Répression des luttes et des mouvements sociaux : deux nouveaux procès à venir en septembre. Contre la répression, organisons la solidarité

Répression des luttes et des mouvements sociaux : deux nouveaux procès à venir en septembre. Contre la répression, organisons la solidarité

 

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En cette période où la légitimité des gouvernants est contestée en Europe, en Méditerranée et au delà, la répression demeure in fine la réplique des Etats aux revendications populaires. L’offensive à laquelle se livrent les capitalistes depuis trois décennies sur l’ensemble des champs sociaux : travail, formation, aménagement du territoire, etc… entraîne ces derniers temps une remontée des luttes partout dans le monde. En France, le personnel politique de gauche comme de droite anticipe et accompagne ce retour -fantasmé ou réel- de la contestation en renforçant continuellement l’arsenal répressif. A chaque poussée sociale pleuvent procès et condamnations bornés par une foisonnante législation d’exception et autres lois dites “Anti-Terroristes”. La construction d’un ennemi de l’intérieur : la figure du jeune, politisé et actif dans les luttes affublé du grotesque épithète “d’anarcho-autonome” achève de dévoiler la stratégie que poursuit le pouvoir dans le combat qu’il mène contre les intérêts des prolétaires : travailleurs en activité ou pas, immigrés, jeunes …

Si ces manoeuvres ne trompent personne, pour autant elles ne doivent pas nous laisser isolés et donc désarmés face à cette machine à broyer lorsqu’elle se présente sous son aspect policier et/ou judiciaire. La question de la répression et la réponse que l’on se doit d’y apporter est donc essentielle pour celles et ceux qui luttent. Elle passe en premier lieu par l’expression d’une solidarité active et concrète : faire circuler l’information, les textes et les outils, les adresses utiles qui permettent de faire face, de trouver des appuis, des conseils, d’organiser le soutien, de l’élargir, de mobiliser et peser le moment venu en posant politiquement les problèmes… Tout cela repose sur la capacité dont nous disposons à nous organiser localement et à mettre en lien les acteurs de cette solidarité.

Une problématique particulièrement d’actualité et qui mériterait d’être débattue sur le littoral dans le contexte des procès en série qui frappent les militant-es solidaires des sans papiers sur le  Calaisis…

 

La Mouette Enragée le 9/08/11.

 

A noter dès maintenant, deux appels à la mobilisation lancés pour le mois de septembre à Lille puis à Boulogne-sur-mer.

 

Alors que la rentrée de 2010 avait commencé de manière sportive avec des nombreux rassemblements de citoyens pour défendre leur retraite ou dire non aux renvois arbitraires des communautés roms, la rentrée 2011 s’annonce beaucoup moins festive avec pas moins de 2 procès en 2 jours, à Lille puis à Boulogne sur mer,

 

Le premier à lieu le 6 septembre 2011 à 14 heures au TGI de Lille. Julien, un militant du mouvement contre la réforme des retraites est envoyé au tribunal par la SNCF qui lui réclame pas moins de 45000 € pour avoir participé au blocage des voies de la gare Lille Flandres le 18 octobre 2010. Cette procédure grossière vise clairement ce camarade très actif dans la région lilloise alors que le blocage était organisé par 70 citoyens refusant l’avenir professionnel que nous propose l’état capitaliste. La SNCF s’était déjà illustrée dans sa collaboration avec les nazis en 39. Elle brille aussi dans sa collaboration avec le ministère de l’immigration en dénonçant à la PAF les sans-papiers présent dans ses wagons ! La SNCF  peut aujourd’hui être fière d’être l’entreprise publique de la répression des mouvements sociaux.

 

Le second procès à lieu le 8 septembre 2011 à 13h30 au TGI de Boulogne-sur-mer et verra comparaître Lauren et Lauren, deux citoyennes britanniques qui elles aussi ont été clairement visées lors de leur arrestation le 2 juillet 2011. En effet, ce jour-là une trentaine de militants No Border avaient bloqué le centre de rétention de Coquelles pendant une partie de la matinée afin de dénoncer l’enfermement des sans-papiers, la militarisation des frontières ainsi que la prolifération de ces prisons pour étrangers. Connues des services de la PAF Coquelles pour avoir été forcées d’en visiter les cellules quelques mois précédant l’action, seules ces deux activistes furent choisie dans le groupe. Au cours de leur garde à vue, elles refusèrent toutes deux de se soumettre au prélèvement des empreintes digitales comme elles l’avaient déjà fait lors de leur première interpellation (ce qui les avait entre autre déjà emmenées devant le TGI de Boulogne le 12 juillet dernier). Le fichage des militants et plus généralement des populations gênantes est systématique, récurant et honteux ! Ce procès sera l’occasion pour nous de dénoncer une nouvelle fois ces méthodes de fichage des populations avec ou sans papier.

