Actualisation IV – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation IV – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Dissensions à la tête des appareils syndicaux, la base maintient l’unité, les actions se poursuivent, la répression également.

 

La fédération de l’industrie des CCOO semble prendre de la distance avec le SOMA-FIAG-UGT. Dans son communiqué de presse, le SOMA demandait à ce que les actions dans les bassins miniers se normalisent, elles doivent dorénavant se mener pacifiquement avec un calendrier qui sera fourni plus tard. Il faut donc comprendre que si l’UGT est encore présente sur les barrages, c’est uniquement parce qu’à la base les mineurs continuent d’y participer, sinon cela ferait longtemps que l’UGT aurait demandait à ses sections des mines de plier bagage…

Les CCOO annoncent pour leur part que tant qu’il n’y aura pas de solution, les barrages routiers se poursuivront sous la même forme que jusqu’à présent. Et c’est ce qu’il se passe : barrages sur les autoroutes à l’aide de pneus enflammés. Des manifestations avec une forte répression se poursuivent dans les villes et village miniers, entre autres à San Roman de Bembibre. Hier, mercredi 18 juillet à Oviedo, capitale des Asturies, des mineurs ont bloqué le centre ville, ils portaient les bannières des CCOO uniquement. De part les témoignages de mineurs participant aux assemblées générales quotidiennes, on sait qu’ils veulent continuer la grève quel que soit l’avis des syndicats. Depuis la “Marche Noire”, des voix se font entendre sur le rôle joué par les deux syndicats : ils ont été indispensables car sans l’organisation de la marche n’aurait pas été possible, ils ont su assurer la logistique, les logements, la bouffe… cependant, des mineurs quoique syndiqués ne comprennent pas le fait qu’il y ait eu deux T shirts  : un noir et un vert en fonction du syndicat. Ils auraient préféré un seul et unique T-shirt. Pour eux c’est le symbole de la désunion qui apparaît.

Du côté des CCOO on demande encore l’ouverture de négociations, or, pour l’instant, le gouvernement ne donne pas signe de vie après avoir semblé assouplir sa position. Ce mercredi 18 juillet, des femmes de mineurs ont de nouveau manifesté dans le Congrès avec une explosion de colère lorsque, entre autre, un député du Parti Populaire au pouvoir a parlé des “avantages des mineurs” !

 

Quelle lecture faire de la situation après 53 jours de grève ?

Le SOAM semble vouloir, si ce n’est mettre un terme au mouvement, du moins dans un premier temps le museler en contrôlant les modalités de l’action. Il se confronte pour le moment à la détermination des mineurs qui poursuivent sans tenir compte de ses déclarations, la mobilisation dans mêmes formes depuis le début. Les CCOO, pour leur part, jouent la carte du soutien aux mineurs mais avec quelles intentions ? Est-ce pour une question de majorité dans le groupe public HUNOSA dominé par l’UGT comme dans les grosses boites privées dominées par l’USO (comme celle qui a fait quiproquo, reprise du travail, pas reprise…l’ USO voulait reprendre, pas les mineurs et donc pas … les CCOO.

A suivre

Traduction La Mouette Enragée. Le 19/07/12

 

Nous reproduisons ce texte du secrétaire général de la section syndicale des CCOO à la Hunosa car il dénonce assez bien tout l’opportunisme que déploie actuellement le Parti Socialiste Espagnol autour du mouvement des mineurs. Hier au pouvoir, le PSOE travaillait à liquider le secteur des mines quand aujourd’hui dans l’opposition il ne recule devant aucune hypocrisie pour continuer à exister après la raclée électorale qu’il a essuyé.

 

L’éthique minière à Madrid

Lettre au PSOE et au PP écrite par Jaime Martínez Caliero secrétaire général de la section syndicale CCOO à la HUNOSA

Il y a deux ans, des milliers d’habitants des bassins miniers avaient déjà manifesté à Madrid pour la défense du secteur du charbon. C’était le 9 décembre 2010 et la fédération de l’industrie des CCOO avait convoqué au niveau national une grève en solidarité, contre la décision 787 qui mettait fin aux mines de charbon en 2018. A cette date, le président du gouvernement était José Luiz Rodriguez Zapatero et le ministre de l’industrie monsieur Sébastian.

Le commissaire à compétence européenne était Joaquim Almunia, commissaire nommé par le PSOE et à cette époque il détenait la charge de commissaire à l’économie et aux finances. Il était chargé de participer à la signature de l’accord sur la fermeture des mines espagnoles en décembre 2018, et c’est cela qu’ils nous ont vendu comme un succès, grâce à eux, la fermeture des mines ne se produirait pas en 2014.

