies et actuellement député national du PSOE ne faisait pas entendre sa voix en faveur du charbon comme il le fait actuellement. Pourquoi ne nous accompagnait-il pas le 9 décembre  2010 ? Serait-ce car à l’époque cela ne l’intéressait pas et que maintenant oui  ?

3) 
Je pourrai continuer à citer des noms, mais pour résumer, j’en appelle à tant et tant de maires de villes minières. Pourquoi maintenant oui et avant non  ?

4) 
Je regrette, à la manifestation, monsieur Joaquin Almunia mais je ne peux écarter sa présence, car il apparaît que pour certains «  tout se vaut  »  est leur devise.

5) Pour ma modeste opinion, il est préférable d’être seul qu’accompagné d’hypocrites…

6) Il me plairait que l’actuel ministre de l’industrie José Manuel Soria, cesse de tenter de manipuler l’opinion publique de ce pays, mentant sur le problème des mines de charbon et qu’il se consacre à chercher des solutions et bien sûr, à respecter le Plan Général pour la Mine 2006-2012 car selon ses propres mots le gouvernement actuel dit soutenir le secteur mais ses actions prouvent tout le contraire.

7) 
Aussi, il serait désirable que les parlementaires Asturiens du Parti Populaire cessent une bonne fois pour toute d’être les marionnettes du gouvernement central et défendent leur programme électoral.

8) 
Pour finir, il me revient en mémoire les paroles d’une chanson appelée Insurrection  :

Où étiez-vous tous lorsque nous avions tant besoin de vous  ?”

 Mercredi 18 juillet 2012

 

Clich--2012-07-19-12-20-24.jpg

           Affrontements dans la nuit de cette semaine  entre Mineurs et antidisturbios de la Guardia Civil dans la localité de Bembibre 

voir video

 

Clich--2012-07-19-11-15-12.jpg

 

La solidarité financière avec les mineurs en lutte

A notre connaissance les organisation mentionnées ci-dessous collectent des fonds actuellement :

Directement en Espagne : compte commun (CCOO-UGT) Cuenta solidaria para la defensa de la minería y de las comarcas mineras Caja de ESPANA :

Iban ES37 2096-0000-85-3472463104 BIC CSPAES2L

Le SMSC  : Spanish Miner’s Solidarity Committee à contacter sur le lien suivant : http://smscuk.blogspot.co.uk/

L’Union Locale CGT du bruaysis, maison des associations, 403, rue Roger Salengro 62700 Bruay-La-Bruissière. Chèques libellés à l’ordre de « Front Solidaire ». Inscrire au dos du chèque « Solidarité aux mineurs espagnols ».

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation IV – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation III- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation III- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Ce week-end des infos parvenaient de tous les sites, qu’un des lieux de la grève allait reprendre le travail. Les 450 travailleurs de Hullera Vasco Leonesa cesseraient la grève et repartiraient au fond travailler. L’entreprise avait annoncé que si la grève continuait elle allait fermer ses portes. Les ouvriers par peur du chômage auraient décidé dans une assemblée de reprendre le travail. UGT et CCOO se désolidarisaient de cette déclaration en annonçant qu’ils appelaient à poursuivre le mouvement. Mais dans ce puis, le syndicat majoritaire est l’USO qui affirmait comprendre la décision des ouvriers. Aujourd’hui nouvelle annonce, le chef du comité d’entreprise USO annonce qu’il n’y a pas eu de décision allant dans ce sens lors de leur AG et que pour l’instant la grève continue. Le représentant  des CCOO dans cette boîte appelle lui  à continuer a grève.

A noter qu’après quelques recherches, on apprend que la SA Hullera Vasco Leonesa a fait des bénéfices en 2011 et a versé un dividende de 0.07 euros par action à ses actionnaires. Par ailleurs au regard des résultats de la boite, le 21 juin dernier (donc en pleine grève) le conseil d’administration de cette boite a versé un dividende complémentaire de 0,13 euros par action (après impôts). Cette boite privée là n’appartient pas à Vitorino Alonso mais est membre de l’union patronale Carbunion de “Don Vito”.

A propos des mineurs enfermés dans les puits

Ceux des puits Candin (puits de la société d’état HUNOSA) et Santiago à Aller dans les Asturies  dépendant également de la HUNOSA avaient été annoncés sortant du puits samedi pour des raisons de santé mentale. Le SOMA-FITAG-UGT souhaitait leur remontée en annonçant que cette forme de lutte était passée. Des rassemblements ont eu lieu pour assister à leur retour. Le syndicat avait tout prévu, heure de leur retour, presse, etc. Cependant, ils ne sont jamais remontés, les mineurs restent au fond et poursuivent la lutte. Le syndicat annonce donc qu’il les soutient mais veille à leur état de santé.

Ce lundi 16 juillet en fin d’après-midi, après l’insistance du syndicat SOMA-FITAG-UGT, les trois enfermés du Pozo Santiago et les quatre du Pozo Candin sont sortis du fonds après 50 jours. A priori, 10 autres mineurs iraient s’enfermer dans d’autres puits : 4 iraient dans le Pozo Candin et 6 dans le Pozo Nicolasa (3 travaillant dans ce puits et 3 autres travaillant habituellement dans le Pozo Monsacro).

A Gijon, cette nuit des barrages de pneus enflammés ont barré certaines routes. Cette fois les mineurs les déposent et partent. Ils sont vite éteints mais cela se produit à peu près chaque nuit.