 

Nous, militants No Border, vous invitons à venir soutenir Julien, Lauren et Lauren contre la répression d’état qui frappe toutes les branches des classes modestes.

 

Rendez vous :

  • à Lille le 6 Septembre 2011 à 11h devant la direction générale de la SNCF (33 avenue Charles St Venant) pour une manifestation jusqu’au tribunal. Un rassemblement se tiendra ensuite devant le tribunal, de 13h45 jusqu’à la sortie du camarade inculpé.
  • à Boulogne sur mer le 8 Septembre 2011 à 13h place de la  Résistance en face du TGI pour accompagner et soutenir nos deux camarades dans la lutte contre la répression et le fichage des populations.

 

 

Legal team No Border Calais

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La PAF va devoir peaufiner ses faux témoignages

La PAF va devoir peaufiner ses faux témoignages


Le 12 juillet 2011, trois de nos camarades comparaissaient pour des accusations grotesques d’occupation illégale, rébellion en réunion et refus de prise d’empreintes.

Courant Avril, alors qu’ils étaient en pleine activité pacifiste de Cop-Watching, nos trois amis avaient été arrêtés dans le principale squat de sans papiers et demandeurs d’asile du Calaisis. Ce raid policier intervenant quelques jours après la publication sur les sites de rue89 et des inrocks de vidéos présentant ces même agents de la PAF agir de manière peu déontologique. Ceux-ci n’ont pas caché leur volonté de se faire justice eux même : immobilisation violente, coups et noms d’oiseaux volèrent une fois de plus ce jour la!

Le système judiciaire français étant adapté pour protéger et légaliser au maximum les violences d’état, se défendre face à des déclarations mensongères de policiers assermentés n’est pas chose facile.

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Convoqué à 8h30, il fallut cependant attendre jusqu’à 13h pour entendre le président énoncer les faits reprochés et donner la version des nombreux policiers ayant soumis de faux témoignages pour l’occasion. Ni les parties civiles (Fréderique Gourdin et Gael Bertaux), ni les 4 témoins policiers trouvés pour l’occasion n’ont pensé opportun de venir s’expliquer de vive voix devant la cour! Avaient-ils peur de se retrouver face aux prévenus sans pouvoir utiliser les tonfas ou les lacrymogènes, ou bien peur de voir démonter leurs versions des faits en direct par notre avocate? Après avoir écouté les réquisitions du procureur qui pour la globalité des faits demandait 3 mois de sursis pour chacun, maître Marie Hélène Calonne a su relever les nombreuses incohérences des déclarations des policiers, mettre en avant la légitimité de l’action pacifique des activistes, véritables grains de sables dans le système répressif, et lier ce procès à la diffusion des vidéos et à la saisine du défenseur des droits de l’Homme sur les violences policières à Calais.

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Le délibéré tomba à 16h en présence de la trentaine de militants restés toute la journée pour soutenir nos camarades. Les trois sont relaxés pour les faits de violences et d’occupation illégale et sont reconnus coupables mais sans peine pour le refus de prise d’empreintes. Le jugement pour les dernières charges ajoutées à la hâte contre deux des trois prévenus lors de l’action contre le CRA de Coquelle quelques jours auparavant (refus de se soumettre à un contrôle d’identité) est reporté au 8 septembre a 13h30.

Ce résultat est évidemment une victoire pour notre mouvement et achève une série de comparutions ridicules. Pour rappel, le 23 juin une militante a été relaxée pour des faits similaires de violence contre agent de la PAF, ce même jour trois de nos amis demandeurs d’asiles soudanais ont eu aussi été relaxés pour des accusations d’occupations illégales et le 29 juin une autre militante a été condamnée à 500€ d’amende ( +1€ symbolique pour l’honneur du policier) pour outrage.

Prochain rendez-vous au TGI de Boulogne, jeudi 8 septembre à 13h30!

