Les lieux où se retrouver pour débattre et échanger cet été :
En juillet : Les rencontres Libertaires du Poitou
En août : Les rencontres du Maquis pour l’Emancipation
Dans le Poitou, entre le 15 et le 21 juillet :
Comme chaque année, nous nous retrouvons pour discuter politique et passer du bon temps ensemble. Car la période n’est pas toujours à la fête et le collectif reste notre force. Nous vous invitons donc chaleureusement à nous rejoindre entre le mercredi 15 et le mardi 21 juillet dans le Poitou. L’adresse précise vous sera communiquée au téléphone ou par mail. L’ambiance sera au camping bucolique et sympathique, donc prévoyez le matériel adéquat. Nous camperons sur un terrain privé arboré, les douches et toilettes seront en extérieur.
Un principe de pot commun est mis en place. Les tarifs pour les trois repas journaliers et les autres frais sont établis en fonction des revenus. Chaque jour, des équipes ménage/cuisine/ apéro sont librement constituées – vive l’autogestion ! Il y aura deux temps de débats dans la journée. L’idée étant aussi d’avoir des échanges agréables et constructifs pendant les repas, balades, jeux…
On peut venir vous chercher à la gare de Poitiers, Châtellerault ou Montmorillon si vous arrivez en train. Merci de prévenir au moins 24 heures à l’avance, que l’on s’organise pour pouvoir le faire. Vous pourrez nous joindre sur le numéro de téléphone suivant : 07-84-82-44-57, et également à l’adresse courriel oclibertaire [at] riseup.net.
Voici le programme des débats :
Mercredi 15 juillet
10 h 30 : libre
15 heures : Intelligence artificielle : rupture et/ou continuité ?
Depuis quelques années, l’IA est présentée comme la grande Révolution de notre époque, comparable à l’invention de l’imprimerie, de la machine à vapeur ou bien d’Internet et vouée à transformer radicalement le travail, l’économie, la société et jusqu’à nos manières de penser (E. Sadin). Mais derrière le terme abstrait d’« intelligence artificielle » se cache une réalité matérielle bien concrète : des mines, du béton, des gigantesques centres de données, des infrastructures énergétiques (dont les coûts écologiques et sociaux sont largement invisibilisés) et des milliards d’euros d’investissements publics et privés. Dès lors, une question se pose : l’IA constitue-t-elle une véritable rupture historique ou n’est-elle que le prolongement d’une dynamique du capitalisme industriel et numérique ?
Il s’agit de s’interroger sur la place de la technologie dans nos sociétés, sur les rapports de pouvoir qu’elle produit et sur le monde qu’elle rend possible. L’IA marque-t-elle une rupture dans l’histoire du capitalisme ou, au contraire, est-elle une technologie parmi d’autres, ou une étape supplémentaire dans la transformation industrielle du capitalisme et en révélant sa logique la plus profonde : remplacer toujours davantage le travail vivant, étendre le contrôle technique et subordonner chaque aspect de l’existence aux impératifs de l’accumulation ?
21 heures : Projection de Blue Collar (Paul Schrader – 1978 – Etats-Unis – VOSTFR – 1h54)
Blue Collar raconte le quotidien de trois ouvriers qui bossent ensemble dans une usine de construction automobile aux Etats-Unis : le racisme, outil de division de la classe ouvrière ; l’exploitation, bien sûr ; mais aussi tout ce qui permet de la supporter (alcool, drogue, sexe). Mais l’intérêt de ce film, particulièrement drôle, est surtout de poser la question du rapport des prolétaires au syndicalisme, car nos trois comparses ont bien compris comment le syndicat travaille main dans la main avec les patrons et les contremaîtres pour la bonne gestion de l’usine. Les autoproclamés représentants des ouvriers ne servent ici qu’à pacifier les conflits et la rage intériorisée par les ouvriers de peur de se retrouver au chômage. Alors, pour sortir de ce quotidien de misère, une idée émerge : aller chercher l’argent là où il se trouve : dans les caisses… du syndicat.
JEUDI 16
15 heures : Présentation-débat avec Nedjib Sidi Moussa, autour de son dernier livre Le Spectre du colonialisme
Nedjib Sidi Moussa, docteur en sciences politiques, spécialiste de la guerre d’Algérie et de ses répercussions en France, nous propose une synthèse de différents textes récents, contemporains de la recrudescence d’une cacophonie médiatique et politique particulièrement rance autour des questions d’immigration, d’identité, de mémoire.
