Actualisation III- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Actualisation III- Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

 

Ce week-end des infos parvenaient de tous les sites, qu’un des lieux de la grève allait reprendre le travail. Les 450 travailleurs de Hullera Vasco Leonesa cesseraient la grève et repartiraient au fond travailler. L’entreprise avait annoncé que si la grève continuait elle allait fermer ses portes. Les ouvriers par peur du chômage auraient décidé dans une assemblée de reprendre le travail. UGT et CCOO se désolidarisaient de cette déclaration en annonçant qu’ils appelaient à poursuivre le mouvement. Mais dans ce puis, le syndicat majoritaire est l’USO qui affirmait comprendre la décision des ouvriers. Aujourd’hui nouvelle annonce, le chef du comité d’entreprise USO annonce qu’il n’y a pas eu de décision allant dans ce sens lors de leur AG et que pour l’instant la grève continue. Le représentant  des CCOO dans cette boîte appelle lui  à continuer a grève.

A noter qu’après quelques recherches, on apprend que la SA Hullera Vasco Leonesa a fait des bénéfices en 2011 et a versé un dividende de 0.07 euros par action à ses actionnaires. Par ailleurs au regard des résultats de la boite, le 21 juin dernier (donc en pleine grève) le conseil d’administration de cette boite a versé un dividende complémentaire de 0,13 euros par action (après impôts). Cette boite privée là n’appartient pas à Vitorino Alonso mais est membre de l’union patronale Carbunion de “Don Vito”.

A propos des mineurs enfermés dans les puits

Ceux des puits Candin (puits de la société d’état HUNOSA) et Santiago à Aller dans les Asturies  dépendant également de la HUNOSA avaient été annoncés sortant du puits samedi pour des raisons de santé mentale. Le SOMA-FITAG-UGT souhaitait leur remontée en annonçant que cette forme de lutte était passée. Des rassemblements ont eu lieu pour assister à leur retour. Le syndicat avait tout prévu, heure de leur retour, presse, etc. Cependant, ils ne sont jamais remontés, les mineurs restent au fond et poursuivent la lutte. Le syndicat annonce donc qu’il les soutient mais veille à leur état de santé.

Ce lundi 16 juillet en fin d’après-midi, après l’insistance du syndicat SOMA-FITAG-UGT, les trois enfermés du Pozo Santiago et les quatre du Pozo Candin sont sortis du fonds après 50 jours. A priori, 10 autres mineurs iraient s’enfermer dans d’autres puits : 4 iraient dans le Pozo Candin et 6 dans le Pozo Nicolasa (3 travaillant dans ce puits et 3 autres travaillant habituellement dans le Pozo Monsacro).

A Gijon, cette nuit des barrages de pneus enflammés ont barré certaines routes. Cette fois les mineurs les déposent et partent. Ils sont vite éteints mais cela se produit à peu près chaque nuit.

 

 

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Réflexions autour des mobilisations des mineurs

 

     Nous publions un texte produit par la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires qui évoque à bon endroit les gesticulations opportunistes et les manoeuvre politiciennes qui entourent actuellement le mouvement des mineurs. De la gauche parlementaire aux bureaucrates syndicaux, tous sont à la barre pour tenir le mouvement dans les limites qui le conduiront à la défaite. Ils risquent malgré tout d’avoir du fil à retordre si les événements relatés à la suite du texte des FIJL et qui confirment le contenu de leur texte, se répètent dans les temps à venir.

Jeudi 12 juillet   http://www.nodo50.org/juventudesanarquistas/?e=78#body-anchor

En tout premier lieu, éclairons ceci : nous ne sommes pas en train de donner de leçons à personne et encore moins aux travailleurs des mines, qui savent nous montrer comment mener une lutte réellement combative. Il s’agit simplement d’une série de réflexions qui nous sont apparues depuis le début du conflit, commencé dans les bassins miniers, jusque l’arrivée de la Marche Noire hier à Madrid. Indépendamment de nos critiques, partons d’une prémisse : la lutte des mineurs est juste et nécessaire.

Une défaite dans cette lutte supposera la misère pour des centaines de milliers de familles.

Voici ces réflexions :

– Nous aimons et cela nous paraît digne de respect la détermination et la vigueur que les mineurs montrent. Des mineurs enfermés dans les puits, de ceux qui ont parcouru la moitié de la péninsule à

pieds, jusque ceux qui jouent leur santé sur les barricades – souvenons-nous que les forces de l’ordre utilisent des gaz toxiques contre des mineurs qui ont un début de silicose.

–  Nous n’aimons pas voir comment CCOO et UGT manœuvrent selon leur envie les travailleurs miniers pour parvenir à leur fin.  Nous n’aimons pas voir Mendez et Toxo [secrétaires généraux des deux centrales syndicales citées plus haut] poser pour la photo avec ces travailleurs. (Se souviennent-ils ces deux-là et toute leur armée d’affranchis ce que c’est de travailler ?)

–  Nous aimons voir que, malgré l’influence des CCOO et de l’UGT en tant que centrales syndicales bureaucratiques, les travailleurs miniers nous montrent que cette lutte se gagne dans les rues. Ce n’est pas une négociation dans les bureaux, c’est un conflit sur les chemins, dans les puits et dans les villes minières. Dans ces temps de « meapilismo » [désolé la Mouette cale sur ce mot !!!] et d’autant de fanatisme pseudo-pacifique, c’est une grande joie de voir les travailleurs répondre avec leurs armes disponibles à une agression directe contre leurs vies venue de l’État et du capital.