 

 

pozo-candin-2-copie-1.jpg

 

 

pozo-santiago--2--copie-1.jpg

 

Réflexions autour des mobilisations des mineurs

 

     Nous publions un texte produit par la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires qui évoque à bon endroit les gesticulations opportunistes et les manoeuvre politiciennes qui entourent actuellement le mouvement des mineurs. De la gauche parlementaire aux bureaucrates syndicaux, tous sont à la barre pour tenir le mouvement dans les limites qui le conduiront à la défaite. Ils risquent malgré tout d’avoir du fil à retordre si les événements relatés à la suite du texte des FIJL et qui confirment le contenu de leur texte, se répètent dans les temps à venir.

Jeudi 12 juillet   http://www.nodo50.org/juventudesanarquistas/?e=78#body-anchor

En tout premier lieu, éclairons ceci : nous ne sommes pas en train de donner de leçons à personne et encore moins aux travailleurs des mines, qui savent nous montrer comment mener une lutte réellement combative. Il s’agit simplement d’une série de réflexions qui nous sont apparues depuis le début du conflit, commencé dans les bassins miniers, jusque l’arrivée de la Marche Noire hier à Madrid. Indépendamment de nos critiques, partons d’une prémisse : la lutte des mineurs est juste et nécessaire.

Une défaite dans cette lutte supposera la misère pour des centaines de milliers de familles.

Voici ces réflexions :

– Nous aimons et cela nous paraît digne de respect la détermination et la vigueur que les mineurs montrent. Des mineurs enfermés dans les puits, de ceux qui ont parcouru la moitié de la péninsule à

pieds, jusque ceux qui jouent leur santé sur les barricades – souvenons-nous que les forces de l’ordre utilisent des gaz toxiques contre des mineurs qui ont un début de silicose.

–  Nous n’aimons pas voir comment CCOO et UGT manœuvrent selon leur envie les travailleurs miniers pour parvenir à leur fin.  Nous n’aimons pas voir Mendez et Toxo [secrétaires généraux des deux centrales syndicales citées plus haut] poser pour la photo avec ces travailleurs. (Se souviennent-ils ces deux-là et toute leur armée d’affranchis ce que c’est de travailler ?)

–  Nous aimons voir que, malgré l’influence des CCOO et de l’UGT en tant que centrales syndicales bureaucratiques, les travailleurs miniers nous montrent que cette lutte se gagne dans les rues. Ce n’est pas une négociation dans les bureaux, c’est un conflit sur les chemins, dans les puits et dans les villes minières. Dans ces temps de « meapilismo » [désolé la Mouette cale sur ce mot !!!] et d’autant de fanatisme pseudo-pacifique, c’est une grande joie de voir les travailleurs répondre avec leurs armes disponibles à une agression directe contre leurs vies venue de l’État et du capital.

– Nous aimerions que les mineurs et les individus et collectifs solidaires puissent élaborer un discours qui aille au-delà de leurs légitimes et nécessaires revendications. C’est-à-dire une vision qui place le conflit dans une critique radicale de l’État et du capital, comme fondement du traitement « user et jeter » exercé contre les travailleurs. Et évidemment une vision du futur  consistant à lutter solidairement avec d’autres conflits du travail et sociaux, et de plus, à élaborer un projet révolutionnaire de transformation social qui en finira avec l’actuel régime étatico-capitaliste (projet pour lequel les mineurs luttaient historiquement) dans lequel le charbon et son évident dommage écologique ne sera pas un bien nécessaire.

Avec respect pour les mobilisations de soutien à Madrid :

– Nous aimons voir des dizaines de milliers de personnes voulant montrer leur soutien et solidarité avec la digne lutte des mineurs. Nous aimons aussi le degré élevé de combativité qui en a émané, en comparaison

des autres mobilisations que nous avons vu dans la capitale. Mais nous aurions aimé que ce soutien de la population envers un conflit du travail, soit plus que le soutien à un conflit médiatique comme celui-là, et qu’ils soutiennent aussi avec les mêmes ampleur et force les autres conflits sociaux.

– Nous n’aimons pas voir le PSOE dans aucune mobilisation. De plus, il nous est répugnant de voir qu’ils ne font rien contre les coupes, ils envoient les madriers nous rouer de coup et servent comme des marionnettes le pouvoir économique, ils ne sont dans aucune lutte avec nous.  Ils nous donnent l’horreur d’un nouvel exemple d’intérêt et de manipulation dans leur pathétique lutte électorale en prétendant instrumentaliser la lutte des mineurs. De même nous aurions beaucoup à dire de la presse bourgeoise autonommée de gauche (El Pais , Publico  …) et des intérêts économiques de ces groupes d’entreprises.

– Et aussi, nous détestons tous ceux qui prétendent diriger nos vies, c’est-à-dire, tous ceux qui prétendent gouverner, il ne nous plaît pas non plus de voir les partis politiques, en plus du PSOE, essayer de tirer avantage électoral de cette lutte honnête des travailleurs. Il en va de même de grands partis comme IU [Izquierda Unita, Gauche Unie bref le Front de Gauche espagnol] ou de petits comme les autres sectes marxistes : tous veulent la même chose, prendre des votes en étant sur la photo avec le thème phare du moment, pour être ceux qui nous gouverne et se convertir en nouvelle classe dirigeante. Nous tendrions à dire la même chose des syndicats bureaucratiques (avec délégués syndicaux, comité de presse et subventions), des minoritaires autonommés «alternatifs » ; ils profitent des mineurs pour tenter, à travers la photo, de rafler des votes pour les prochaines élections syndicales. Ils sont tous des récupérateurs.