Sa thèse est la suivante : pour y voir clair dans ce bourbier, et donc critiquer avant tout l’offensive réactionnaire dont la matrice coloniale algérienne reste la colonne vertébrale, mais aussi les fausses solutions identitaires et / ou décoloniales, il faut reprendre certains concepts, certains auteurs, raviver certaines idées, se replonger dans l’histoire de notre courant politique révolutionnaire, sans nostalgie mais avec exigence.
Ce sera donc l’occasion d’aborder les questions d’anti-impérialisme, d’islamophobie, d’apostasie, d’anticolonialisme, de tiers-mondisme, au prisme, encore et toujours, d’une lecture dialectique, anticapitaliste et révolutionnaire des événements.
21 heures : Se cogner les fronts… (unique, populaire, antifasciste, etc.)
La stratégie du front est une méthode éprouvée à gauche depuis la IIIe Internationale tant pour dominer les concurrents que pour tenter de contrer les adversaires. Ce qui s’apparentait à une tactique du répertoire classique est devenu depuis vingt ans un piège dans lequel les seuls vainqueurs sont ceux qui ont intérêt au maintien du système… et malheur à ceux et celles qui ne trouveraient pas leur place dans ces différents attelages…
Vendredi 17
15 heures : Transition énergétique, data centers et nucléaire
De fait, le sujet est très vaste. La transition énergétique est en réalité le nom de l’accélération de l’électrification et de la numérisation du monde, accélération dont on sait qu’elle ne fera qu’aggraver le réchauffement climatique et le risque d’extinction de beaucoup d’espèces, dont la nôtre. Les data centers, les nouvelles mines et les centrales nucléaires sont l’envers du décor, de gigantesques infrastructures extractivistes, destructrices des sols, énormes consommatrices d’eau et d’énergie ; quant au nucléaire, il porte le risque d’inhabitabilité de vastes territoires sur plusieurs siècles. C’est la face matérielle de la dématérialisation. Comment s’y opposer ? Pourquoi le capital s’accroche-t-il à ces projets dont la rentabilité est pourtant souvent aléatoire ? Quel rapport de forces pour empêcher cette destruction du monde ?
Débat en présence de membres des collectifs Stop Newcleo, Stop Golfech, Stop Mines 03, Assemblée de lutte contre les projets miniers en Ariège et ailleurs, et contre le data center de Vitry
21 heures : Pratiques et autonomie – le nouveau monde se prépare-t-il avant la révolution ?
Des collectifs de cantine aux bambineries en passant par les caisses communes de l’alimentation, nombreux sont les collectifs qui se créent ces dernières années en soutien aux luttes. Ils ne se constituent pas pour lutter directement contre une condition sociale ou contre un projet inutile, mais viennent en appui, en soutien, avec un savoir-faire (logistique, de cuisine, d’animation) spécifique. Ces collectifs sont peuplés de gens sincères – nous en faisons partie ! – qui espèrent transformer l’existant, instaurer de la solidarité et, souvent, contribuer à créer les conditions de la lutte sociale. En même temps, ces initiatives ressemblent fort à une professionnalisation des pratiques qui implique une perte d’autonomie des gens en lutte. L’effet le plus marquant de cette spécialisation est la séparation des mondes – les gens venant cuisiner étant parfois tellement extérieurs à la lutte qu’ils soutiennent qu’ils ne savent même pas de quoi il retourne. Fournir des outils aux luttes leur permet-il d’instaurer un rapport de forces plus rapidement ou plus efficacement ? Que permettent ou ne permettent pas les grands camps militants de ces dernières années ? Qu’est-ce qui se transforme dans les trajectoires personnelles par la participation à des collectifs ?
Samedi 18
10 h 30 : Stratégie et intervention
Cela concerne concrètement les questions de stratégie dans les mouvements sociaux : s’interroger pour savoir s’il y a des éléments plus importants à nos yeux que d’autres à mettre en avant et à y défendre ou si tous sont également importants.
Le mouvement libertaire, anarchiste-communiste, lutte de classe, etc., ne parvient pas actuellement à exister politiquement et collectivement comme force autonome qui compte (mais le veut-il et est-ce souhaitable ?), justement parce que les questions de stratégie (hormis répéter les prêt-à-penser éternels de l’idéologie libertaire, et il faut sans doute le faire) ne sont pas assez abordées collectivement dans les groupes communistes libertaires ou autres. Nous avons toujours pensé qu’il fallait commencer à le faire à l’échelle d’une ville ou d’une région, en tous les cas sur un terrain commun, et non au niveau central, par le haut.