Ni la répression,ni les intimidations ne feront plier notre détermination. Nous continuerons à surveiller et dénoncer les méthodes ultra-répressives de la police envers les exilés et à lutter pour la liberté de circulation et d’installation, la fermeture des centres de rétention et la fin des expulsions.

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Rendez-vous mardi 12 juillet à partir de 8h30 au TGI de Boulogne-sur-mer pour

Rendez-vous mardi 12 juillet à partir de 8h30 au TGI de Boulogne-sur-mer pour

 

Dans tout juste moins d’une semaine aura lieu un procès important lors duquel trois de nos camarades actifs auprès des sans papiers de Calais comparaîtront pour des faits (non-avérés) de violences en réunion, occupations illégales et refus de soumission à la prise d’empreintes.

 

Comme les deux précédents procès du mois de juin, cette convocation a uniquement pour but de nous affaiblir psychologiquement, moralement et financièrement. Après l’intimidation des migrants, les services de l’état semblent avoir pour objectif de se ré-attaquer à celles et ceux qui sur le terrain leur expriment une solidarité concrète.

 

Nos trois camarades étaient présents le 21 avril dernier dans le squat africain (aujourd’hui démantelé) afin de travailler main dans la main avec les sans-papiers contre la répression policière dont ils sont victimes depuis de trop nombreuses d’années. Après avoir subi violemment les multiples assauts de la Police Aux Frontières, ils furent arrêtés et gardés à vue quelques heures. Ce raid policier n’était pas le fruit du hasard puisqu’il s’est déroulé juste après la diffusion par le groupe No Border Calaisien de vidéos et de témoignages montrant les mêmes agents de la PAF de Coquelles en bien gênantes postures… (1) Mardi, le système judiciaire donnera probablement raison aux voix assermentées des deux policiers accusateurs…

 

A noter que ces même services de police se sont acharnés depuis sur deux militantes convoquées au tribunal mardi prochain. En effet, depuis le 21 Avril, elles ont subi de véritables agressions physiques de la part des agents de la PAF de Coquelles et des CRS stationnés dans la ville; trois d’entre elles ayant abouti de la part des militantes à des dépôt de plaintes avec certificats médicaux + jours deux d’ITT.

 

Rappelons le : Calais est le lieu de toutes les expérimentations répressives et sécuritaires française et britannique. Les techniques de contrôle, d’intimidation et de répression sont systématiquement appliquées par l’Etat à l’encontre des populations les plus fragilisées telles que les sans-papiers, les demandeurs d’asiles, les prolétaires en lutte avec ou sans emploi … Aujourd’hui, elles tendent à cibler des fractions plus large de la population avec le développement du fichage électronique généralisé par exemple… Cette répression d’ Etat nous concerne tous que nous ayons des papiers ou pas et c’est ensemble que nous devons commencer à nous organiser afin d’y répondre, de l’affaiblir et de la détruire !

 

 

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(1) vidéos disponibles sur : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/62977/date/2011-04-10/article/harcelement-policier-a-calais-les-videos-qui-font-honte/

 

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Le port de Calais de nouveau le champ des manoeuvres sécuritaires de l’Etat

Le port de Calais de nouveau le champ des manoeuvres sécuritaires de l’Etat

 

Depuis de nombreuses années, la traque des sans papiers à laquelle se livrent conjointement les Etats français et britannique configure la région calaisienne en champ de manoeuvre privilégié d’exercices sécuritaires.

     Véritable “zone laboratoire” où l’Etat éprouve chaque innovation en matière de détection, de surveillance et in fine de répression, c’est dorénavant sur les bassins du port que devrait se déployer un dispositif qui, pour l’heure, semble plutôt relever de l’effet de manche.

     Qui croira que la mise à l’eau d’un canot pneumatique piloté par quelques C.R.S freinera la détermination des sans-papiers qui, rappelons le, continuent d’échapper aux mailles du filet aussi serrées soient-elles.

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    Par contre, il n’est plus à démontrer que la figure de l’immigré compte pour l’Etat d’abord au nombre des bouc émissaires qu’il façonne à dessein, attisant ainsi les peurs d’une fraction de la population déboussolée par les effets dramatiques d’un capitalisme à l’appétit insatiable.