Et enfin pour finir, cela nous dégoûte de voir certains personnages du monde « progressiste » montrer leur « soutien » aux mineurs. Comme il est de mode… Et déjà, que dire de l’appui et du petit discours postérieur ainsi que de la photo avec les mineurs en marche des recteurs de l’Université Complutense [l’univ qui les a hébergés à leur arrivée à Madrid] et de Polytechnique.  Ces mêmes recteurs qui appliquent les coupes contre les travailleurs et les étudiants, ont le toupet de se « solidariser avec les mineurs ». Se distingue ce bâtard de Carrillo (recteur « progressiste » de la Complutense) et ses licenciements de travailleurs boursiers ; au milieu d’autres coupes et abus contre les travailleurs de la UCM (Universidad Complutense de Madrid).

Ce ne sont que quelques petites réflexions. En plus de soutenir les mineurs, nous appliquons en pratique la solidarité et le soutien mutuel. Nous faisons de cela un outils quotidien dans notre vie et toutes nos luttes. Que se répande l’exemple des mineurs. La lutte est le seul chemin.

 

Vive la lutte des mineurs ! Pour le dépassement des coupoles des syndicats bureaucratiques !

Pour la révolution sociale et l’anarchie !

Groupe Drapeau noir Fédération ibérique des jeunesses libertaires.

 

Des signes de mobilisation à la base ?

 

Dimanche 15 juillet ont eu lieu à Madrid deux manifestations de fonctionnaires. La première dans l’après-midi, la seconde le soir. Ces deux manifestations se sont déroulées sans affrontements. Les endroits visés étaient les sièges du PP et du PSOE ainsi que les ministères et le Congres qui était le seul établissement à être protégé par les antidisturbos. Ces manifestations ont eu lieu spontanément par appel sur portable et réseaux dit “sociaux”. Les fonctionnaires vont être soumis aux jours de carence, à la suppression de la prime de Noël (équivalente à un mois de salaire) et à la fin des « moscosos » (jours de liberté que peuvent prendre les fonctionnaires espagnols sans justificatif). Lors de la manifestation de l’ après midi, les flics auraient enlevé leurs casques et boucliers ce qui a été pris par les manifestants comme un signe de solidarité.

CCOO et UGT ont été dépassés par ces initiatives. Leurs bureaucrates respectifs ont ainsi affirmé que “ces manifs spontanées c’est bien, mais qu’il faut voir à pas oublier celle du 19  juillet” à laquelle ils appellent. Par ailleurs, ils feignent de hausser le ton et annoncent qu’il y aura une “réponse masssive” en …septembre et même en octobre. Ils ne savent pas encore sous quelle forme, peut-être des marches et même une consultation populaire ! Mais de leur côté, pas un mot sur la marche des précaires et chômeurs qui arrive à Madrid le 21 juillet.

 

            Informations traduites par  La Mouette Enragée.

 

 

 

 

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation III- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation II- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation II- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Ce mercredi 11 juillet, à l’occasion d’un concert, nous avons encore une fois montré notre solidarité avec la lutte des mineurs espagnols qui, le jour même, ont manifesté massivement dans les rues de Madrid après une marche de plusieurs semaines vers la capitale.

Nous avons diffusé un tract (voir ci-dessous) dans lequel nous essayons de tirer au clair la situation. La manifestation du 11 juillet ne doit pas être une fin en soi, le plus important et intéressant reste à construire et nous resterons solidaires avec toutes initiatives capables de mener une lutte illimitée sur le plan inter catégoriel.

Enfin, pour répondre aux questions émises lors de notre action : Pourquoi ce soutien aux mineurs espagnols et pas aux autres secteurs en lutte ? Car nous pensons que cette lutte peut cristalliser l’ensemble du mécontentement qui traverse actuellement  de nombreux secteurs d’activité en Espagne. Par ailleurs, une victoire, ou une « non défaite »,  serait  un premier pas de franchi  dans la reprise de la combativité en Europe, la démonstration que seule la lutte paie face à l’offensive  du capital et de ses politiques d’austérité. Il y a urgence à gagner quelque chose concrètement sur le terrain face à la bourgeoise européenne et ce ne le sera pas dans les urnes mais uniquement dans la rue !  Cela concerne aujourd’hui l’Espagne mais demain ce sera au tour de la France, cela a d’ailleurs commencé avec la rencontre récente entre les syndicats et le gouvernement qui prépare à leur rigueur

Traduction informatique : Este miércoles, 11 de julio, durante un concierto, quedemostró una vez más nuestra solidaridad con la lucha de los minerosespañoles, el mismo día, mostró en gran medida en las calles de Madrid después de una marcha de varias semanas para capital.

Hemos distribuido un folleto (ver más abajo) en la que tratamos de aclarar la situación. La manifestación del 11 de julio no debe ser un fin en sí mismo, los restos más importantes e interesantes que se construirá .y se unirán a todas las iniciativas que pueden llevar una lucha en la categórica entre ilimitada.

