Acte XII : déambulation nocturne dans les rues de Boulogne-sur-mer

Acte XII : déambulation nocturne

dans les rues de Boulogne-sur-mer

Ce fut une première que cette manifestation de nuit dans les rues de Boulogne-sur-mer la veille de l’acte XII. Il est aux alentours de vingt-et-une heures, lorsqu’un cortège fourni quitte la place Dalton et file en direction du commissariat. Rapidement, un cordon de policiers s’interpose et en bloque l’accès. Une discussion s’engage, la manifestation poursuivra son chemin à la condition de respecter le rythme que lui imposeront les forces de l’ordre tout le temps qu’elle ne se sera pas éloignée du bloc. Durant cette courte séquence, des réactions contradictoires témoigneront de l’ambiguïté qui perdure malgré tout sur la question, preuve en est que les positions évoluent mais qu’elles sont loin d’être tranchées. En seulement quelques mètres de manifestation, les applaudissements adressés à l’uniforme céderont la place aux slogans : « la police en grève » puis « Grève générale, grève générale » pour terminer quelques rues plus loin par un tonitruant « Tout le monde déteste la police ! » … Etonnant. 

le rapport à la Police a évolué 

Un déchaînement de violences policières entache ce mouvement depuis ses débuts, comme il en est de même dorénavant lorsque des lycéens, des habitants des quartiers ou des travailleurs en grève battent le pavé. Le degré de répression atteint depuis trois mois sur l’ensemble du territoire ne laisse planer aucun doute sur la détermination de la bourgeoisie et de son Etat à mater une contestation sociale qui dans ses premiers temps l’a quelque peu malmenée.  

Et c’est sans doute un des traits de cette mobilisation que d’avoir permis de lever le voile à grande échelle sur la fonction qu’occupe véritablement la police dans cette société. Avec l’expérience, une partie des Gilets Jaunes y regarde maintenant à deux fois et n’adhère plus aussi aisément qu’auparavant au mythe d’une « police républicaine au service de la population ». On n’imagine plus en ce début février, les policiers se promener tête nue comme des badauds au milieu des participants à un barrage filtrant, comme ce fut le cas le 17 novembre au « rond points aux oies ». C’est un élément à ne pas à négliger dans une période ou l’idéologie sécuritaire transpire de partout. 

Visite au domicile du maire 

Après de multiples détours, la déambulation nocturne nous amena jusqu’au domicile du maire de la ville. Probablement absent, celui-ci ne daigna pas répondre aux sollicitations des manifestants. Les Gilets Jaunes accordent beaucoup d’importance au personnel politique. Trop sans doute. Leur défiance à l’égard des politiciens est légitime car parfaitement fondée mais en se focalisant sur un Macron, par exemple, on met un peu vite de côté les causes réelles des inégalités sociales qui ne sont pas plus à rechercher du côté des « banques », que de « L’Europe » comme le brament certains bateleurs de profession (1)… 

Après un retour dans le centre-ville, le cortège tenta infructueusement de repasser devant le local de la Police. Une charge et quelques lacrymos plus tard, les manifestants quittèrent par petites grappes les rues de la ville déserte. 

                      Boulogne-sur-mer le 02/02/2019

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(1) Pour autant, nous ne pleurons pas quand une devanture de banque subit la foudre de manifestants déterminés. Toutefois, prétendre que l’exploitation capitaliste et les inégalités sociales qui en découlent reposeraient sur la seule rapacité des banquiers et la perfidie de l’Union Européenne, relève du conte pour enfant. 

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