     Rappelons nous simplement le délirant déploiement militaire qu’occasionna en 2009 à Calais la tenue du camp « No Border ». L’annonce par la presse locale d’un déferlement sur la ville de hordes de casseurs allogènes avait offert à l’Etat l’occasion d’exalter consensus et adhésion à l’endroit de ses valeurs d’ordre et de sécurité. C’est d’ailleurs lors de cet événement que se déploya pour la première fois dans le port un dispositif tel que celui que nous annonce aujourd’hui le préfet du Pas-de-Calais

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     Les futurs “Jeux Olympiques” nous dit-on, et bientôt le projet d’extension du Port, voilà qui justifierait en plus de la chasse quotidienne à l’étranger une présence des forces de répression toujours plus visible, toujours au plus prêt de la population.

      Pour nous, il apparaît nettement qu’à mesure que s’intensifiera l’offensive du capital contre les conditions d’existence des travailleurs et des chômeurs – la situation que rencontrent actuellement la Grèce, l’Islande, le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande ne constituent pour l’heure que les prémices de bouleversements à venir bien plus profonds- le quadrillage du territoire et le contrôle des populations s’aggravera implacablement.

       Si habituellement l’Etat expérimente et systématise ses méthodes répressives à l’encontre des groupes sociaux les plus fragiles : immigré-es, lumpen-prolétaires, etc… les temps à venir pourraient mettre face à lui des franges bien plus larges de la population, qui à mesure que la crise les précipitera dans la difficulté n’auront une fois leur tour venu plus grand chose à perdre.

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Procès de militant-es No Border au TGI de Boulogne-sur-mer le 19 juin !

Procès de militant-es No Border au TGI de Boulogne-sur-mer le 19 juin !

 

Pour rappel, Jennifer, militante NoBorder à Calais comparaissait pour violence contre une agent de la PAF en mission pour évacuer le squat Thélu!
Elle était convoquée à 8h30 et l’audience a commencé à 12h45 environ! Il y avait 6-7 militants NoBorder en soutient, deux personnes de la LDH Boulogne, 4-5 policiers avec leur lachrymo au cas où et un RG boulonnais.
Pour commencer, la juge a évidemment demandé à la militante si elle reconnaissait avoir donné un coup à la policière. Jennifer répond que non en tout cas aucun coup volontaire!
Les questions de la juge pour Jennifer ont ensuite surtout porté sur les raisons de sa présence dans le squat, pourquoi les 3 autres militants sont sortis du squat rapidement et elle y est restée? Est-ce qu’elle pense que son activité dans le squat peut faire évoluer la situation?
Mat-Mat Naget, la fliquette qui accuse Jennifer, répond à son tour aux questions de la présidente et confirme sa position disant que le coup a été donné volontairement et que ce n’était pas en se débattant et ajoute que les deux militants qui n’ont pas voulu sortir, étaient très difficilement maitrisables. Elle dit aussi que lors du menottage, elle a essayé sans succès de donner d’autres coups.
Vient ensuite, sur une intervention de la procureure, un court débat sur la façon dont la policière a tenu Jennifer, par la gauche ou par la droite, le bras gauche ou le bras droit! Les versions de la policière semblent être différentes à l’écrit et à l’oral.
Un second débat est lancé sur l’interprétation du certificat médical de la policière, indiquant des stigmates mais ne disant pas clairement d’où ça venait!
Le troisième débat est au sujet de la déclaration de la policière, ses versions un peu différentes (ce qu’elle a dit dans sa déposition, ce qu’elle a dit au médecin et ce qu’elle dit au tribunal). La première version est qu’elle a reçu un coup de genou, la deuxième un coup de pied et la troisième deux coups de genou.

 

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La procureur interroge ensuite Jennifer et lui demande si elle serait prête à aller plus loin pour défendre ses idées. Jennifer répond que oui. Elle signale aussi qu’elle agit en fonction de ses positions et idées personnelles et non en fonction des idées globales des autres militants ou des No-Border en général. Elle lui redemande pourquoi elle a refusé de sortir du squat alors qu’il n’y avait plus personne, et elle répond que son ami (un autre militant) était bousculé par les policiers et qu’elle ne voulait pas le laisser seul.