Por último, para responder a las preguntas hechas durante nuestro trabajo: ¿Por qué apoyar a los menores españoles y no a otros sectores en lucha? Porque creemos que esta lucha puede cristalizar todo el descontento que está pasando por muchos sectores en España. Por otra parte, una victoria o una « pérdida no » sería un primer paso en la reanudación de los combates en Europa, lo que demuestra que sólo paga la lucha contra la ofensiva del capital y sus políticas de austeridad. Hay urgencia de conseguir algo concreto en el suelo contra la burguesía europea y no va a estar en las urnas, pero sólo en la calle! Esto se aplica a la España de hoy pero mañana será el turno de Francia, este ya ha comenzado con la reciente reunión entre los sindicatos y el gobierno se prepara para el rigor.

La Mouette Enragée, le 12 juillet 2012

 

b

c-bon.jpg

 

tract.jpgCliquez sur l’image pour agrandir

traducción al español, AQUI ! . Lo sentimos, traducción de Google, hay imperfecciones

Point sur la situation depuis l’arrivée le 11 juillet de la Marche Noire sur Madrid.

Le 10 juillet au soir ce sont 150.000 manifestants qui ont accompagné la marche nocturne des mineurs vers la Puerta del Sol. Le 11 juillet 500.000 personnes ont manifesté dans le centre de la ville avec l’appui logistique de certains groupes madrilènes du 15M.

 

marcha-negra-madrid-2.jpg

 

Certains groupes d’Indignés soutiennent ouvertement les mineurs car, d’après eux, leur lutte montre les injustices des transferts financiers en Espagne aujourd’hui. Les Indignés madrilènes avaient proposé leur campement de la Puerta des Sol, proposition à laquelle la mairie de Madrid s’est opposée. Par ailleurs, lors de leurs parcours les différents groupes locaux du 15M ont aidé les mineurs et/ou ont marché avec eux. La “marée verte” à l’initiative des enseignants a également partagé des étapes communes avec la “marée noire”. Des indignés de Santander se sont déplacés à la manifestation madrilène en portant les T-shirt noir des mineurs.

Durant la manifestation, le gouvernement Rajoy a annoncé au Congrès des restrictions budgétaires la IVA réduite passe de 8 à 10 %, la normale passe de 18 à 21 %, suppressions de primes et de jours de congé pour les fonctionnaires (cela fera 14 %  de salaire en moins, apparition de jours de carence…), fin de différentes réductions fiscales (comme les écologiques), révision des pensions, baisse des allocations chômages (quand + de 7 mois au chômage, le taux de l’indemnité est baissée de 60 % à 50 %), baisse des salaires des maires, baisse des subventions aux partis politiques et syndicats … Toujours dans la presse bourgeoise, on lit que l’ UGT et les CCOO restent ouverts à la négociation avec le gouvernement mais que si ce dernier refuse ils continueront d’appuyer la mobilisation des mineurs. La conclusion est simple tant que le gouvernement maintient la fermeture des mines, la mobilisation va continuer. L’UGT utilise clairement ce conflit dans le cadre global de son opposition à la politique du PP. Ils ont donc annoncé une journée nationale de grève le 19 juillet. Le 21 juillet,  ce sont différentes marches qui arriveront à leur tour à Madrid : une des travailleurs précaires, une des indignés et une des chômeurs.

A l’issue de la manif il y aurait eu 76 blessés suite aux charges policières et aux tirs de balles en caoutchouc : 42 manifestants, 33 policiers et 1 photographe de presse, on compterait également 8 arrestations.

Après la manifestation en journée, une seconde a eu lieu le soir en soutien aux mineurs et contre les nouvelles coupes annoncées par Rajoy. Elle s’est terminée par de légères barricades dans les rues de Madrid, des lancés d’objets divers contre les flics « antidisturbos ». Les antidisturbos ont chargé, matraqué, et parfois au hasard quand on voit les video (y compris sur celles d’El Pais). Selon les flics les manifestants du soir étaient 4000, 15000 selon les organisateurs (collectif Hay que Pararles los Pies, en gros “Il y a les pieds pour les arrêter”).

Le jeudi 12 juillet, les 7 mineurs enfermés depuis 52 jours dans le puits santra Cruz del Sil (Léon) ont du arrêter leur action sur avis médical. Ils sont relevés par 5 autres camarades qui descendent sans limite. Aujourd’hui, trois mineurs ont été blessés au fond lors de manoeuvre d’entretien (dans un puits de la UMINSA, une des boites de Vitorino ALonso, dit “Don Vito”), malgré la grève des entretiens ont toujours lieu. A priori il y a une semaine un autre mineur de 31 ans a été blessé lors de ces entretiens. Tous les mineurs l’indiquent, il ne  faut pas oublier que les subventions pour la sécurité des postes de travail vont être totalement supprimées.  De plus, le chef de sécurité qui dirigeait ces deux opérations d’entretien est deux fois le même : résultat les mineurs ont cramé sa bagnole.

En regardant les videos espagnoles sur différents sites et les interviews de mineurs, on comprend que tous sont déterminés à continuer mais dans les revendications beaucoup acceptent les coupes budgétaires. Pas de 60 %, ils seraient d’accord pour  10 % de moins. Certains ont annoncé que si le gouvernement ne cédait pas, ils reviendraient à Madrid avec de la dynamite.

Ils semblent déterminés et à première vue les syndicats ne semblent pas pour l’instant vouloir freiner les choses. Cela leur permet de mettre la pression sur Rajoy donc il semble que ce conflit les sert bien pour l’instant.

Boulogne-sur-mer le 13/07/12 à partir d’ informations traduites par la Mouette Enragée.