Pendant la manifestation de ce jour de décembre 2010, nous n’avons vu personne parmi ces messieurs qui maintenant se remplissent la bouche pour défendre un secteur que les mêmes poussèrent à la fermeture. Comme changent les choses et les opinons de certains en si peu de temps  !  On peut dire que cela est du à la fragilité de la mémoire de ces personnes et que par là-même, ils ne se souviennent pas que le PSOE a signé la sentence de mort pour les mines de charbon et qu’actuellement le PP ne fait qu’exécuter cette signature dans une forme brutale.

Je dis ceci et si je me limite à la marche nocturne du 10 juillet 2012 et à la manifestation de Madrid le jour suivant, je dois souligner qu’il est nécessaire de fortement remercier le soutien de toute la population de Madrid, en mettant l’accent sur le corps des pompiers de Madrid. Merci à tous pour votre soutien.

Tous sont les bienvenus pour manifester à Madrid ou ailleurs. Il est indispensable que les personnes sortent dans la rue, les chômeurs, les fonctionnaires et bien sûr tous ceux qui subissent les coupes de ce gouvernement qui ne se rend pas à la raison mais seulement à ses propres intérêts et à ceux du secteur bancaire.

Ici je ne peux dire cependant que tout se vaut, au moins pour moi. Nous avons vu le soutien de différentes personnes , destituées de leur poste, qui est de trop…

1) M. José Manuel Alonso, actuel député national et ancien ministre de l’intérieur et porte parole du gouvernement socialiste, a tenté (je ne sais s’il a réussi) d’entrer dans la cité universitaire accompagné de son escorte et de fièrement se montrer, je suppose pour montrer son soutien au secteur de la mine. Où était ce monsieur le 9 décembre 2010  ? Le problème est le même mais avant il ne l’intéressait pas et maintenant oui  ?

2) 
Monsieur D. Antonio Trevín, à ces dates délégué du gouvernement socialiste dans les Asturies et actuellement député national du PSOE ne faisait pas entendre sa voix en faveur du charbon comme il le fait actuellement. Pourquoi ne nous accompagnait-il pas le 9 décembre  2010 ? Serait-ce car à l’époque cela ne l’intéressait pas et que maintenant oui  ?

3) 
Je pourrai continuer à citer des noms, mais pour résumer, j’en appelle à tant et tant de maires de villes minières. Pourquoi maintenant oui et avant non  ?

4) 
Je regrette, à la manifestation, monsieur Joaquin Almunia mais je ne peux écarter sa présence, car il apparaît que pour certains «  tout se vaut  »  est leur devise.

5) Pour ma modeste opinion, il est préférable d’être seul qu’accompagné d’hypocrites…

6) Il me plairait que l’actuel ministre de l’industrie José Manuel Soria, cesse de tenter de manipuler l’opinion publique de ce pays, mentant sur le problème des mines de charbon et qu’il se consacre à chercher des solutions et bien sûr, à respecter le Plan Général pour la Mine 2006-2012 car selon ses propres mots le gouvernement actuel dit soutenir le secteur mais ses actions prouvent tout le contraire.

7) 
Aussi, il serait désirable que les parlementaires Asturiens du Parti Populaire cessent une bonne fois pour toute d’être les marionnettes du gouvernement central et défendent leur programme électoral.

8) 
Pour finir, il me revient en mémoire les paroles d’une chanson appelée Insurrection  :

Où étiez-vous tous lorsque nous avions tant besoin de vous  ?”

 Mercredi 18 juillet 2012

 

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           Affrontements dans la nuit de cette semaine  entre Mineurs et antidisturbios de la Guardia Civil dans la localité de Bembibre 

voir video

 

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La solidarité financière avec les mineurs en lutte

A notre connaissance les organisation mentionnées ci-dessous collectent des fonds actuellement :

Directement en Espagne : compte commun (CCOO-UGT) Cuenta solidaria para la defensa de la minería y de las comarcas mineras Caja de ESPANA :

Iban ES37 2096-0000-85-3472463104 BIC CSPAES2L

Le SMSC  : Spanish Miner’s Solidarity Committee à contacter sur le lien suivant : http://smscuk.blogspot.co.uk/

L’Union Locale CGT du bruaysis, maison des associations, 403, rue Roger Salengro 62700 Bruay-La-Bruissière. Chèques libellés à l’ordre de « Front Solidaire ». Inscrire au dos du chèque « Solidarité aux mineurs espagnols ».

 

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