17 heures : Quelles alliances dans les luttes ?
Récemment, l’alliance conjoncturelle qui a parfois lié dans certaines régions la Confédération paysanne et la Coordination rurale nous a interrogés, tant les objectifs politiques des uns et des autres étaient jusque-là différents voire opposés. Le même problème se pose parfois lors d’une grève sur nos lieux de travail ou dans un collectif local sur une question environnementale. Plutôt que de crier immédiatement à la traîtrise comme cela s’est fait parfois, il nous paraît nécessaire de revenir plus sereinement sur ces questions pour en comprendre les enjeux et les raisons. Quels sont nos objectifs à court et moyen terme dans une situation donnée, à un moment et dans un lieu donné ?
Soirée libre pour faire la fête
Dimanche 19
15 heures : LFI : pour une actualisation de la critique de la social-démocratie
Social-démocratie 2.0 ou vieille rengaine réformiste, entreprise électorale au service d’un dinosaure de la République ou espace gazeux amalgamant une envie de changement de sa base sans y mettre les termes (révolution, communisme, lutte des classes)… ? Finalement, qu’est-ce que LFI ? Que signifient les attaques incessantes du camp bourgeois contre ce parti pourtant inoffensif ?
En amont de l’année présidentielle, la question Mélenchon va forcément – et malheureusement – arriver dans les discussions au boulot, dans la vie et dans les luttes. Notre critique ne peut se contenter de la simple posture « LFI = social-traître », mais doit se doter d’arguments critiques actualisés sur ce qu’est vraiment LFI pour être crédible, audible, et défendre la perspective auto-organisée et révolutionnaire.
21 heures : Projection de Révolution 2023
Nous projetterons le film Révolution 2023, réalisé par le même collectif que Les gilets jaunes par nous, à partir d’images d’archives des différentes luttes sociales de l’année éponyme. Ce film nous semble intéressant pour ouvrir de multiples débats sur la période : la question du blocage par des personnes « extérieures » à la boîte impactée vs la grève des travailleurs de cette boîte ; la dynamique sociale à l’œuvre lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre ; les perspectives des luttes lycéennes, qui ont réussi à foutre en l’air toute forme d’encadrement ; une analyse du schéma d’intégration des mouvements sociaux à l’électoralisme, de 1936, 1968, 1995 ; le sens de la logique punitive, avec la répression du mouvement écologique à Sainte-Soline ; et enfin (et surtout), pour rappeler un énoncé qui s’est semble-t-il estompé dans la période actuelle : « C’est dans le mouvement que se pose la question de la révolution. »
Lundi 20
10 h 30 : commission journal de Courant alternatif (début) : préparation du numéro d’octobre.
17 heures : Iran : affrontement géopolitique, répression fasciste, instrumentalisation campiste
Si la situation de l’Iran occupe un espace médiatique considérable en raison de ses répercutions énergétiques, la nature sanguinaire du régime islamiste d’une part, et la résistance qui s’y déroule d’autre part, ont subi toutes deux un certain effacement. De plus, la vieille rhétorique campiste de défense d’un supposé « Axe de la résistance » à Israël et aux USA (dont font partie l’Iran, le Hamas, le Hezbollah…) continue d’avoir un certain écho auprès d’une partie de ceux qui luttent, ici et ailleurs.
Pourtant, si on souhaite lutter ici contre la guerre là-bas, il importe d’avoir les idées claires, aussi bien sur les forces impérialistes que sur celles qui prétendent les combattre avec des moyens similaires et au mépris des aspirations émancipatrices des exploités. Il s’agira donc, à partir d’une analyse de la situation en Iran, de réfléchir à des initiatives de solidarité, à des actions contre les guerres, l’armement et la militarisation rampante qui gagne toute la planète.
Des camarades connaisseurs de la situation en Palestine, au Rojava, en Ukraine, ou sur d’autres terrains d’affrontements actuels pourront se joindre à la présentation de ce débat, qui sera animé par Assareh Assa, exilée iranienne en France, autrice de plusieurs articles sur la situation locale.
Mardi 21
15 heures : commission journal de Courant alternatif (fin) + debrief camping + affaires internes OCL..
En août, Les rencontres du Maquis pour l’émancipation
du 8 au 13 août 2026
Les rencontres se tiennent à La Commune du Maquis, Bois-Bas, 34210 Minerve.
Le programme :
Boulogne-sur-mer, le 10/07/2026