Que viva la lucha de la clase obrera

VOIR VIDEO

 

Mais aussi la répression de la manifestation : munie de fusils, la police tire des balles en caoutchouc sur la foule.

 VOIR VIDEO

 

  Pour finir, la solidarité s’organise internationalement. Pour cela, voir cette page facebook : https://www.facebook.com/SpanishMinersSolidarityCommittee

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation II- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Nous poursuivons nos actions de soutien aux mineurs espagnols (pour le début, voir ici). Mardi 3 Juillet, à l’occasion de l’arrivée du Tour de France à Boulogne sur mer, nous avons redéployé une banderole de soutien avec cette lutte au dessus de l’autoroute A 16 entre Boulogne-sur-mer et Calais. Les automobilistes étaient nombreux et l’accueil plutôt favorable à l’écoute des nombreux klaxons et à la vue des pouces levés.

ap-ro-masqu-.-.jpg

Les informations qui nous parviennent d’Espagne sur le mouvement de lutte des mineurs recouvrent pour la plupart d’entre-elles un caractère factuel. Le point de vue énoncé dans le communiqué qui suit et produit par le syndicat CNT-AIT de Léon, apporte quelques éléments qui dépassent le seul recensement des affrontements quotidiens et l’avancée de la Marche sur Madrid.

     Au delà des banalités d’usage sur le rôle et la fonctions des médias, c’est, en filigrane, la stratégie qu’emploie l’État pour atomiser et déstructurer une communauté qui est ici évoquée au travers de l’ exemple des bourses d’étude proposées aux enfants de mineurs. C’est également la question du coût de la production de l’énergie, de son utilité sociale et de son impact environnemental qui est posée dans ce point de vue. Des éléments essentiels que les mineurs eux mêmes n’ont de cesse d’évoquer lorsqu’ils dénoncent l’absence totale de perspective d’avenir pour les régions où ils vivent.

Soutien et réflexions autour du conflit minier.

Lundi 18 juin, Syndicats de la CNT-AIT de Léon

Nous assistons toutes ces dernières semaines à un nouveau retour d’une des luttes ouvrières les plus historiques de notre pays, la lutte minière. Ce n’est pas la première, et ce ne sera probablement pas la dernière, car le secteur de la mine, bien qu’en récession, a encore beaucoup à dire.

Toutefois, bien qu’il se caractérise par des affrontements bien plus sanglants que ceux que nous sommes habitués à voir, il n’est pas retransmis dans les média de communication avec l’honnêteté qu’il mérite. Nous ne parlons pas ici de quelque chose qui doit nous surprendre, ceux qui pensent qu’il s’agit de médias neutres qui cherchent la vérité de l’information, comme ils s’en auto caractérisent eux-mêmes, sont plein d’illusions.

Les mass-media sont au service du capital et de ceux qui gouvernent le pays, c’est-à-dire ceux qui les payent et les financent qui ne sont pas différents de ceux qui tirent les fils de la politique et de l’économie, chefs d’entreprises et politiques. Il est important de se poser le problème, avant de lire le journal ou regarder le journal télévisé, si réellement ces journaux cherchent la vérité, ou la changent et tentent d’orienter dans la mesure du possible la pensée de la société vers leurs intérêt. Et quels sont les intérêts de l’état et du capital, des politiques et chefs d’entreprises, en cette période de crise économique et financière ? Probablement que leur priorité, n’est pas de nous l’expliquer ouvertement ni de façon subtile, c’est la lobotomisation de la population, donner de l’opium au peuple pour qu’il ne se réveille pas et ne soit pas conscient de la force qu’il a dans ses mains, que la richesse et la production mènent à ceux qui travaillent, c’est-à-dire les travailleurs, alors que les politiques et chefs d’entreprises goûtent seulement au luxe du travail d’autrui.

Football, Grand frère (émission de TV) …, on nous donne tout type de distraction pour notre temps libre alors qu’à peu de kilomètres de nos maisons est en train de se produire d’authentiques batailles rangées entre mineurs et policiers, comme si nous étions remonté de 70 ans et étions dans les temps du maquis. Cependant à peine quelques miettes dans les journaux télévisées et la presse écrite.

Jusqu’il y a peu de temps, et encore maintenant, l’esprit de la lutte ouvrière est vivant. Nous ne devons pas oublier que les droits dont jouissaient les travailleurs jusqu’il y a peu d’années (car ils sont tristement en recul) ont été obtenus avec la sueur et le sang de nos grands-parents. La journée de 8 heures et les week-end ne furent pas octroyés par la bonté d’un quelconque patron, mais par les exigences des travailleurs en lutte qui pour cela ont subi des violences.

Pour ces mêmes raisons, la lutte que mènent les mineurs des Asturies et Léon mérite tout notre respect quelques soient les critiques que nous pouvons faire sur ses fins. Il est question d’une lutte de travailleurs pour garder leurs poste de travail, le futur de leurs familles et de leur terre, car dans les bassins miniers il n’y a rien d’autre que la mine, comme ils le disent. Une lutte de base, de ceux qui travaillent, et dans la rue, pas une négociation de leaders syndicaux dans les bureaux du patronat. Le bras de fer que les mineurs maintiennent avec le gouvernement et son bras armé, police et garde civile, est exemplaire quant aux formes. Il est question d’une défense légitime de leur futur, contre un décret qui ne tient pas compte de ce même futur. Pour cela, nous ne devons pas prendre l’usage de la violence comme gratuite mais bien comme un moyen de se défendre face à une agression. S’ils nous parlent avec violence, nous répondrons de la même façon. Misère, expulsions, salaire de merde, horaires démentiels, accidents du travail, coupes budgétaires, privatisations, ça c’est de la violence.