Monsieur Deguisne, l’avocat de la policière (qui a souvent été l’avocat de migrants ou de militants, JC Lenoir par exemple) explique que sa cliente n’a rien contre les idées des NoBorder ni contre eux, mais qu’elle fait son travail et exécute les ordres qu’elle reçoit, c’est a dire de contrôler les migrants et de faire sortir les militants du squat. Il dit qu’elle a fait son travail consciencieusement et de façon irréprochable et n’a jamais utilisé plus de force qu’il n’était nécessaire et que malgré ça Jennifer lui aurait donné volontairement un coup de genou. Il termine sa plaidoirie en disant qu’on ne peut pas accepter des violences contre un agent qui travail et qu’ils demandent 200€ de dommage.

Vient ensuite le speech de la procureure! Elle commence en disant qu’elle serait la première à dénoncer des violences policières si celles-ci étaient avérées et réelles. Elle confirme que les agents sont formés à utiliser la force de façon strictement nécessaire et adaptée à chaque contexte. Elle ajoute aussi que Jennifer provoque en refusant de sortir du squat et qu’en plus de ça elle refuse de signer le procès verbal et a refusé de donner ses empreintes, ce qui aurait pu aussi être retenu contre elle.

Elle parle aussi du gabarit de la policière qui n’est pas grande et pas costaud et laisse supposer en décrivant Jennifer comme une grande sportive, que la violence venait de Jennifer plus que de la policière. Elle requiert elle aussi 200€ d’amendes.

Enfin Madame Calonne, l’avocate des NoBorders, donne sa version. Elle rappelle une nouvelle fois le doute sur l’interprétation du certificat médical. Ensuite elle rappelle le contexte général de la situation en commençant par rectifier la parole de la procureure, elle signale que la majorité de migrants présents ne sont pas des « clandestins » (comme l’a souvent répété la proc.) mais sont des demandeurs d’asile. Elle ajoute que d’ailleurs l’Etat ne respecte pas son devoir car ne les loge pas comme il devrait le faire. Elle en vient ensuite au contexte lié aux vidéos et a l’article publié sur le net via les sites de rue89 et des inrockuptibles, montrant des policiers de la PAF dansant sur de la musique africaine dans le squat et n’arrêtant personne (elle parle de vidéos édifiantes). Elle conclut cette première partie en disant que vu ce contexte, l’activité des militants no-border dans le squat s’apparente d’avantage à un rôle citoyen qu’un rôle provocateur.
Madame Calonne fait aussi un lien avec les autres procès a venir, celui du 29 juin pour outrage et celui du 12 juillet pour violence et occupation illégale.

Elle pose aussi la question de l’intérêt de réaliser l’interpellation de la militante par trois policiers, alors que vu le petit gabarit de Jennifer, un seul aurait suffit! Elle rappelle enfin le doute sur la réalité des propos de la policière vu ses différentes versions quant au coup reçu (1 ou 2 coup de genoux ou un coup de pied)
La juge décide de délibérer la semaine prochaine, c’est a dire le 23 juin, le même jour que le délibéré du procès des trois demandeurs d’asiles soudanais comparaissant pour occupation illégale. Dans le cas de nos trois amis soudanais, la procureure a demandé 2 mois de surcis et 2 ans d’interdiction de territoire français. La procureure semble une fois de plus ne pas savoir ce qu’est un demandeur d’asile (d’ailleurs lors du procès elle utilisa « clandestin »), car de part son statut un demandeur d’asile ne peut pas être interdit de territoire.

 

Jeudi 23 juin :

Comme prévu le délibéré tombe dans la mâtiné : une relaxe pour Jennifer! La juge, pourtant réputée pour avoir l’incarcération facile, n’a donc pas cru les mensonges très mal dissimulés de la jeune policière !

Le résultat du procès des trois demandeurs d’asile soudanais arrive quelques heures plus tard : même résultats, relaxe pour les trois !

Ces deux procès spectacles et grotesques auront justes permis de criminaliser un peu plus les migrants et les militants. La faible mobilisation de soutien pour ces procès montre aussi le manque d’intérêt des associatifs humanitaires, qui une fois de plus préfèrent donner la pitance paternaliste aux pauvres plutôt que se déplacer au tribunal pour soutenir les inculpés et montrer leur désaccord face a ces arrestations et ces procédures judiciaires abjectes !

 

Deux autres procès sont prévus dans les semaines à venir, le 29 juin pour un outrage et le 12 juillet pour trois militants accusés de violence en réunion, occupation illégale et refus de se prêter au jeu des empreintes digitales !

A noter aussi que trois plaintes ont été déposées par des militants NoBorders contre des agents de la PAF et de la CRS, pour violence.

