Société de contrôle et police de la pensée  en milieu militant, ça suffit !

Société de contrôle et police de la pensée 

en milieu militant, ça suffit !

Nous nous associons et relayons ce communiqué de l’Organisation Communiste Libertaire. Confrontés nous mêmes aux côtés de camarades lillois aux mêmes pratiques inacceptables, nous les avions dénoncées alors pour ce qu’elles sont en réalité et appelons une fois encore à y mettre un terme. La Mouette Enragée, le 26/07/2026.

Une de nos camarades d’Ariège, a été menacée verbalement avec tentative d’intimidation physique lors du festival Résistances à Foix, parce qu’elle aurait tenu des propos jugés transphobes par la rumeur, dans une assemblée de lutte contre les mines…

Cette situation n’étant pas isolée, nous publions donc le communiqué suivant :

Société de contrôle et police de la pensée en milieu militant, ça suffit !

Nous assistons depuis quelques années, dans les milieux dits radicaux, à une multiplication des procédés de mise au ban de groupes ou de personnes sous prétexte de conduite ou de pensée déviantes. Nous condamnons la pratique qui consiste à diffamer ou à répandre des rumeurs sur une personne pour la disqualifier sur le terrain du débat politique. Des accusations sans fondement et sans rapport avec l’objet de la lutte sont lancées pour esquiver des débats. Cela nous ramène aux temps sombres du stalinisme, quelle que soit l’idéologie à laquelle les accusateurs se réfèrent.

Ces attaques ne servent en rien les luttes, contrairement à ce que peuvent penser certains et certaines qui considèrent qu’un mouvement se renforce en s’épurant. Ce sont des tactiques qu’on rencontre dans les milieux autoritaires et que nous combattons farouchement en tant que libertaires. Ces ostracismes et ces manières de penser l’individu au centre des préoccupations politiques sont absolument compatibles avec l’atomisation que nous sert le capitalisme, et ne sont qu’une déclinaison de la stratégie de diabolisation par l’État des forces antagoniques pour les discréditer (« l’écoterrorisme », « l’antisémitisme de LFI » par exemple). Ces pratiques se nourrissent du recul des luttes et l’aggravent, ce qui renforce la tendance à l’invisibilisation de la lutte des classes.

Rappelons que les luttes sociales sont par définition impures et qu’elles portent des contradictions qu’il faut accepter tout en voulant les rediscuter dans le mouvement. Car celui-ci est une dynamique, et les discussions, les débats et les engueulades font certes avancer individuellement, mais il ne faut pas perdre l’intérêt collectif et la construction du rapport de force.

Brûler des livres, calomnier, intimider physiquement des personnes, saccager des lieux sous prétexte de divergences n’est pas acceptable. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » ne peut déboucher que sur du totalitarisme et faire taire toute pensée critique car, au contraire, la liberté c’est d’abord celle de qui pense différemment.

Organisation Communiste Libertaire
19 juillet 2026

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