Les mineurs ont un taux de syndicalisation de 90 % voire plus, et beaucoup de leurs luttes se sont caractérisées par un affrontement direct. Le SOMA (Sindicato de Obreros Mineros de Asturias) [membre de la FITAG UGT, voir leur site internet : http://www.somafitagugt.es/ ,leur page parle principalement de la marche noire] appartient aux syndicats majoritaires même s’il a souvent été considéré comme « dissident syndical » c’est-à-dire que sa trajectoire n’a pas suivi les voies ordinaires sinon que d’une manière ou d’une autre ils ont décidé de leur lutte de manière horizontale.

Dans ce cas, malgré la présence d’expressions syndicales majoritaires, il n’apparaît pas que les coupures de routes furent pré-négociées comme nous l’avions connu dans d’autres conflits miniers. Dans ce cas il n’apparaît pas que les syndicats élèvent leur voix chantante, sinon que ce sont les travailleurs, bien qu’affiliés aux syndicats « ouvriers-vendus », qui luttent pour leur futur travail, comme la logique doit être.

Dans une autre part, on aperçoit dans les médias d’information alternative que la lutte maintenue jusqu’à ce moment avec le gouvernement est relativement équilibrée, y compris dans certaines occasions nous avons vus les policiers qui furent obligés de se retirer. Cela est-ce possible ? Est-ce que les mineurs ont bu dans la marmite ? Peut-être que l’idée la plus logique est que le gouvernement ne souhaite pas promouvoir un affrontement sévère, mais probablement jouer l’usure, de façon que ne se voit pas trop la violence policière, chaque fois plus dans les bouches de tout le monde.

Pour autant, de la même manière que nous pouvons dire que l’esprit et les formes de la lutte en cours sont très positifs, nous pouvons dire aussi que les objectifs qui se perçoivent dans celle-ci ne sont pas aussi admirables qu’il y paraît. Il existe quelques aspects qui nécessitent une analyse avant de soutenir la lutte les yeux fermés.

En fin de compte, le conflit a surgi car les subventions pour la mine ont été réduites substantiellement dans les budgets de l’état, signé jusque la fin de l’année 2018. Dans ces dites subventions, une partie très importante du budget était destiné à la reconversion du secteur, c’est-à-dire, pour théoriquement créer de nouveaux secteurs productifs dans les zones minières qui pourraient se substituer lentement à la mine et ils existaient des opportunités dans ces régions. Ce type de subventions existe depuis de nombreuses années, car cela fait plusieurs années qu’il était prévu de démanteler le secteur petit-à-petit. Le grand problème qui surgit aujourd’hui est que ces fonds pour la reconversion n’ont pas été utilisés à reconvertir quoi que ce soit. Actuellement, les mineurs luttent pour proroger les fonds qu’ils n’ont pas reçu plus qu’au titre de salaire et qui vont directement aux entreprises minières, non au secteur minier et ses travailleurs, nous croyons que c’est eux qui doivent créer de nouvelles alternatives avec ces dits fonds. Toutes les subventions reçues ont servi pour maintenir le secteur, pour rénover des machines mais cela n’a pas créé de futur dans la région. Dans tous les cas, elle on été converties en bourse pour études des enfants de mineurs, routes, universités et complexes omnisports.

Il ne nous paraît pas que maintenir les subventions soit une solution au problème, d’autant qu’elles n’étaient prévues que jusque l’année 2018. Dans le cas où les mineurs gagnent la lutte, que se passera-t-il après 2018 pour les contrées minières ? Les gens d’ici devront émigrer, comme dans tant d’autres lieux où les mines furent démantelées. Malgré les potentialités du territoire, il ne se passe rien. Malgré les luttes, le futur de la population des bassins est aussi noir que le charbon.

A partir de cela, peut-être que la solution passe par exiger du gouvernement et des entreprises minières que la richesse générée par le secteur de la mine soit utilisée dans une réelle reconversion vers d’autres secteurs, dans les mains de ceux qui vivent de ces terres. Les grandes entreprises du charbon nationales continueront à garder leurs privilèges quand la mine disparaîtra alors que la population qui habite ces terres devra partir. Ce fait est intolérable et toute la richesse générée est la propriété des travailleurs, qui ont maintenant la responsabilité d’exiger de l’avoir en propre pour créer des opportunités en dehors du charbon. Nous ne voulons pas de chefs d’entreprises qui se félicitent eux-mêmes pour payer leurs travailleurs en période de grève, il n’y a pas besoin de fils de mineurs universitaires qui devront partir dans d’autres lieux pour travailler, sans futur pour les peuples miniers.

Une autre alternative que pose la lutte est d’exiger du gouvernement que les entreprises d’électricité utilisent le charbon national. Un autre pourcentage des subventions à la mine que nous avons auparavant commenté est utilisé à cela et l’argument de ceux qui veulent les démanteler d’un trait de plume est que le charbon national n’est pas rentable. Actuellement et depuis quelques années, le secteur minier en Espagne nécessite des aides pour être soutenu, car il est vendu aux entreprises d’électricité meilleur marché que ce qu’il coûte. Cela pour que le charbon espagnol soit compétitif avec le charbon étranger produit dans des pays comme la Chine. Le libre marché fait qu’il est bien plus rentable d’acheter le charbon d’autres lieux du monde que consommer celui de terres proches. Et pourquoi est-ce meilleur marché ? Pour des raisons aussi simples que les conditions de travail sont plus précaires et les salaires plus bas. Et tout cela malgré les coûts de transport.