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Pour les 140 ans de la Commune, à Boulogne-sur-mer, la rue Thiers est rebaptisée rue Louise Michel.

Pour les 140 ans de la Commune, à Boulogne-sur-mer, la rue Thiers est rebaptisée rue Louise Michel.

 

Samedi 28 mai, 140 ans après la fin de la Commune de Paris, la Mouette Enragée a décidé de rappeler à tous cet événement tandis que, le même jour, les nostalgiques de Napoléon défilaient derrière leur funeste empereur.

 

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La veille au soir, quelques membres de la Mouette Enragée et du NPA ont symboliquement expulsé Adolphe Thiers d’une rue du centre de la ville. Plusieurs affiches évoquant l’épisode révolutionnaire furent apposées très librement à différents endroits. Le lendemain, d’autres organisations de gauche se sont réunies afin de rebaptiser la rue Adolphe Thiers (celui-là même qui fit fusiller les Communards au nom de la République bourgeoise), en rue Louise Michel.

 

 

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Parallèlement, un tract a été diffusé par la Mouette enragée pour rappeler à la population ce que fut la Commune et son utopie. Le but n’est pas d’en entretenir le souvenir mais bien plutôt de redonner un sens social aux luttes passées, présentes et futures, hors des appareils traditionnels qui leur font obstacle.

 

 

tractPour agrandir, cliquez sur le tract

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La Mouette Enragée n°29 est sortie

La Mouette, c’est surtout un journal … en kiosque

 

Ca y est ! La Mouette Enragée n°29 est sortie.

Le journal est disponible dans les principaux kiosques de Boulogne-sur-mer et de ses environs

 

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Où trouver la Mouette Enragée ? Cliquez sur la liste des kiosques

 

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Grève de la faim en plein buffet princier

Grève de la faim en plein buffet princier

 

Depuis maintenant plus de trois semaines, deux petites tentes ont été plantées respectivement au pied de l’énorme building du Home Office* (la United Kindom Border Agency) à Croydon (au sud de Londres) et face à l’immeuble du bureau international d’Amnesty International. Ces tentes sont occupées par six grévistes de la faim, demandeurs d’asile, d’origine iranienne et menacés d’expulsion. Afin de montrer leur détermination, trois d’entre eux se sont cousus les lèvres ! Cette action plus que symbolique n’est pas un cas isolé ! En effet, en Janvier dernier, la technique de la grève de la faim et de la couture des lèvres a été utilisée par plus de 300 sans-papiers en Grèce (http://www.indymedia.org.uk/en/2011/02/474751) dans le but d’obtenir une régularisation. Ils auront tenu 6 semaines avant que les autorités ne se décident à faire un geste.

 

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A Londres, la situation est encore plus critique. D’une part, ils ne sont que six grévistes, ce qui les rend beaucoup moins visibles que leurs compatriotes installés en Grèce. D’autre part, face au brouhaha surmédiatisé du mariage d’un prince de la monarchie britannique, cette lutte est passée complètement inaperçue dans les médias britanniques et européens ! Six demandeurs d’asiles iraniens peuvent bien être envoyés à l’échafaud (méthode très couramment utilisée pour punir les militants anti-gouvernementaux en Iran), ce n’est pas grave tant que William et Kate se disent « oui » !

 

Depuis le 12 juin 2009 et la reconduction de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’état, les partisans de son principal opposant, Mir Hossein Moussavi, sont traqués, torturés et pendus sur la place publique lors de grandes manifestations. De plus en plus de militants politiques iraniens sont contraints à l’exode vers l’Europe de FRONTEX.

 

Des soutiens militants s’organisent pour communiquer autour de cette énième lutte en courspour la régularisation des sans-papiers. Quelques indépendants ont diffusés des photos et articles sur des pages perso internet (« http://www.demotix.com/news/667984/iranian-asylum-seekers-hunger-strike-outside-immigration-centre), une pétition a été lancée (http://www.gopetition.com/petitions/save-6-uk-hunger-strikers-from-deportation.html) et le week-end dernier une manifestation festive de soutien a été organisée au cœur de Londres regroupant des exilés, des militants et de simples citoyens. Les réponses du gouvernement britannique se font toujours attendre … à suivre …

 

* Le home office est l’équivalent anglais du ministère de l’intérieur français

 