– Nous aimerions que les mineurs et les individus et collectifs solidaires puissent élaborer un discours qui aille au-delà de leurs légitimes et nécessaires revendications. C’est-à-dire une vision qui place le conflit dans une critique radicale de l’État et du capital, comme fondement du traitement « user et jeter » exercé contre les travailleurs. Et évidemment une vision du futur  consistant à lutter solidairement avec d’autres conflits du travail et sociaux, et de plus, à élaborer un projet révolutionnaire de transformation social qui en finira avec l’actuel régime étatico-capitaliste (projet pour lequel les mineurs luttaient historiquement) dans lequel le charbon et son évident dommage écologique ne sera pas un bien nécessaire.

Avec respect pour les mobilisations de soutien à Madrid :

– Nous aimons voir des dizaines de milliers de personnes voulant montrer leur soutien et solidarité avec la digne lutte des mineurs. Nous aimons aussi le degré élevé de combativité qui en a émané, en comparaison

des autres mobilisations que nous avons vu dans la capitale. Mais nous aurions aimé que ce soutien de la population envers un conflit du travail, soit plus que le soutien à un conflit médiatique comme celui-là, et qu’ils soutiennent aussi avec les mêmes ampleur et force les autres conflits sociaux.

– Nous n’aimons pas voir le PSOE dans aucune mobilisation. De plus, il nous est répugnant de voir qu’ils ne font rien contre les coupes, ils envoient les madriers nous rouer de coup et servent comme des marionnettes le pouvoir économique, ils ne sont dans aucune lutte avec nous.  Ils nous donnent l’horreur d’un nouvel exemple d’intérêt et de manipulation dans leur pathétique lutte électorale en prétendant instrumentaliser la lutte des mineurs. De même nous aurions beaucoup à dire de la presse bourgeoise autonommée de gauche (El Pais , Publico  …) et des intérêts économiques de ces groupes d’entreprises.

– Et aussi, nous détestons tous ceux qui prétendent diriger nos vies, c’est-à-dire, tous ceux qui prétendent gouverner, il ne nous plaît pas non plus de voir les partis politiques, en plus du PSOE, essayer de tirer avantage électoral de cette lutte honnête des travailleurs. Il en va de même de grands partis comme IU [Izquierda Unita, Gauche Unie bref le Front de Gauche espagnol] ou de petits comme les autres sectes marxistes : tous veulent la même chose, prendre des votes en étant sur la photo avec le thème phare du moment, pour être ceux qui nous gouverne et se convertir en nouvelle classe dirigeante. Nous tendrions à dire la même chose des syndicats bureaucratiques (avec délégués syndicaux, comité de presse et subventions), des minoritaires autonommés «alternatifs » ; ils profitent des mineurs pour tenter, à travers la photo, de rafler des votes pour les prochaines élections syndicales. Ils sont tous des récupérateurs.

Et enfin pour finir, cela nous dégoûte de voir certains personnages du monde « progressiste » montrer leur « soutien » aux mineurs. Comme il est de mode… Et déjà, que dire de l’appui et du petit discours postérieur ainsi que de la photo avec les mineurs en marche des recteurs de l’Université Complutense [l’univ qui les a hébergés à leur arrivée à Madrid] et de Polytechnique.  Ces mêmes recteurs qui appliquent les coupes contre les travailleurs et les étudiants, ont le toupet de se « solidariser avec les mineurs ». Se distingue ce bâtard de Carrillo (recteur « progressiste » de la Complutense) et ses licenciements de travailleurs boursiers ; au milieu d’autres coupes et abus contre les travailleurs de la UCM (Universidad Complutense de Madrid).

Ce ne sont que quelques petites réflexions. En plus de soutenir les mineurs, nous appliquons en pratique la solidarité et le soutien mutuel. Nous faisons de cela un outils quotidien dans notre vie et toutes nos luttes. Que se répande l’exemple des mineurs. La lutte est le seul chemin.

 

Vive la lutte des mineurs ! Pour le dépassement des coupoles des syndicats bureaucratiques !

Pour la révolution sociale et l’anarchie !

Groupe Drapeau noir Fédération ibérique des jeunesses libertaires.

 

Des signes de mobilisation à la base ?

 

Dimanche 15 juillet ont eu lieu à Madrid deux manifestations de fonctionnaires. La première dans l’après-midi, la seconde le soir. Ces deux manifestations se sont déroulées sans affrontements. Les endroits visés étaient les sièges du PP et du PSOE ainsi que les ministères et le Congres qui était le seul établissement à être protégé par les antidisturbos. Ces manifestations ont eu lieu spontanément par appel sur portable et réseaux dit “sociaux”. Les fonctionnaires vont être soumis aux jours de carence, à la suppression de la prime de Noël (équivalente à un mois de salaire) et à la fin des « moscosos » (jours de liberté que peuvent prendre les fonctionnaires espagnols sans justificatif). Lors de la manifestation de l’ après midi, les flics auraient enlevé leurs casques et boucliers ce qui a été pris par les manifestants comme un signe de solidarité.

CCOO et UGT ont été dépassés par ces initiatives. Leurs bureaucrates respectifs ont ainsi affirmé que “ces manifs spontanées c’est bien, mais qu’il faut voir à pas oublier celle du 19  juillet” à laquelle ils appellent. Par ailleurs, ils feignent de hausser le ton et annoncent qu’il y aura une “réponse masssive” en …septembre et même en octobre. Ils ne savent pas encore sous quelle forme, peut-être des marches et même une consultation populaire ! Mais de leur côté, pas un mot sur la marche des précaires et chômeurs qui arrive à Madrid le 21 juillet.

 

            Informations traduites par  La Mouette Enragée.

 

 

 

 

 

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