En résumé, notre pays est en crise et le gouvernement fait des coupes, car pour lui cela ne vaut pas la peine de maintenir les entreprises minières espagnoles d’autant qu’il ne s’agit pas d’un négoce rentable. Malgré tout les entreprises d’électricité continueront à consommer du charbon, évidemment étranger, produit dans des mines où les gens sont empoisonnés pour un salaire de merde et des conditions lamentables.

Il est possible que nous devions commencer nous-même à proposer que le monde du libre commerce n’a aucun sens. La responsabilité sociale ne peut nous permettre de consommer une énergie qui est produite à des milliers de kilomètres dans des conditions de semi-esclavage, parce qu’il est de la responsabilité de tous de fournir une consommation locale en assumant les coûts réels de sa production.

La démesurée et croissante consommation énergétique actuelle manque de logique dans un monde où les ressources sont finies. La croissance qui est présentée par les états comme seule alternative à la crise est une sentence de mort maintenant que les ressources que contient la planète sont limitées et accessibles seulement à quelques uns. Les pays développés doivent assumer la responsabilité de leur consommation réelle et cesser de vivre sur le dos des pays pauvres, de leurs bas coût de production, sur le dos de la vie des travailleurs et de la santé environnementale de leurs terres. Pour cela, si nous décidons de consommer du charbon, car notre consommation énergétique l’exige, qu’au moins il soit produit localement, que nous assumions le coût réel de sa production et l’impact environnemental qu’il produit. Seulement dans ce cas nous pouvons commencer à envisager qu’une consommation aussi démesurée n’est pas nécessaire mais qu’elle est préjudiciable et nocive.

 

Traduction effectuée par la Mouette Enragée à Boulogne-sur-mer

 

  cartel mineros 11 julio bloque unitario RGB web

 

Enfin, nous actualisons la liste de liens pour couvrir les événements récents : le déroulement de la marche noire des mineurs qui convergent vers Madrid pour une manifestation le 11 juillet mais aussi les luttes autour des mines qui continuent et même se renforcent face à la répression policière de l’Etat espagnol.

 

Quelques photos de la marche.

http://periodismohumano.com/economia/los-mineros-marchan-sobre-madrid.html

 

La mobilisation et les affrontements se poursuivent au quotidien

http://periodismohumano.com/economia/huelga-general-en-las-cuencas-mineras.html

 

http://periodismohumano.com/economia/los-mineros-en-huelga-siguen-en-lasbarricadas.html

 

http://periodismohumano.com/economia/la-carga-de-la-brigada-minera.html

http://periodismohumano.com/economia/huelga-general-en-las-cuencas-mineras.html

 

Une vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=9ICMOee25UM&feature=share

 

Liens : http://bloqueunitario.org/   Blog pour information sur les initiatives de convergence de différents secteurs en lutte en lien avec la marche

http://www.alasbarricadas.org/noticias/node/21184  Suivi régulier de la situation

 

Nous rappelons à  celles et ceux qui souhaitent débattre et envisager collectivement des suites à cette action à nous contacter à l’adresse de la Mouette : lamouette.enragee@wanadoo.fr  ou directement sur ce blog !

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Actualisation – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols!

Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols!

 

Le Nord de l’Espagne connaît depuis plusieurs semaines, une grève des mineurs de charbon de grande ampleur. En effet, à l’annonce de la réduction de 60% des subventions gouvernementales versées a l’industrie minière, les mineurs ont répondu par des blocages massifs de routes et voie ferrées, occupations de mines et manifestations. Environ 8000 postes sont en jeu, ainsi qu’en ligne de mire la fermeture progressive des mines. Des villages entiers des provinces des Asturies, de Castille, de Leon et d’Aragon sont touchés par cette mort accélérée de l’industrie minière. Mais au delà de la défense immédiate de leurs conditions d’existence, les mineurs s’opposent plus globalement encore à l’offensive générale que livre dans le contexte actuel de crise, le capital contre l’ensemble du prolétariat en Espagne, en Europe et dans le monde.

Cette lutte pourrait donc revêtir un caractère décisif. L’Etat l’a compris. Il sait cette fois ne pouvoir céder. Reculer en cette période pourrait ouvrir la voie au cortège de revendications portées par les différents secteurs qui se sont massivement mobilisés en mars contre la réforme du travail. Les mineurs, pour leur part, ont bien conscience de jouer dans cette partie bien plus que la défense d’un simple travail. La fermeture des mines signerait la destruction pure et simple de leur mode de vie, l’éradication d’une organisation sociale et collective héritée de décennies de luttes avec pour chacun d’eux, en perspective, le cortège d’épreuves personnelles qui ne manque jamais de s’abattre en pareille circonstance. La forte mobilisation des femmes et compagnes de mineurs de ces derniers jours en exprime la conscience bien acquise.