Un mouetteux enragé sur place

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Eamus Cork Solutions, les flics “ne sont pas immortels”

Eamus Cork Solutions, les flics “ne sont pas immortels”

 

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, l’ère du tout sécuritaire franchit un palier supplémentaire. La sécurité n’est alors plus une simple histoire d’aviation. Les états veulent rapidement élargir ces moyens à tous les transports et renforcer la sécurité des liaisons maritimes. Le code international pour la sureté des navires et des installations portuaires (ISPS en anglais) est signé un peu plus d’un an après (le 12 décembre 2002) mais n’entrera en vigueur qu’en Juillet 2004.La sécurité portuaire prend alors un nouvel essor et les côtes voient fleurir de nouvelles entreprises spécialisées dans ce domaine.

Eamus Cork, l’opportuniste

 

ECS est une entreprise dite « de sécurité portuaire » appartenant au groupe Eamus Cork. Ce groupe, créé en 2004 par Patrick Guerbette (ancien RG parisien puis responsable chargé de la sureté du site français d’Eurotunnel) est installé dans le nord de la France et compte cinq autres entreprises :

– Eamus Cork Sécurity (qui est spécialisée dans les métiers de la sécurité)

– Cogan consulting (qui, elle, est spécialisée dans la formation à la prévention des risques professionnels, domestiques et naturels).

– Fiona Consulting (qui fait de la gestion et coaching d’entreprise)

– Manannan Communications (entreprise de communication et d’édition qui publiera entre autre : « Les dieux ne sont pas immortels ou la légende d’Eamus Cork» écrit par … Patrick Guerbette)

Les secteurs d’activités couverts par ces entreprises nous ont amenés à tenter de comprendre les intentions de Patrick Guerbette en nous penchant sur les activités sécuritaires de sa principale entreprise ECS. C’est en fin homme d’affaire que l’ancien policier crée son entreprise de sécurité portuaire 6 mois avant l’entrée en vigueur de ce code (en janvier 2004). Grand sportif, il surfe comme beaucoup d’autres sur cette vague du tout sécuritaire. Et ça marche (4M€ pour 115 salariés en 2009), Monsieur Guerbette gagne sa croûte en faisant virer les « clandestins » des camions. Sa toute nouvelle entreprise décroche d’ailleurs de palpitants contrats.

Le premier vient de la société Norfolkline dès la première année. Cette entreprise de transport de passagers et véhicules entre Dunkerque et Douvres, satisfaite des activités de son partenaire, lui renouvelle sa confiance depuis maintenant 6 ans.

ECS s’installe ensuite un peu plus sur le port de Dunkerque en signant un contrat de surveillance de site avec NFTI, une société française de manutention portuaire.

 

 

Déploiement sur le littoral

 

Mais cela ne suffit pas à Patrick Guerbette. Toujours plus humaniste ce dernier décide d’assister les autres ports de la Côte d’Opale dans leur « lutte » contre les indésirables sans-papiers. Avec les coups très médiatiques du ministre de l’intérieur de l’époque (N. Sarkozy) telle la fermeture du hangar de Sangatte en 2002, la situation migratoire à Calais est depuis quelques temps de plus en plus catastrophique et la répression en est d’autant médiatisée. Guerbette décide alors de surfer une nouvelle fois sur la vague, cependant cette fois-ci sa stratégie change. Afin de s’imposer dans les relations sécuritaires franco-britanniques, le patron décide d’entrer en contact avec les services de l’immigration anglaise. Il décroche un superbe contrat avec l’United Kingdom Border Agency (le service administratif en charge du contrôle de l’immigration vers les Royaume Uni).

 

Guerbette atteint des sommets lorsqu’il signe en 2009 un contrat avec la chambre de commerce de Boulogne sur mer. Eamus Cork Solution s’installe alors sur les trois ports commerciaux de la région. L’entreprise se charge de la sécurité du port : le contrôle des accès, la vidéosurveillance, les rondes cynotechniques, les contrôles de sûreté sur véhicules et les fameux contrôle de détections de personnes (donc en gros la recherche des dangereux migrants). Malheureusement la CCI de Boulogne sur mer qui avait investi gros dans un terminal ferries (et sa sécurité) et attendait un second navire de la compagnie LD Lines se retrouve bien marrie lorsque cette compagnie de transport maritime décide fin août 2010 de supprimer sa liaison *. Le terminal (qui malgré la situation actuelle doit accueillir une seconde passerelle de déchargement dans les mois à venir) devient alors un géant parking à goéland. ECS est donc contrainte de licencier neuf employés de sécurité et ne renouvelle pas les contrats de sept autres. Il reste donc à ce jour une dizaine d’agents de sécurité d’ECS afin de surveiller les passages des nombreux goélands, cormorans et mouettes (enragées évidemment) transitant par ce site !

