A la redoute, on brûle les cartes syndicales de la CFDT

A la redoute, on brûle les cartes syndicales de la CFDT

 

Depuis le lundi 24 mars et la signature de l’accord de plan social par la CFDT à la Redoute, le boulot a repris sur le site de la Martinoire. Le lendemain en assemblée générale, la résignation était de mise et chacun avait encore du mal à digérer la trahison (habituelle) de la CFDT. La CGT a décidé de mettre fin au mouvement, Sud a suivi. Les Redoutables de plus en plus isolé-es n’étaient plus assez nombreux pour espérer reprendre quelque chose. Mais c’est la tête haute, qu’ils ont « regagné leur poste », convaincus d’avoir mener la lutte jusqu’au bout.

 


Dans la semaine, la base de la CFDT a pris acte de l’attitude de leur direction. Les délégués syndicaux, en majorité en désaccord avec leur fédération ont décidé de quitter le syndicat. Lundi 31 mars, une quarantaine de personnes se sont réunies devant les portails d’entrée sécurisés. Après la lecture d’un communiqué de presse, 17 délégué-es CFDT ont enflammé leur carte d’adhérent. Les journalistes, pourtant conviés, ont refusé d’assister à cet autodafé. Mais les délégué-es n’abandonnent pas leur mandat dans les différentes instances de l’entreprise et reprennent une autre bannière syndicale : celle de FO …

La lutte des classes est faite de défaites et de victoires…. de plus en plus lointaines. Dans tous les cas, le mouvement des Redoutables a permis à des salarié-es de s’exprimer et de s’organiser contre leur exploitation journalière au profit d’un Pinault multimilliardaire. Pendant des mois, le rapport de classe a été posé de manière claire et il est lourd d’enseignement. La base ouvrière s’est battue contre sa disparition, l’encadrement a continué de soutenir la direction qui n’avait plus qu’à mettre en scène la division et faire jouer ses réseaux politiques et syndicaux pour mettre la pression et obtenir la signature.

La gueule de bois est encore là mais dans les têtes, des choses se sont jouées. Entre Redoutables un réseau s’est créée. Mais face au chômage et à l’aggravation des conditions de travail, il faudra se rebattre et être plus rapide pour déborder les directions. Lutter pour gagner, c’est s’organiser à la base.

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