Il reste à observer dans les temps à venir le rôle que vont jouer les organisations syndicales officielles : CCOO/UGT. Une certaine autonomie semble pour le moment caractériser le mouvement, en particulier dans le choix et la manière de mener les actions sur le terrain : blocages de routes, barrages, etc… Le déroulement de la “Marche Noire” et son issue ne manqueront pas de nous renseigner sur la question…

Pour notre part, en relayant quelques textes et vidéos aux vues de la tournure que prend cette lutte, nous souhaitons apporter notre soutien et exprimer notre solidarité envers les femmes et les hommes engagés dans ce mouvement contre l’Etat et le patronat espagnol.

 

Cliche.jpg

 

Plus concrètement, nous entamons une série d’actions afin, déjà, de rendre localement visible cette lutte. La première s’est déroulée le mercredi 27 juin au matin. Une banderole fut déployée au dessus de l’autoroute A 16 entre Boulogne-sur-mer et Calais. D’ autres suivront. D’ores et déjà, nous engageons celles et ceux qui souhaitent débattre et envisager collectivement des suites à cette action à nous contacter à l’adresse de la Mouette : lamouette.enragee@wanadoo.fr

 

Suivi de la stuation de ces dernières semaines :


Le 07/06/12 http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1184
Le 11/06/12 http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1187
Le 15/06/12 http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1193
Le 19/06/12 http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1199

Le 27/06/12 http://www.controappuntoblog.org/2012/06/28/espagne-les-mineurs-enlutte-
nouvelles-barricades-sur-les-routes-et-voies-ferrees-des-asturies-3-mineursarretes-–-
27-juin-2012/

 

arton1084-d2abc.jpg

 

La grève des mineurs en vidéo :

http://mas.lne.es/huelga-minera/videos-huelga-minera.html

 

Quelques photos :

http://periodismohumano.com/economia/la-batalla-del-pozosantiago.html

La solidarité :


– Une petite vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=IzGlxbPrmKo&feature=related
– Solidarity with Spanish miners : http://www.workersliberty.org/story/2012/06/13/solidarity-spanish-miners
– Lettre de soutien d’anciens mineurs britanniques des grèves de 1984-1985 aux
mineurs espagnols en grève + Lettre d’un mineur asturien : http://www.millebabords.org/spip.php?article20973
– Un appel à récupérer 6000 euros pour la marche des mineurs de León : http://www.lanzanos.com/proyectos/mineros/
-L’association des comarcas (cantons) minières d’Espagne appelle les municipalités minières
européennes à soutenir la poursuite de l’activité minière en faisant pression sur le
gouvernement : http://www.lavozlibre.com/noticias/ampliar/601416/acom-espana-solicita-a-ayuntamientosmineros-
europeos-que-insten-al-gobierno-a-cumplir-los-planes-de-la-mineria

– Des choses commencent à se faire en termes de communication… http://www.periodismociudadano.com/2012/06/21/resistenciaminera-en-las-redes-sociales

 

 

Publié dans Solidarité internationale | Commentaires fermés sur Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols!

Marchandises, transport, capital et lutte des classes

Marchandises, transport, capital et lutte des classes

 

     Echanges et mouvement vient d’éditer (mai 2012) une brochure intitulée «  Marchandises, transport, capital et lutte de classes  ».

 

Brochure-Echanges.jpg

 

   Ce texte engage une analyse des évolutions récentes de la structuration capitaliste ; toutes engendrées par ce que l’on appelle « la révolution des TIC » ( Technologie de l’ information et des communications).

   On y décrit un capitalisme aux prises avec toutes les contradictions engendrées par son propre développement  ; il n’ y a pas une crise mais des crises : sociale et humanitaire, énergétique, écologique, financière, productive, sociétale… chacun semblant se débattre dans sa crise de proximité sans chercher à briser ces barrières et frontières.

    Lorsque l’écran de fumée des «  solutions  » réformistes se dissipera, les intérêts communs des peuples prendront une consistance telle que la bourgeoisie n’aura d’autre issue possible qu’une répression exponentielle. Déjà, plusieurs pays adoptent des mesures législatives pour se prémunir de toute convergence.

 

Vous pouvez commander cette brochure par email (echanges.mouvement@laposte.net ) prix 3€

 

TABLE DES MATIÈRES :

  • LES TRANSPORTS DANS L’ EXPANSION MONDIALE DU CAPITAL
  • LES TRANSPORTS DANS LA RESTRUCTURATION CAPITALISTE
  • LE CONTENEUR, ÉLÉMENT CENTRAL DU PROBLÈME DES TRANSPORTS À L’ ÉPOQUE MODERNE
  • UNE NOUVELLE ANCIENNE INDUSTRIE : LA LOGISTIQUE
  • LES AVATARS DES AUTRES CIRCUITS DE MARCHANDISES SPÉCIFIQUES
  • LES CONSEQUENCES DE LA REVOLUTION DU CONTENEUR
  • CONSEQUENCES SUR LA STRUCTURE DU CAPITALISME
  • LES CONSEQUENCES SUR L’ ORGANISATION DU TRAVAIL
  • FRAGILITE ET VULNÉRABILITÉ DU SYSTÈME DE TRANSPORT
  • LA TRANSFORMATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL, LA DIALECTIQUE CAPITAL-TRAVAIL
  • LES LUTTES ET LEUR IMPACT SUR LE PROCÉS DE PRODUCTION
  • LES TRANSPORTS ET LA CRISE ECONOMIQUE
Publié dans Autoroutes de la Mer et logistique | Commentaires fermés sur Marchandises, transport, capital et lutte des classes