 

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Répression et exploitation

Guerbette, assisté d’un conseil composé d’anciens officiers supérieurs des polices française et britannique, déclare disposer « d’un contingent de personnes testées qui lui permet de faire face aux arrêts maladie ou aux congés annuels ». Il n’hésite pas à parler de ses agents de sécurité comme des « héros anonymes ».

En septembre 2010 Eamus Cork reçoit le prix du meilleur service de gestion et formation lors de la 5ème édition des trophées de la sécurité, dans le cadre d’un projet lié au stress au travail…

Ingrats, plusieurs employés avaient pourtant attaqué Guerbette au tribunal des prud’hommes pour non paiement des heures supplémentaires de travail, et d’autres se sont permis de témoigner, dans un reportage de l’émission de France Inter « là-bas si j’y suis », sur leurs mauvaises conditions de travail: vestiaire sans point d’eau, avec des rats, fenêtres cassées depuis des mois, impossibilité d’apporter des secours de base aux migrants débusqués dans les camions alors que Guerbette clame haut et fort l’humanisme de ses services et exige de ses agents une formation de secouriste.

Ces témoignages donneront lieu au sein de l’entreprise à des incitations à la délation pour découvrir qui avait osé parler. Trois employés virés suite à leurs témoignages font actuellement appel aux Prud’homme pour licenciement abusif.

 

Les Etats renforcent les mesures sécuritaires concernant les sans papiers mais la tendance est à la sous-traitance à des sociétés privées, ainsi les responsabilités se fondent dans les méandres des contrats de délégations de services.

 

En octobre de cette année, Jimmy Mubenga, Angolais de 46 ans, escorté par trois agents de sécurité de la société G4S à laquelle le ministère de l’Intérieur britannique sous-traite l’essentiel du sale boulot des rapatriements forcés de clandestins, décèdera sous les yeux des autres passagers de ce vol commercial, étouffé par ses tortionnaires au fond d’un Boeing 777 sur l’aéroport de Londres.

La société G4S se targue d’être la première compagnie de sécurité privée au monde, présente dans plus de 110 pays – dont l’Irak et l’Afghanistan, mais aussi l’Angola . Sur son site internet, elle vante ses qualités d’intégrité : « On peut nous faire confiance pour toujours faire les choses comme il faut. »

Quelques députés britanniques réclament une enquête indépendante sur les conditions de ce décès mais la volonté de nos gouvernements de développer la sous-traitance au privé pour pourchasser les migrants, n’est pas remise en cause.

 

Pour en terminer avec Eamus Cork, son patron toujours en quête d’honorabilité, a lancé le 26 octobre, un grand concours national d’illustration des personnages de son roman. Il a annoncé aussi un projet de BD et de film sur la si belle histoire que reflèterait sa philosophie d’entreprise.

 

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* LD-Lines s’est repliée sur saint Nazaire, profitant par la même occasion de subventions publiques dans le cadre du lancement des “Autoroutes de la mer”.

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A Calais, enfin une alternative au Nord Littoral

A Calais, enfin une alternative au Nord Littoral

 

Chaque jour, les habitants de Calais se voient imposer de fausses informations sensationnalistes dans les rubriques « migrants » ou « faits divers » des journaux locaux. Plutôt que de faire un réel travail d’analyse et d’information, le Nord Littoral et La Voix du Nord se contentent en général de relayer les versions policières et les discours xénophobes municipaux et nationaux.

 

C’est pourquoi, dans l’optique d’apporter une nouvelle source d’information à la population calaisienne, les militants de No Border ont décidé en Novembre dernier de créer un journal mensuel de 4 pages, intitulé « Sans Frontières ». En février 2011, alors que Natacha Bouchart souhaitait voir disparaître les No Border de Calais, le troisième numéro de Sans Frontières était bouclé et diffusé gratuitement en ville et sur le net

 

 

 

(http://sansfrontieres-calais.blogspot.com/).

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