Le port de Calais de nouveau le champ des manoeuvres sécuritaires de l’Etat

Le port de Calais de nouveau le champ des manoeuvres sécuritaires de l’Etat

 

Depuis de nombreuses années, la traque des sans papiers à laquelle se livrent conjointement les Etats français et britannique configure la région calaisienne en champ de manoeuvre privilégié d’exercices sécuritaires.

     Véritable “zone laboratoire” où l’Etat éprouve chaque innovation en matière de détection, de surveillance et in fine de répression, c’est dorénavant sur les bassins du port que devrait se déployer un dispositif qui, pour l’heure, semble plutôt relever de l’effet de manche.

     Qui croira que la mise à l’eau d’un canot pneumatique piloté par quelques C.R.S freinera la détermination des sans-papiers qui, rappelons le, continuent d’échapper aux mailles du filet aussi serrées soient-elles.

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    Par contre, il n’est plus à démontrer que la figure de l’immigré compte pour l’Etat d’abord au nombre des bouc émissaires qu’il façonne à dessein, attisant ainsi les peurs d’une fraction de la population déboussolée par les effets dramatiques d’un capitalisme à l’appétit insatiable.

     Rappelons nous simplement le délirant déploiement militaire qu’occasionna en 2009 à Calais la tenue du camp « No Border ». L’annonce par la presse locale d’un déferlement sur la ville de hordes de casseurs allogènes avait offert à l’Etat l’occasion d’exalter consensus et adhésion à l’endroit de ses valeurs d’ordre et de sécurité. C’est d’ailleurs lors de cet événement que se déploya pour la première fois dans le port un dispositif tel que celui que nous annonce aujourd’hui le préfet du Pas-de-Calais

No Border. police port-4.

     Les futurs “Jeux Olympiques” nous dit-on, et bientôt le projet d’extension du Port, voilà qui justifierait en plus de la chasse quotidienne à l’étranger une présence des forces de répression toujours plus visible, toujours au plus prêt de la population.

      Pour nous, il apparaît nettement qu’à mesure que s’intensifiera l’offensive du capital contre les conditions d’existence des travailleurs et des chômeurs – la situation que rencontrent actuellement la Grèce, l’Islande, le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande ne constituent pour l’heure que les prémices de bouleversements à venir bien plus profonds- le quadrillage du territoire et le contrôle des populations s’aggravera implacablement.

       Si habituellement l’Etat expérimente et systématise ses méthodes répressives à l’encontre des groupes sociaux les plus fragiles : immigré-es, lumpen-prolétaires, etc… les temps à venir pourraient mettre face à lui des franges bien plus larges de la population, qui à mesure que la crise les précipitera dans la difficulté n’auront une fois leur tour venu plus grand chose à perdre.

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